SNCM : baisses de charges pour les entreprises corses


Les entreprises corses affectées par la grève de la SNCM vont bénéficier d'étalements et de suppressions de charges patronales, ont annoncé jeudi 10 juillet Matignon et les représentants économiques corses reçus par Manuel Valls.


© Franck André
© Franck André
Les entreprises pénalisées par le mouvement de grève à la SNCM de deux semaines et demie qui a perturbé les liaisons maritimes entre la Corse et le continent bénéficieront d'un "étalement" du paiement de leurs charges patronales du deuxième trimestre et d'un "effacement" de ces charges au troisième trimestre, a expliqué Antoine Mondoloni, président de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Corse à sa sortie de Matignon. Seules seront concernées "les entreprises impactées par la crise, donc il faudra les recenser, entreprise par entreprise, dans le tourisme, le BTP, chez les agriculteurs, les artisans", a-t-il indiqué, en faisant part de sa satisfaction. Matignon a ensuite confirmé ces mesures de compensation, ajoutant que "la Caisse des dépôts et la BPI seront mobilisées pour proposer des prêts à taux zéro aux entreprises rencontrant des difficultés". "Toutes ces mesures témoignent de la solidarité de la nation envers la Corse et ses habitants", a indiqué le cabinet du Premier ministre.

"La Corse a perdu plus de 120 millions d'euros sur dix-sept jours"


"La réunion partait très mal, nous étions avec des "pinailleurs", nous étions très pessimistes. Mais Manuel Valls est arrivé et a su dépassionner le débat. Il a su trancher", a salué Antoine Mondoloni. "On a déjà eu ce qu'on voulait sur ce point-là, c'est énorme, d'autres demandes viendront évidemment sur l'impact psychologique qu'a eu ce mouvement sur le tourisme, mais ça viendra plus tard", a-t-il dit. Antoine Mondoloni, qui était reçu avec neuf autres représentants de divers secteurs corses (tourisme, transport, commerce, BTP...), n'a pas été en mesure de chiffrer le montant des allègements de charges obtenus, qui dépendra du nombre d'entreprises y ayant droit. Un haut fonctionnaire va être nommé pour cette mission, a confirmé Matignon.
Pour le préjudice de la grève de la SNCM, "aujourd'hui, on sait que la Corse a perdu entre 7 et 8 millions d'euros, sur dix-sept jours", soit plus de 120 millions d'euros. Quant à la fin du conflit et la reprise du travail annoncée jeudi 10 juillet, "il était temps que ça arrive", a dit Antoine Mondoloni, répétant que l'État avait eu "tort" de ne pas être intervenu, en particulier pour libérer le "Kallisté", navire de La Méridionale bloqué par les marins grévistes de la SNCM.
Plusieurs centaines de dirigeants d'entreprises, commerçants et artisans et d'élus avaient de nouveau protesté mercredi 9 juillet à Bastia contre les conséquences de la grève sur leur activité, avec des détériorations en fin de manifestation. Au lendemain d'un compromis scellé dans la douleur, les salariés de la SNCM ont voté jeudi 10 juillet la reprise du travail. Les syndicats ont exigé d'être reçus par Manuel Valls pour obtenir des "clarifications", mais "aucune demande officielle" n'a été formulée selon Matignon.

"Quelques semaines pour la survie de la compagnie"

Le secrétaire d'État aux Transports, Frédéric Cuvillier, a estimé jeudi 10 juillet que la SNCM n'avait que "quelques semaines" pour assurer sa "survie" et régler l'ensemble de ses nombreux problèmes, se félicitant de la fin de la grève votée par les marins. "Il était nécessaire que la grève puisse se terminer, compte tenu des conséquences économiques qu'elle pouvait avoir, et qu'elle a, sur l'armement lui-même, sur la compagnie et sa pérennité, sur l'économie marseillaise, et bien sûr l'économie corse", a déclaré Frédéric Cuvillier alors que le trafic devait être rétabli à 80 % dès jeudi soir après le vote du matin. "Il faut maintenant mettre à profit les quelques mois qui se présentent devant nous pour trouver une solution à la pérennité, à la sécurisation de l'emploi, et surtout à la solidité de la délégation de service public, de la continuité territoriale entre Marseille et la Corse", a poursuivi le représentant du gouvernement, saluant "l'action de médiation conduite par le négociateur Gilles Bélier". Le patron de Veolia Environnement, Antoine Frérot, a confirmé jeudi 10 juillet être prêt à céder pour un euro la participation au capital de la SNCM détenue par Transdev, la coentreprise formée avec la Caisse des dépôts (CDC).

AFP

Vendredi 11 Juillet 2014



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