STX : dix ans mouvementés pour le dernier grand chantier naval français


Dernier grand constructeur de navires en France, les chantiers de Saint-Nazaire, STX France, ont connu dix ans mouvementés malgré un carnet de commandes de plus en plus étoffé et un savoir-faire mondialement reconnu pour les grands paquebots de luxe.


STX France a livré en mai 2016 le plus grand navire de croisière jamais construit, l'"Harmony of the Seas" © RCI
STX France a livré en mai 2016 le plus grand navire de croisière jamais construit, l'"Harmony of the Seas" © RCI
Les ex-Chantiers de l'Atlantique, dont la reprise éventuelle par l'italien Fincantieri fait l'objet d'âpres négociations avec l'État français, ont livré en mai 2016 le plus grand navire de croisière jamais construit, l'"Harmony of the Seas", après avoir fabriqué des paquebots mythiques comme le "France" (1960) et "Queen Mary 2" (2003). Ils affichent un carnet de commande "plein" jusqu'en 2026. STX France emploie 2.600 salariés directs et 5.000 chez les sous-traitants.
Créés en 1861 et regroupés en 1955 sous le nom de Chantiers de l'Atlantique, les chantiers navals de Saint-Nazaire sont cédés en janvier 2006 par le groupe de construction et d'énergie français Alstom dont ils étaient la filiale depuis 1984. Les Chantiers, en situation de déficit chronique, sont cédés à 75 % au norvégien Aker Yards au prix d'un sacrifice financier pour Alstom. L'opération permet de donner naissance au numéro deux mondial des paquebots avec 40 % de part de marché, derrière l'italien Fincantieri.
Le constructeur naval sud-coréen STX Shipbuilding, déjà actionnaire de référence de Aker Yards, lance une offre sur la totalité du groupe norvégien avec comme ambition de former le numéro un du secteur. Il passe un pacte avec le gouvernement français de François Fillon pour garantir à l'État français une minorité de blocage dans les chantiers de Saint-Nazaire. Le sud-coréen prend en août 2008 le contrôle d'Aker Yards qui devient STX Europe. Les Chantiers de l'Atlantique deviennent, eux, STX France.

Le ciel s'éclaircit fin 2012

Faute de commandes, STX France multiplie les mesures de chômage partiel et de départs volontaires en 2009. Inquiets, les salariés manifestent et se mettent en grève en février 2010. La commande d'un paquebot de croisière par l'armateur italien MSC arrive alors comme une première bouffée d'oxygène. STX France commence à engranger les commandes à partir de fin 2011. L'horizon se dégage vraiment en décembre 2012 avec une commande historique d'une valeur d'un milliard d'euros pour la construction d'un paquebot géant pour l'américain Royal Caribbean International (RCI). D'autres commandes pour des navires "de très haut niveau de luxe" suivent les années suivantes.

"Cédés par Alstom en 2006 et rachetés par le coréen STX en 2008"


Lourdement endetté, le groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding est mis en vente en octobre 2016 par la justice du pays. Les chantiers navals de Saint-Nazaire sont la seule unité rentable du groupe et sont offerts séparément à un potentiel acquéreur. Seul candidat à avoir déposé une offre, le constructeur naval italien Fincantieri est retenu comme "repreneur exclusif" en janvier 2017 par la justice sud-coréenne pour les 66,66 % de STX France détenus par le groupe coréen en redressement judiciaire. Le gouvernement de François Hollande obtient de Fincantieri qu'il ne reprenne que 48 % du capital et reste minoritaire pendant sept ans, épaulé par la Fondazione CR Trieste (7 %), l'État français conservant environ un tiers du capital et un droit de veto.
Le 19 mai, l'italien signe un accord pour la reprise de la participation. Mais le 31 mai, le nouveau président français, Emmanuel Macron, annonce son intention de "revoir" l'accord avec Fincantieri pour "garantir" l'emploi aux ex-Chantiers de l'Atlantique. L'État français qui détient toujours 33,34 % de STX France a exercé "son droit de préemption" sur STX afin d'en "maintenir le contrôle à 50/50" avec Fincantieri, a annoncé le 27 juillet le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Les Italiens insistent, eux, pour avoir au moins 51 % du capital et le contrôle du conseil d'administration du constructeur naval français.

Olivier Thibault

Lundi 7 Août 2017



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