Seul le transport maritime a tiré son épingle du jeu


Selon le baromètre de l'Union patronale des Bouches-du-Rhône (UPE 13), le Grand Port maritime de Marseille a connu une hausse de son trafic au deuxième trimestre de l'année tandis que les autres modes ont enregistré un recul par rapport à 2012. L'immobilier logistique enfin est resté atone.


© Franck André
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Au cours du deuxième trimestre de l'année, l'étude de conjoncture de l'UPE 13 juge que le trafic du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) s’est élevé à près de 21 millions de tonnes, en hausse de 2 % par rapport à la même période de 2012. Le trafic des marchandises diverses a en effet progressé de 8 %. Les échanges de marchandises conteneurisées ont poursuivi leur croissance (+ 10% ) "grâce à une activité soutenue sur les bassins de Fos" (exportations vers la Chine, échanges avec l’Asie du Sud-Est ou l’Espagne, retour des armements Zim et Cosmed pour un trafic de fruits et légumes avec Israël).

"La routier en dégradation et l'immobilier logistique atone"


Pour leur part, les bassins de Marseille ont rattrapé leur retard grâce aux importations en provenance d'Algérie. Les exportations de produits sidérurgiques, qui ont bondi de 20 %, ont dynamisé le secteur conventionnel (+ 11 %) à Fos. Quant à la filière des hydrocarbures, victime de la restructuration des capacités de raffinage, elle est restée orientée à la baisse (- 5 %), pénalisée par les importations de brut (- 4 %) et de GPL (- 18 %). Le baromètre observe une chute des produits raffinés (- 23 %) sur les volumes import (- 56 %), concentrée sur le gasoil et le fuel lourd. Quant aux vracs liquides chimiques et alimentaires, ils ont progressé (+ 2 %) grâce à un trafic supplémentaire d’ETBE (éther éthyle tertiobutyle ou "ethyl tert-butyl ether", en anglais, un additif pour carburant). Les vracs solides (+ 24 %), quant à eux, ont été dynamisés par l’activité sidérurgique (+ 45 %). La raison invoquée par les auteurs de la note de conjoncture est que le groupe "ArcelorMittal concentre sa production dans ses unités côtières jugées plus compétitives".
En cumulé, à la fin du premier semestre 2013, le trafic global du GPMM s’est élevé à 41 Mt (- 4 %) en raison des mauvais résultats des vracs liquides.

Fret fluvial : chute de trafic

Du côté du transport fluvial, le port d’Arles a réalisé un trafic de 91.703 tonnes de marchandises au deuxième trimestre de l'année, en chute de 15,5 % par rapport au même trimestre de 2012. Son CA a progressé quant à lui de 5,3 %. Au cours du premier semestre, le port fluvial a perdu 3,4 % sur le registre du tonnage alors que son CA a progressé de 11,7 %.
Quant au fret aérien, il a reculé de 5,7 %, en raison de la contraction de l’activité européenne, des ponts du mois de mai et de la prise d’otage d’In Amenas en Algérie qui a ralenti les échanges fret. Sur le premier semestre, le trafic a chuté de 5,3 %. Malgré le développement du hub fret euroméditerranéen, l’année devrait se terminer avec un recul de trafic, probablement amplifié par le contexte économique et social. Selon le baromètre, le fret express est confronté à un transfert progressif de l’aérien sur le routier et à un recentrage des flux sur l’Europe plutôt que sur l’intercontinental. Le niveau de rentabilité des entreprises a baissé. Par ailleurs, le Maghreb (Maroc et Tunisie) continue de développer sa stratégie industrielle et logistique, et devient un véritable hub logistique pour l’Afrique du Nord.
Le chiffre d'affaires pour les entreprises de transport routier s’érode jusqu’à - 30 % pour certaines d'entre elles, selon les auteurs du baromètre de l'UPE 13. En effet, les volumes transportés sont en recul. La baisse du pouvoir d’achat, l’environnement concurrentiel, les faibles prix pratiqués et la future mise en place de l’Écotaxe poids lourds sont autant de sujets de préoccupation. Les trésoreries des entreprises sont tendues et les marges dégradées. Les délais de paiement sont toujours très critiques, et des reports sont demandés suite à des incapacités de paiement voire à des défaillances de la clientèle. Les perspectives d’activité restent médiocres. En effet, un plus grand nombre de chefs d’entreprises anticipe pour les prochains mois une baisse de leur activité, et les effectifs salariés pourraient s’en ressentir, relève la note de synthèse.
Du côté de l'immobilier logistique, le marché est apparu atone aux yeux des analystes. Quelques projets logistiques sont en cours, mais c’est la recherche d’économies qui prime sur la logique de développement, explique-t-on. Grâce à l’attractivité du port, la zone de Saint-Martin-de-Crau semble être toujours la plus dynamique de la région, avec des bâtiments en cours de livraison.
Enfin, le baromètre relève que le transport combiné a enregistré au cours du semestre une bonne activité. Le document attribue cette tendance aux bons résultats du GPMM et à la progression du transport massifié (barge sur le Rhône ou rail).

Arles : tonnage en recul mais chiffre d'affaire en progression

Le port fluvial d'Arles a enregistré au mois de septembre un trafic de 30.841 tonnes contre 38.319 tonnes en septembre 2012. En cumul depuis le début de l'année, le tonnage global a perdu près de 25.000 tonnes puisqu'il s'est élevé à 307.763 tonnes alors qu'il avait achevé les trois premiers trimestres de l'année 2012 sur le chiffre de 332.600 tonnes. Au titre des filières de trafic qui ont connu la plus forte évolution, la direction du port relève les minerais, qui constituent une nouvelle filière, les produits métalliques, les déchets et les produits manufacturés. Au cours du premier semestre, 211.353 tonnes avaient transité par les quais du port arlésien, soit 7.426 tonnes de moins qu'au cours des six premiers mois de 2012. Si le port d'Arles a connu cette année un recul de trafic en termes de tonnage de 7,47 %, il a amélioré son chiffre d'affaires de 4,7 % depuis le début de l'année.

Vincent Calabrèse

Mercredi 23 Octobre 2013



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