Saisie d'un navire de Mitsui OSK Lines par la Chine


Le Japon a prévenu lundi 21 avril que les fondements de sa relation "normalisée" avec la Chine depuis 1972 étaient menacés par la saisie, ce week-end, d'un navire de commerce nippon par les autorités chinoises à cause d'un différend d'avant-guerre.


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Le tribunal maritime de Shanghai a déclaré samedi 19 avril avoir fait saisir le navire "Baosteel Emotion" de la société japonaise de transport maritime Mitsui OSK Lines dans un port de la province du Zhejiang. D'après les médias chinois, le tribunal a mis en exécution un jugement d'une cour de Shanghai, qui avait condamné en 2007 la firme à payer 2,9 milliards de yens (21 millions d'euros) de dommages et intérêts, dans le cadre d'un litige autour de la location de deux navires avant la Seconde guerre mondiale.
Le prédécesseur de Mitsui OSK, Daido Shipping, avait en 1936 pris en location ces navires de la société chinoise Zhongwei Shipping. Mais ils avaient ensuite été réquisitionnés à Daido par la marine japonaise dans le cadre de l'effort de guerre, avant d'être coulés en 1944. L'entreprise chinoise n'avait reçu aucune compensation.
"Mitsui OSK cherchait un accord avec le plaignant quand il a soudainement reçu l'annonce de la saisie. Pour le Japon, c'est extrêmement regrettable", a expliqué le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga. "Cela pourrait dissuader des entreprises japonaises de travailler en Chine, nous en sommes profondément inquiets et attendons des mesures appropriées côté chinois", a-t-il prévenu. D'après l'agence Kyodo, c'est la première fois que des biens d'une entreprise nippone sont confisqués dans le cadre de procédures judiciaires remontant à une affaire d'avant-guerre.

Ambiance nuisible aux affaires

Les relations entre la Chine et le Japon, deuxième et troisième puissances économiques mondiales, restent marquées par les atrocités commises par l'armée impériale nippone pendant son occupation d'une partie de l'Empire du milieu (1931-1945). Dans la déclaration commune des deux pays de 1972 qui a consacré la normalisation de leurs relations, la Chine a déclaré "renoncer à demander au Japon des indemnités de guerre", un engagement bafoué, selon Yoshihide Suga, par la saisie du navire de Mitsui OSK. "La politique menée par la Chine sur ces questions, y compris ce dernier incident, pourrait bouleverser l'esprit de la normalisation diplomatique de 1972 entre le Japon et la Chine", a-t-il prévenu.
Leurs relations tanguent déjà depuis la nationalisation par Tokyo, en septembre 2012, d'îlots de mer de Chine orientale contrôlés par le Japon mais revendiqués avec force par Pékin. Des navires des garde-côtes chinois et japonais se croisent désormais régulièrement autour de ces îles Senkaku, appelées Diaoyu par les Chinois, ce qui fait craindre un incident armé aux observateurs. Le Japon vient d'ailleurs d'en renforcer la surveillance militaire. Ce différend territorial, dans une zone qui renfermerait des hydrocarbures, rend d'autant plus sensibles les désaccords historiques sino-japonais, à propos desquels les responsables politiques des deux camps sont récemment intervenus à maintes reprises.
Ce lundi 21 avril, le Premier ministre japonais, le très conservateur Shinzo Abe, a fait déposer un arbre sacré au sanctuaire controversé Yasukuni de Tokyo, où sont honorés des morts pour la patrie dont des criminels de guerre condamnés après 1945. La visite sur place de Shinzo Abe en personne, en décembre dernier, avait provoqué l'ire de la Chine qui considère ce lieu de culte shintoïste comme un symbole du militarisme passé de son voisin. Les États-Unis eux-mêmes, proches alliés du Japon, avaient froncé les sourcils. Le sujet reste sensible alors que le président Barack Obama est attendu à Tokyo pour une visite d'État à partir de mercredi 23 avril.
Le mois dernier par ailleurs, un tribunal pékinois a accepté pour la première fois d'instruire une plainte déposée contre des entreprises japonaises par des Chinois forcés de travailler dans des usines et mines pendant la Seconde guerre mondiale. Étroitement contrôlée par les autorités, la justice chinoise rejetait jusque-là systématiquement ce genre de plainte, en vertu de la déclaration de 1972. Cette ambiance délétère pèse de plus en plus sur les relations d'affaires : les investissements des entreprises japonaises en Chine ont chuté de moitié au premier trimestre par rapport à ceux de la même période de l'an passé.

Kyoko Hasegawa

Mardi 22 Avril 2014



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