Sans volonté politique, EuroCarex ne se fera pas


En mars dernier, EuroCarex a réussi une grande première en faisant circuler une rame test de TGV fret de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry à Londres en passant par l’aéroport de Paris-CDG puis par le tunnel sous la Manche. C’est donc possible ! Mais une hirondelle de mars ne fait pas le printemps du transport intermodal et le projet EuroCarex continue d’avancer au rythme des rencontres et des études. Seule une volonté politique réaffirmée permettra au projet de prendre véritablement une forme concrète.


© Aéroports de Lyon
© Aéroports de Lyon
"Des études, des études, certes il en faut, mais nous souhaiterions passer à une phase plus pragmatique et de réalisation avec les différents acteurs du projet, clients, constructeurs et opérateurs ferroviaires. L’opération test et de promotion de mars a montré que le projet peut fonctionner. Maintenant, il faut que le gouvernement français confirme son intérêt pour le projet mais de façon réelle et fiable en injectant les 170 millions d’euros prévus pour la réalisation des gares de Lyon et de Paris. Il faut que cet argent soit débloqué et qu’un véritable business-plan soit établi confirmant la rentabilité du projet pour un lancement définitif de toute l’opération", explique, avec impatience, Salvatore Alaimo, président de Lyon-Carex.
Depuis le test "grandeur nature", deux études ont été terminées. Elles concernent le plan de transport consolidé réalisé par ETS, cabinet de consultant belge pour EuroCarex, et l’étude de marché du consortium ferroviaire, réalisée par Frost et Sullivan pour SNCF-Europorte.

"Les Anglais ont accentué leur intérêt pour le projet"


"Ces études réactualisent celles de 2006 et de 2008 et elles confirment les volumes mais le report modal de l’avion sur le TGV peut être différent selon les axes en fonction du prix qui sera établi", remarque Marie-Christine Bernier, responsable de l’intermodalité à l’aéroport de Lyon. "En effet, précise-t-elle, le report modal est bien identifié sur l’axe Londres-Paris-Francfort mais il est plus modeste pour Lyon-Paris-Amsterdam, où il existe un risque financier accru du fait du recours massif au transport camionné. Tout dépendra du prix pratiqué et de la qualité du service. Il est vrai aussi que les contraintes environnementales, les prix de l’énergie et les modifications des habitudes jouent en faveur d’EuroCarex.
Deux études vont être lancées fin 2012. La première concerne le prix du service global, pour connaître le curseur par rapport aux volumes potentiels reportables sur le TGV, et la seconde pour le réemploi du matériel existant (Thalys, Eurostar, TGV postaux ou TGV PSE), pour éviter de commander du matériel neuf plus coûteux. En ce qui concerne l’opérateur futur qui sera choisi (SNCF, Europorte ou SNCB, voire DB que beaucoup voudraient voir davantage intéressée par le projet), "il est bien entendu que cet opérateur se limitera à son métier de tractionnaire de wagons", insiste M. Alaimo, refusant toute concurrence qui pourrait être préjudiciable au fonctionnement sain de l’opération.

"Les Belges et les Hollandais ont débloqué des fonds"

Le conseil d’administration d’EuroCarex tenu à Bruxelles le 14 novembre a validé le dossier de demande de subvention européenne dans le cadre du programme TEN-T 2014-2017 incluant une étude à mener pour le fonctionnement des railports.
Chaque railport s’active. "Les Belges et les Hollandais ont débloqué des fonds, ils sont plus en avance que nous et ils ont commencé à demander des fonds européens", relève M. Alaimo, qui rappelle toutefois "qu’il s’agit d’un projet européen et qu’il faut parler d’une seule voix face à l’UE". Londres finalise son étude d’implantation du railport. "Depuis le test promotion de mars, les Anglais ont accentué leur intérêt pour le projet", note Mme Bernier. Roissy a lancé une étude économique et un schéma d’aménagement en partenariat avec ADP-Plaine de France. Lyon attend la validation de certaines décisions pour lancer ses études sur son site aéroportuaire.
En juin 2013, le réseau EuroCarex sera très présent sur le salon de la logistique de Munich. En effet, l’implication de la pragmatique Allemagne dans le projet est souhaitée par beaucoup.

Annick Béroud

Mardi 27 Novembre 2012





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