SeaFrance garde ses ferries à quai à la veille du jugement


SeaFrance a interrompu hier le trafic de ses ferries entre Calais et Douvres, à la veille d'une décision cruciale sur son avenir au tribunal de commerce de Paris, car la direction de la compagnie craint pour "la sécurité" des passagers et de son personnel.


© ÉRIC HOURI
© ÉRIC HOURI
SeaFrance a gardé ses ferries à quai hier, à la veille d'un jugement sur son avenir. "Afin d'accueillir le jugement du tribunal de commerce de Paris dans la plus grande sérénité et pour garantir la sécurité des passagers et l'intégrité du personnel et des biens, la direction (...) a décidé d'interrompre par précaution (...) l'exploitation des navires", a indiqué la société. Cette interruption du trafic a été mise en application hier matin et courra "jusqu'à nouvel avis", a-t-on précisé.

«Le tribunal doit annoncer aujourd'hui le projet retenu»



L'un des quatre navires de SeaFrance, le «Nord-Pas-de-Calais», est ainsi resté à quai à Douvres, selon la CFDT. Ses salariés refusaient hier matin de le quitter, malgré les injonctions de la direction qui a prévu de les ramener à Calais par l'Eurotunnel, a expliqué Stéphane Humetz, son secrétaire fédéral. À Calais, un important dispositif policier (CRS et de gendarmes mobiles) a été mis en place devant le terminal d'embarquement "pour éviter un blocage total du port et des débordements de salariés de SeaFrance, qui pourraient générer des troubles importants à l'ordre public", selon une source policière. "C'est inadmissible", a commenté M. Humetz. "Les marins ne vont pas casser leur entreprise, leurs bateaux alors qu'ils ont présenté un projet de Scop", qui permettrait aux salariés de reprendre l'entreprise, lourdement déficitaire.

Liquidation ou reprise

Le tribunal de commerce doit annoncer aujourd'hui quel projet il a retenu pour SeaFrance, qui emploie 880 personnes en CDI et jusqu'à 220 CDD selon les saisons : une liquidation avec ou sans poursuite de l'activité, ou alors une reprise, par les salariés ou une société privée. "Chacun de ces choix aura des conséquences très lourdes pour le personnel et pour l’entreprise", a prévenu SeaFrance, qui connaît des difficultés en raison de la concurrence du tunnel sous la Manche et de la baisse de l'activité de transport de fret dans le détroit avec la crise.
L'interruption préventive du trafic est une nouvelle illustration du manque de confiance entre direction et syndicats de SeaFrance, où le dialogue social est grippé depuis plusieurs années. "Il n'y a plus aucun dialogue entre la CFDT et la direction" et cela depuis... 2009, année de la première grève des salariés, reconnaît M. Humetz. En 2010, le trafic avait été paralysé par la grève pendant au moins neuf jours. "La direction a voulu délibérément casser l'entreprise, supprimer des emplois pour rendre la mariée plus belle et mieux vendre", estimait ce week-end Didier Cappelle, leader CFDT, qui accuse la direction de "mauvaise gestion", alors que celle-ci n'a de cesse d'appeler les syndicats à plus de "responsabilité".
Le tribunal de commerce de Paris avait examiné le 25 octobre les deux offres encore en lice pour sauver la société, qui a enregistré en 2010 une perte nette de 240 millions d'euros et où 725 emplois ont déjà été supprimés. La première offre de reprise étudiée par le tribunal associe Louis Dreyfus Armateurs (LDA) au groupe de ferries danois DFDS. Elle prévoit de garder 460 emplois et trois navires. La seconde est un projet de Scop (Société coopérative et participative) présenté par la CFDT, syndicat majoritaire de l'entreprise, qui prévoit de conserver l'intégralité des 880 emplois. L'offre de la direction de SeaFrance, qui prévoyait une recapitalisation à hauteur de 160 millions d'euros via notamment un prêt de la SNCF, a été retoquée par la Commission européenne.

Alix Rijckaert

Mardi 15 Novembre 2011





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