SeaFrance en cessation d'activité


Le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation définitive et la cessation d'activité de SeaFrance. Le gouvernement est monté au créneau pour défendre les chances restantes de reprise de l'activité, alors que les premières propositions sont déjà arrivées.


© Éric HOURI
© Éric HOURI
Le tribunal de commerce de Paris a signé lundi 9 janvier l'acte de décès de SeaFrance, sans accorder aux salariés de la compagnie de ferries transmanche le sursis réclamé après le soutien apporté in extremis par Eurotunnel au projet de reprise par une coopérative ouvrière (Scop). Les défenseurs de ce projet ont dénoncé un "gâchis énorme", mais cette décision n'est sans doute qu'une étape de plus dans un dossier devenu hautement politique à l'approche de la présidentielle. "Il y aura une solution crédible pour tous les salariés", a assuré le président Nicolas Sarkozy, immédiatement monté au créneau.
Le ministre des Transports Thierry Mariani a dit vouloir "explorer la totalité des pistes" pour l'emploi et les pouvoirs publics semblent déterminés à favoriser l'émergence d'une nouvelle solution avec des repreneurs privés, Eurotunnel ou Louis Dreyfus par exemple. "On devrait pouvoir réussir à construire quelque chose", a estimé le Premier ministre François Fillon.

«La reprise par la Scop n'est pas valable»

Les juges consulaires ont décrété la liquidation définitive et la cessation d'activité de SeaFrance, filiale déficitaire de la SNCF, en estimant que l'offre de reprise par la coopérative ouvrière (Scop) n'était pas "valable" et que "l'activité ne pouvait être poursuivie". L'offre de la Scop "n'est pas très différente de la précédente" et présente "le grave inconvénient de ne pas comporter le financement nécessaire pour redémarrer l'activité", a déclaré le président de la chambre. "C'est un gâchis énorme. Un gâchis social d'abord puisqu'il concerne le sort de 1010 salariés, un gâchis économique également", a dénoncé l'un des avocats du projet, Philippe Brun, en référence aux 880 salariés de SeaFrance à Calais et aux 130 de la filiale britannique.
La décision du tribunal de commerce n'est pas une surprise. Mais les promoteurs de la Scop, seul projet en lice, avaient fondé leurs espoirs dans l'arrivée d'Eurotunnel à la dernière minute dans le dossier, réclamant un report du jugement le temps d'examiner la nouvelle donne. En vain: les juges ont estimé un tel report "incompatible avec l'urgence" de la situation.

Eurotunnel candidat à la reprise

Le PDG d'Eurotunnel, Jacques Gounon, avait fait sensation en annonçant auparavant au quotidien «Libération» que l'exploitant du tunnel sous la Manche était "candidat" au rachat des navires de SeaFrance. Le jugement du tribunal de commerce pourrait inciter les pouvoirs publics à creuser cette piste ouverte, ou à relancer l'option Louis Dreyfus Armateurs, dont un précédent projet de reprise en association avec le Danois DFDS avait été écarté en novembre. "La totalité des pistes qui vont permettre aux 800 salariés de retrouver un emploi vont être explorées. Notre préoccupation, c'est l'emploi", a déclaré Thierry Mariani. Confirmant les pistes de LDA et d'Eurotunnel, le ministre a ajouté, sans plus de détails : "il peut y en avoir d'autres".
Selon son PDG, Eurotunnel a informé à deux reprises, le 28 décembre et le 6 janvier, les administrateurs judiciaires de SeaFrance de son intérêt pour une reprise de la majorité des actifs de la compagnie en cas de liquidation. Le collectif des salariés non-syndiqués de SeaFrance s'est dit prêt à examiner l'offre d'Eurotunnel, en réclamant "plus de détails". Ce collectif s'était constitué vendredi en alternative à la CFDT locale, promotrice de la Scop. Il avait souhaité la relance du projet LDA-DFDS.

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Franck Iovene et Alix Rijckaert

Lundi 9 Janvier 2012





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