Stef : Une proposition de reprise de la SNCM sous conditions


D'ici le 2 septembre, Stef déposera une proposition de reprise de la SNCM. Au regard des risques induits, le groupe spécialisé dans le transport et la logistique sous température dirigée fixe trois conditions suspensives à sa candidature. La décision du tribunal de commerce de Marseille est attendue le 25 septembre prochain.


Stanislas Lemor, directeur général délégué de Stef
Stanislas Lemor, directeur général délégué de Stef
Lors de la présentation de ses résultats semestriels le 28 août à Paris, le groupe Stef a confirmé qu'il remettra bien au tribunal de commerce de Marseille une offre de reprise des activités de la SNCM. Dévoilée le 11 juin, cette candidature est la conséquence de deux décisions rappelle Stanislas Lemor, son directeur général délégué. En date du 7 avril 2015, la première concerne l'annulation par le tribunal administratif de Bastia de l'actuelle délégation de service public entre la Corse et le continent – opérée par la Compagnie méridionale de navigation, filiale maritime du groupe Stef, et la SNCM – à partir du 1er octobre 2016. "Cette décision prive la Méridionale de son principal actif". Ne pouvant remplir seule la continuité territoriale maritime entre Marseille et la Corse, elle "l'oblige à concourir à un nouvel appel d'offre" dans la perspective d'une nouvelle DSP. Sur la base du jugement rendu par le tribunal administratif de Bastia, la deuxième décision émane de la Commission européenne qui a considéré en mai qu'il n'y aurait pas de continuité économique entre la SNCM et son futur repreneur.

" Stef ne souhaite pas prendre de risques démesurés sur le dossier SNCM"

Dans ces conditions, Stef s'est retrouvé en position "de subdélégataire de la DSP", et donc au cœur du processus de sélection des candidats à la reprise de la SNCM. À l'analyse des trois offres sur la table, aucune ne lui a apporté la garantie d'un partenaire fiable et sérieux. Le tribunal de commerce de Marseille a alors suivi sa demande de reporter sa décision sur le repreneur après la saison estivale, laissant à Stef le temps de présenter son propre dossier de candidature. Cette mission a été confiée à Éric Giuily.

Trois conditions suspensives

Le décor planté, son offre qui sera déposée le 2 septembre "fédère des acteurs français et européens reconnus dans le monde du transport routier et maritime. Ils disposent ensemble des capacités professionnelles et financières adéquates pour sécuriser et développer les activités, tant avec la Corse, qu'avec le Maghreb", indique Stef. En l'état, son projet s'articule autour de deux nouvelles sociétés : une pour la desserte de la Corse à l'aide de quatre navires, l'autre dédiée à la desserte du Maghreb avec deux navires. "Nous sommes assez confiants", avoue Stanislas Lemor avant d'insister : "Stef ne souhaite pas prendre de risques démesurés et notre proposition s'accompagne de trois conditions suspensives : la confirmation par Bruxelles de l'arrêt des poursuites pour aides publiques illégales, l'avis favorable des autorités de la concurrence concernées et l'avis favorable de la Collectivité territoriale de Corse sur le principe de subdélégation de la DSP". À partir des dossiers de candidature reçus, le tribunal de commerce de Marseille doit rendre sa décision sur le repreneur de la SNCM le 25 septembre prochain.
Érick Demangeon

Bond de la rentabilité au premier semestre

Portée par la reprise de la consommation alimentaire en Europe et la fin de l'intégration d'Ebrex dans son réseau de transport national, la rentabilité de Stef s'améliore sensiblement au premier semestre. En hausse de plus de 20 %, son résultat opérationnel s'établit à 27,1 millions d'euros et dégage un bénéfice net de 15,5 millions (+ 46 %). Soumis à la réduction du pied de facture gazole et à la remise à niveau progressive des tarifs sur l'ex-périmètre Ebrex, son chiffre d'affaires ne progresse dans le même temps que de 2,2 % à 1,36 milliards d'euros. Anticipant une "saison estivale historique" au prochain semestre, dans l'immédiat, le tonnage transporté par la Méridionale s'apprécie de 4 % et le nombre de passagers de 1,5 %. À 51,8 millions d'euros, ses recettes reculent toutefois de 2 %, et laissent apparaître une perte opérationnelle de 1,9 million contre un profit de 0,7 million l'an passé à même époque. "Les résultats semestriels de la Méridionale ont été impactés par une longue période d'indisponibilité de deux navires (62 jours), et des coûts de l'ordre de 2,8 millions d'euros pour arrêts techniques", explique Stanislas Lemor.

Érick Demangeon

Lundi 31 Août 2015



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