Soufre : urgence d'agir sur le calendrier


Armateurs de France et l'UK Chamber of Shipping dressent le même constat, à savoir que l'échéance du 1er janvier 2015 pour l'application de la directive "soufre" n'est pas tenable au plan économique et social. Ils somment leurs autorités nationales d'intervenir auprès de la Commission européenne afin d'obtenir une période de transition assortie d'engagements pour les armements.


Le "Pont-Aven" armé par Brittany Ferries © BAI
Le "Pont-Aven" armé par Brittany Ferries © BAI
Après les énergies maritimes renouvelables où le plan national de déploiement, des éoliennes offshores en particulier, fait l'impasse sur la dimension logistique dont maritime, c'est au tour du projet de loi de transition énergétique de manquer de vision globale. Présenté par Ségolène Royal le 18 juin en Conseil des ministres, il n'évoque pas la réforme de la loi de 1992 sur les approvisionnements énergétiques, ni les propositions des armateurs pour sortir du calendrier, jugé "intenable", fixé par l'annexe VI de la convention Marpol puis la Directive européenne "Soufre". À six mois de l'échéance, Brittany Ferries avec le concours d'Armateurs de France alerte une nouvelle fois les autorités nationales et européennes sur la nécessité de l'aménager, le temps d'adapter les flottes. À défaut, "abandonner le fuel lourd pour du gasoil renchérira le poste "combustible" de 40 à 50 %. Les compagnies maritimes en concurrence avec un autre mode, terrestre ou aérien, verront alors leur compétitivité fortement atteinte. Si un aménagement du calendrier n'est pas obtenu, l'équation économique sera simple et désastreuse : diminution du trafic, fermeture de lignes, destruction de plusieurs centaines d'emplois, report des trafics vers la route, et pour les automobilistes et routiers, augmentation du prix du gasoil à la pompe".

"Route to compliance", une sortie vers le haut

Pour Jean-Marc Roué, président de BAI, et Éric Banel, délégué général d'Armateurs de France, le blocage actuel est "incompréhensible". Avec l'UK Chamber of Shipping à l'initiative d'un débat le 18 juin sur le sujet devant le Parlement britannique, la profession propose un plan pour sortir de l'impasse. Baptisé "route to compliance, il consiste à laisser un temps raisonnable à l'innovation technologique.

"Il ne s'agit pas d'un chèque en blanc aux armateurs"


Il ne s'agit pas d'un chèque en blanc aux armateurs : pour bénéficier de cette période de transition limitée, ils devront être confrontés à un risque de report modal adverse, et présenter un plan de transition solide". À l'instar des demandes faites Outre-Manche, "il est indispensable que le ministère des Transports en défende le principe auprès des commissaires européens chargés de l'environnement et des transports"

Cas de BAI

Sur ce principe, le plan de transition énergétique de BAI conjugue plusieurs approches économiques fonction de l'âge et des possibilités techniques des navires. Avec des travaux d'environ cinq semaines chacun, les "Normandie", "Cap-Finistère" et "Barfleur" seraient équipés de scrubbers entre janvier et avril 2015. Avec des interventions de trois à cinq mois, les "Mont-Saint-Michel", "Armorique" et "Pont-Aven" recevraient une nouvelle propulsion GNL, en janvier et avril 2016 pour les deux premiers, en avril 2017 pour le troisième. En décembre 2016 enfin, le "Bretagne" serait remplacé par le "Pegasis" construit par STX Saint-Nazaire. Moyen de se conformer à Marpol VI et à la directive Soufre mais aussi d'anticiper les futures réglementations maritimes sur les émissions polluantes, "ce plan sur lequel nous nous engageons représente un investissement de 400 millions d'euros", et profiterait avant tout aux chantiers navals européens dont français. "Il suppose un délai d'au moins vingt-quatre mois". Réclamée par la France et le Royaume-Uni, une révision du calendrier selon les termes de la "route to compliance" ne se limite pas en Europe aux seules BAI et P&O aujourd'hui en première ligne... La balle est dans le camp de chaque État membre pour remonter cette demande auprès des autorités européennes puis la faire adopter.

Érick Demangeon

Vendredi 20 Juin 2014



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