SNCM : la grève reconduite malgré l'annonce d'une aide de l'État


Pas convaincus par les promesses de Jean-Marc Ayrault de débloquer 30 millions d'euros d'aide, les syndicats de la SNCM ont reconduit leur mouvement grève lancé le 1er janvier. Ils dénoncent un abandon du plan de sauvetage de la compagnie.


© Franck André
© Franck André
La grève, suivie mercredi 1er janvier à 65 % par le personnel navigant, a été reconduite pour le lendemain, où elle devrait s'étendre au personnel sédentaire, en congés la veille. Six des huit navires qui devaient desservir la Corse et le Maghreb – les deux autres sont en hivernage – devaient ainsi de nouveau être immobilisés.

"Enfumage, cadeau électoral"


Le début de la grève est intervenu après l'annonce le 31 décembre par le Premier ministre, dans un courrier au député PS Patrick Mennucci, candidat à la mairie, de 30 millions d'euros d'apport supplémentaire de l'État. En contrepartie, il exige toutefois "la mise en place dans des délais désormais rapides des mesures de redressement", soulignant que "cette solution devra être mise en lien avec l'actionnaire majoritaire", Veolia-Transdev. La CGT Marins, syndicat majoritaire, a immédiatement fustigé un "enfumage électoral". Son représentant Frédéric Alpozzo a déploré qu'on demande aux salariés de fournir tous les efforts, "sans que l'État et les actionnaires respectent leurs engagements industriels".

Remise en cause du projet ?

Selon le délégué CFE-CGC Maurice Perrin, les déclarations de Jean-Marc Ayrault "cachent en réalité l'abandon du plan tel qu'il a été voté par l'ensemble des actionnaires". Ce programme devait permettre d'économiser 70 millions d'euros par an et d'atteindre la rentabilité en deux ans, via la suppression de 500 postes et le renouvellement des navires. C'est "un revirement important", "une remise en cause du projet industriel bâti par le management, partagé avec les salariés et soumis dernièrement au vote des marins", confirme une source proche du dossier.
Le maire de de Marseille Jean-Claude Gaudin – qui a récemment demandé à ce que la la municipalité siège au conseil de surveillance comme administrateur indépendant – a réagi à l'annonce de Jean-Marc Ayrault en dénonçant un "cadeau électoral fait au candidat socialiste", constituant "un ballon d'oxygène pour régler les salaires de décembre et de janvier" mais qui "ne règlera en aucune manière les problèmes structurels de la SNCM". Il s'indigne aussi que le seul député socialiste, son adversaire à la prochaine municipale, ait été averti de cette aide.
Avec l'immobilisation des navires, "plus de 4.000 clients (seront) touchés sur les deux premiers jours, pour un coût de près de 1 million d'euros", selon la direction. Des perturbations touchent aussi la Méridionale, qui détient avec la SNCM la délégation de service public pour les liaisons entre la Corse et Marseille de 2014 à 2023.

La SNCM va porter plainte contre Corsica Ferries
La SNCM a annoncé qu'elle allait porter plainte contre Corsica Ferries pour concurrence illégale, comme le réclamaient les syndicats de l'entreprise. "Nous ne travaillons pas avec les mêmes règles", a expliqué Pierre Jaumain, porte-parole de la compagnie. Cette annonce fait suite à une assemblée générale dans la matinée à Marseille au cours de laquelle les syndicats ont demandé à la direction de reprendre à son compte cette plainte déjà déposée par la CGT-marins auprès de la Commission européenne. Le syndicat majoritaire avait indiqué le 20 décembre avoir saisi la Commission européenne "pour aide d'État illégale aboutissant à des pratiques anticoncurrentielles", en référence à une "aide sociale directe" aux passagers d'environ 180 millions d'euros dont aurait bénéficié depuis 2002 la compagnie privée Corsica Ferries. Cette "aide sociale", qui visait à l'origine à soutenir les personnes dépendantes, en difficulté et les jeunes, a été dévoyée de cet objectif au bénéfice d'un versement forfaitaire au transporteur, accusent les plaignants.

Franck André, Anne Beade et Renaud Lavergne

Jeudi 2 Janvier 2014



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