Salon du Bourget : un bon cru pour l'aviation régionale


Le 51e Salon aéronautique du Bourget s'est soldé par une belle moisson de contrats pour les constructeurs d'avions régionaux brésilien Embraer et franco-italien ATR, le canadien Bombardier faisant enfin voler son CSeries mais repartant bredouille, alors que les concurrents russe, chinois et japonais sont en embuscade.


Dès l'ouverture du Salon du Bourget, ATR a annoncé un total de 81 commandes © Airbus
Dès l'ouverture du Salon du Bourget, ATR a annoncé un total de 81 commandes © Airbus
Dès l'ouverture du Salon du Bourget, ATR a annoncé un total de 81 commandes, dont 46 fermes, pour un montant de près de 2 milliards de dollars. Le fabricant franco-italien de turbopropulseurs a ensuite égrené le détail des huit contrats signés depuis le début de l'année, à commencer par Japan Air Commuter, son premier client au pays du soleil levant. "C'est un pays où ATR essaie de rentrer depuis trente ans. Nous sommes entrés par la grande porte et on espère aller trouver les autres" compagnies aériennes, se félicite le PDG, Patrick de Castelbajac. Avec plus de 300 commandes, l'avionneur peut compter sur plus de trois années de production garanties au rythme actuel, et même plus de quatre avec les options (environ 120). "Ces dix dernières années, 94 % de nos options ont été affermies, donc le carnet de commandes est plus proche des 400", assure-t-il.
Le brésilien Embraer peut aussi se réjouir. Avec 103 commandes, dont 50 fermes, annoncées dès le premier jour du salon, le groupe a confirmé son rang de numéro 3 mondial et engrangé au moins 2,6 milliards de dollars (5,4 milliards en comptant les options et intentions d'achat). La moitié de ces ventes porte sur la future gamme d'appareils EJets-E2, qui entrera en service à partir de 2018 et a déjà reçu 640 engagements d'achat, dont 247 fermes. De bon augure, alors que le constructeur d'avions à turboréacteurs table sur un marché de 6.350 livraisons d'ici vingt ans dans son segment des appareils de 70 à 130 places.

Bombardier fait du surplace

Embraer dépasse ainsi son concurrent canadien Bombardier, dont le CSeries plafonne à 603 commandes, dont 243 fermes. "Nous visons 300 ventes avant l'entrée en service et nous sommes assez confiants pour atteindre cette cible", a affirme Fred Cromer, président de la division avions commerciaux du groupe de Montréal.
Malgré la première démonstration en vol de l'appareil, aucune nouvelle vente n'a été officialisée au Bourget. La compagnie Swiss, client de lancement du CSeries, a seulement converti 10 commandes de modèles CS100 en CS300, plus grands. Le programme, qui devait être livré avant les moyen-courriers A320 Neo d'Airbus et 737 Max de Boeing, "a été confronté à des circonstances défavorables, notamment à des retards de développement", rappelle le cabinet IHS. Sa mise en service est attendue début 2016, soit plus de deux ans après la date prévue à l'origine.
"Tout le monde rencontre ce genre de difficultés. Ils finiront par les régler et ils seront de redoutables concurrents, comme ils l'ont toujours été pour nous", déclare Frederico Curado, PDG d'Embraer. Même le directeur commercial d'Airbus, John Leahy, reconnaît que Bombardier a "un beau petit avion", même s'il ne le considère pas comme une menace. M. de Castelbajac, lui, est convaincu que le canadien "va se retourner" et dit s'attendre à "beaucoup plus d'agressivité commerciale d'ici la fin de l'année". Bombardier, qui fabrique aussi des turbopropulseurs, n'a cependant pu annoncer cette semaine que la confirmation de six options par la compagnie WestJet Encore.
Pendant ce temps, de nouveaux entrants essaient de se faire une place sur le marché. Le russe Soukhoï a vendu au Bourget trois Superjet100 à la compagnie Iakoutia Airlines. L'appareil est entré en service en 2011 et a reçu plus de 150 commandes fermes à ce jour, principalement en Russie et au Mexique. Le chinois Comac a également vendu durant le salon 7 exemplaires de son ARJ21-700, commandé à plus de 270 exemplaires et dont la première livraison est attendue en fin d'année. Enfin, le japonais Mitsubishi se joindra à la partie en 2017, avec son MRJ90 déjà commandé à 407 exemplaires, dont 223 fermes.

Gabriel Bourovitch

Mardi 23 Juin 2015



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