STX veut vendre le chantier naval de Saint-Nazaire avant fin 2016


Le groupe sud-coréen menacé de liquidation STX Offshore & Shipbuilding a confirmé jeudi 8 septembre un secret de polichinelle en annonçant son intention de se débarrasser du chantier naval français de Saint-Nazaire, une vente qu'il compte voir bouclée avant la fin de l'année.


Les offres de reprise du chantier naval de Saint-Nazaire sont attendues en octobre et STX compte prendre sa décision en novembre © STX
Les offres de reprise du chantier naval de Saint-Nazaire sont attendues en octobre et STX compte prendre sa décision en novembre © STX
Après avoir dominé le marché mondial pendant plus de dix ans, les chantiers navals sud-coréens affrontent une crise sans précédent qui menace la survie même d'une des industries emblématiques de la quatrième économie d'Asie. En cause, le ralentissement de l'économie mondiale et la chute des cours du brut, qui ont réduit la demande en porte-conteneurs et autres pétroliers, mais aussi la concurrence de constructeurs chinois meilleur marché, qui ont plombé les Sud-Coréens.
Les difficultés de STX Offshore & Shipbuilding, naguère quatrième constructeur sud-coréen, tiennent aussi fondamentalement à des problèmes de gestion. Lourdement endetté, le groupe a le couteau sous la gorge : il doit présenter vendredi 9 septembre un plan de restructuration à un tribunal de Séoul, qui devra décider de le placer en redressement judiciaire ou de le liquider.

Un carnet de commande plein pour dix ans

Ce plan prévoit la cession de STX France, dont il possède les deux tiers depuis 2008, le tiers restant étant aux mains de l’État français. Le chantier naval de Saint-Nazaire a beau être dans une forme resplendissante, avec un carnet de commande plein pour dix ans, sa vente doit contribuer à remettre à flot la filiale du conglomérat STX, qui va de la construction navale au bâtiment.
"Notre objectif est d'avoir bouclé la vente de STX France à la fin de l'année", a annoncé Kong Doo-Pyoung, porte-parole de STX Offshore & Shipbuilding. "Il est regrettable que nous ayons décidé de nous séparer de STX France mais c'était nécessaire car nous avons un besoin urgent de liquidités", a-t-il ajouté.

"Le chantier naval affiche une forme insolente"


Le bureau sud-coréen du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) a été engagé le mois dernier pour organiser la vente. Les offres de reprise sont attendues en octobre et STX Offshore & Shipbuilding compte prendre sa décision en novembre. Le porte-parole a précisé que plusieurs investisseurs, y compris asiatiques, avaient manifesté leur intérêt, sans confirmer les noms cités par la presse, comme celui de l'italien Fincantieri ou du groupe Genting Hong Kong, qui a récemment racheté quatre chantiers allemands.
De son côté, le tribunal de Séoul doit décider au quatrième trimestre du sort de STX Offshore & Shipbuilding. Le groupe, qui croule sous une dette de 300 milliards de wons (243 millions d'euros) prévoit de supprimer des centaines d'emplois et de vendre certains de ses actifs. Il est sous le contrôle de ses créanciers depuis 2013, dont la banque publique Korea Development Bank, qui ont lâché plus de 4.000 milliards de wons pour l'aider à rembourser ses dettes venant à échéance. Mais cela n'a pas suffi à remettre à flot l'entreprise, qui a encore publié l'année dernière une perte nette de 300 milliards de wons. Les constructeurs sud-coréens avaient évincé leurs concurrents européens et japonais dans les années 1980 et 1990 pour détenir au sommet de leur gloire près de 70 % du marché.
Le chantier naval STX de Saint-Nazaire affiche pour sa part une forme insolente. STX France, qui emploie 2.600 employés, a quatorze paquebots de croisière à construire pour ses deux principaux clients, l'italo-suisse MSC Croisières et l'américain Royal Caribbean. Il a mis à flot vendredi 2 septembre le paquebot géant "MSC Meraviglia" : 315 mètres de long pour 43 de large.

"Que ça aille vite", réclament les syndicats

Les syndicats du chantier n'ont pas tardé à réagir, CFDT et CFE-CGC demandant dès jeudi que la cession "aille vite". "Ça clarifie ce qui se tramait depuis plusieurs mois. Ça nous donne une échéance, c'est quelque chose qui ne doit plus traîner. Plus ça traîne, plus ça crée de l'instabilité", a réagi Christophe Morel, délégué CFDT de STX France. "Ça va permettre à ceux qui étaient intéressés de sortir du bois", a-t-il ajouté, alors que les noms d'éventuels candidats circulent depuis plusieurs semaines dans la presse, sans confirmation officielle. "Pas surpris", François Janvier, délégué CFE-CGC, a également plaidé pour que "ça aille vite". "Mais il faut que ça se fasse bien", le chantier naval n'étant "pas dans une situation critique", a-t-il déclaré. "STX est un actionnaire dormant. On peut espérer que ce sera mieux, on va peut-être attirer un peu plus de gens sérieux", a lancé François Janvier, disant souhaiter que le futur actionnaire majoritaire soit "un véritable industriel de la construction navale". "La question, ce n'est pas tellement l'échéance, mais qui va reprendre", a insisté Jean-Marc Perez, secrétaire Force ouvrière (FO), qui a sollicité une audience auprès du Premier ministre pour porter sa revendication d'une "nationalisation" du chantier ou, à défaut, que l’État "en devienne l'actionnaire majoritaire" pour assurer la "stabilité et la pérennité du site".

Jung Ha-Won

Jeudi 8 Septembre 2016



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