Sortie de crise en vue sur le canal de Panama


Après une crise de deux mois, le consortium international chargé des travaux d'élargissement du canal de Panama, dirigés par le constructeur espagnol Sacyr, et l'autorité du canal (ACP) ont annoncé vendredi 28 février un accord sur le financement du surcoût du chantier.


Inauguration de la voie élargie du canal de Panama en décembre 2015 © GUPC
Inauguration de la voie élargie du canal de Panama en décembre 2015 © GUPC
La crise du canal de Panama, liée à un surcoût estimé à 1,2 milliard d'euros (1,6 milliard de dollars), a entraîné un ralentissement des travaux et leur interruption pendant deux semaines en février sur l'un des plus gros chantiers de génie civil au monde, mettant en péril une livraison de la voie élargie prévue en 2015. La Commission européenne a salué un accord qui "permettra de finaliser la réalisation de cette infrastructure-clé pour l'économie mondiale", par la voix de son commissaire européen chargé de l'Industrie, Antonio Tajani. Un accord a été conclu "pour résoudre les problèmes de financement" de l'élargissement du canal, a indiqué vendredi 28 février, via le consortium GUPC, Sacyr qui a rendu publique une perte de près de 500 millions d'euros, due en partie au canal.

Procédure d'arbitrage

Les deux parties vont injecter 100 millions de dollars chacune dans le projet, ce qui "permettra de reprendre le rythme normal des travaux", a indiqué l'ACP. L'accord reporte également à 2018 le remboursement de 784 millions de dollars que l'Administrateur avait avancés au consortium. "Nous sommes parvenus à un protocole d'accord qui protège les intérêts du canal de Panama dans les termes du contrat et dans le respect de nos positions", s'est félicité l'administrateur, Jorge Luis Quijano. Le GUPC n'a pas précisé les détails de cet accord qui devrait être signé prochainement. Mais, selon le consortium, qui est en charge de la pose de nouvelles écluses de grand gabarit, l'accord répond à son objectif de "faciliter les travaux en attendant le résultat d'une procédure d'arbitrage pour attribuer la responsabilité finale des surcoûts".

"Les deux parties vont injecter 100 millions de dollars chacune"


Les travaux sur le chantier d'élargissement du canal de Panama avaient repris le 20 février, après une suspension de deux semaines. L'autorité du canal (ACP) avait alors affirmé qu'afin d'avancer dans la négociation, une somme de 36,8 millions de dollars correspondant aux travaux facturés en décembre serait remise au GUPC pour garantir la reprise des travaux. L'annonce faite vendredi 28 février "est la dernière étape d'une série de phases de négociations qui ont culminé avec cet accord", a poursuivi le GUPC.
Le conflit, qui a éclaté le 30 décembre, a donné lieu depuis à de multiples négociations impliquant même le gouvernement espagnol. Le GUPC, composé également de l'italien Salini Impreglio, du belge Jan de Nul et de la panaméenne Constructora Urbana (CUSA), exige le versement de 1,6 milliard de dollars supplémentaires, affirmant que des problèmes géologiques imprévus apparus sur le chantier ont entraîné d'importants surcoûts en ciment.
Initialement espérée pour cette année, coïncidant avec le centenaire du canal, l'inauguration de la voie élargie avait déjà été repoussée à mi-2015 en raison de précédents contretemps, mais n'est pas attendue désormais avant décembre de l'année prochaine. Officiellement, le projet dans son ensemble est avancé à 72 % et les nouvelles écluses à 70 %. Les travaux pharaoniques d'élargissement du canal, estimés à 5 milliards de dollars, passent notamment par l'élargissement des voies d'accès et la construction de nouvelles écluses sur trois niveaux, afin de permettre le passage de navires dits post-panamax, transportant jusqu'à 12.000 conteneurs, soit plus du double de la charge actuellement autorisée à emprunter cette voie navigable. Le canal de Panama, reliant l'Atlantique au Pacifique et par où transite environ 5 % du commerce maritime mondial, rapporte un milliard de dollars par an à cet État d'Amérique centrale, soit 10 % du total de ses recettes fiscales. Long de 80 km, inauguré en 1914 et rétrocédé en 1999 au Panama par les États-Unis, le canal a comme principaux clients les États-Unis, la Chine, le Japon, le Chili et la Corée du Sud.

Ingrid Bazinet

Lundi 3 Mars 2014



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