SNCM : les parlementaires demandent rendez-vous à Manuel Valls


À l'issue d'une nouvelle réunion sur l'avenir de la SNCM à Marseille à la demande de l'intersyndicale et de la CGT du port, les parlementaires de gauche et UMP ont exprimé leur "préoccupation" et demandé un rendez-vous à Manuel Valls.


© Franck André
© Franck André
Une nouvelle réunion consacrée à l'avenir de la SNCM s'est tenue lundi 15 décembre à Marseille. "Nos informations laissent à penser qu'après fin février, la trésorerie de l'entreprise ne sera pas en capacité d'en assurer le financement" durant les six mois de la période d'observation décidée par le tribunal de commerce lors du placement de la SNCM en redressement judiciaire, écrivent, dans une lettre au Premier ministre, Manuel Valls, cinq parlementaires ayant participé à la réunion. "Nous n'accepterons pas silencieusement la catastrophe qui s'annonce", écrivent ces parlementaires, Patrick Mennucci (PS), Samia Ghali (PS), Dominique Tian (UMP), Henri Jibrayel (PS) et Gaby Charroux (PCF), qui ont pris part à la réunion. Faisant part de leur "préoccupation devant la passivité des actionnaires", ils demandent que ces derniers, notamment la Caisse des dépôts et consignation, "assument pleinement leur responsabilité de financement de la période d'observation". Les élus demandent un rendez-vous au Premier ministre avec les responsables de la Caisse des dépôt et un autre avec les présidents de Veolia et Transdev, les deux autres actionnaires de la SNCM (66 %) avec l'État (25 %) et les salariés (9 %).

"Nous n'accepterons pas silencieusement la catastrophe qui s'annonce"


Outre les parlementaires, les syndicats participaient à cette réunion en préfecture, de même que la direction de l'entreprise, les représentants du monde économique, des collectivités locales. "L'attitude des actionnaires Veolia et Transdev précipite la SNCM vers le pire", a réagi la CFE-CGC, satisfaite que "les élus et le monde économique appellent le Premier ministre à ramener les actionnaires sortants à la raison".
Les participants "ont fait part de leurs vives inquiétudes sur les risques qui pourraient résulter d’une interruption des financements durant la période d’observation", a indiqué pour sa part la préfecture des Bouches-du-Rhône, évoquant la "demande collective d’audience" faite par les parlementaires "auprès du Premier ministre sur ce dossier".
"L'État doit jouer son rôle d'actionnaire principal pour garantir la poursuite de l'activité. Ce n'est que dans ce cadre-là qu'on pourra trouver un véritable repreneur industriel, et non pas en expliquant que l'entreprise va fermer ses portes dans deux mois. Pour l'instant, seuls des vautours sont intéressés par les navires ou des morceaux de la SNCM", avait affirmé le responsable CGT des marins SNCM, Frédéric Alpozzo, avant cette rencontre. "Si le comportement des patrons-voyous l'emporte alors que la justice est de notre côté, les salariés feront ce qu'ils auront à faire : ils occuperont légitimement leur outil de travail et le défendront jusqu'au bout, pour qu'une autre solution soit trouvée", a-t-il également mis en garde.
La SNCM, qui compte environ 2.000 salariés, dont 1.500 en CDI, s'est trouvée en cessation de paiement et en redressement judiciaire le 28 novembre, après que l'actionnaire Transdev a volontairement provoqué le dépôt de bilan en exigeant le remboursement immédiat de créances que la SNCM n'est pas en mesure d'honorer. Transdev et l'État considèrent le redressement judiciaire comme la seule solution pour "empêcher la disparition pure et simple" de la SNCM car cela permettrait, selon eux, de trouver un repreneur et d'annuler les condamnations européennes obligeant à rembourser des aides publiques jugées illégales pour plus de 400 millions d'euros.
"La seule voie pour sauver le maximum d'activités et d'emplois, c'est celle que nous avons prise. Ce n'est pas une voie garantie, mais c'est ce que nous disons depuis le début", a répété lundi 15 décembre à Montpellier Jean-Marc Janaillac. Le PDG de Transdev a ajouté que les administrateurs judiciaires allaient lancer "dans les prochains jours" l'appel d'offres à repreneurs. La réunion à Marseille intervenait avant le conseil de surveillance de la compagnie mardi 16 décembre à Paris, où seront évoqués la situation financière et "l'avancement des dossiers de procédures engagées", notamment contre Bruxelles, selon Jean-Marc Janaillac.

AFP

Mardi 16 Décembre 2014



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