Sur le chantier du canal de Panama


Millimètre par millimètre, au moyen d'engins de haute précision commandés à distance, douze des seize portes d'écluses géantes équipant le canal de Panama élargi ont déjà été mises en place dans une course contre la montre pour permettre l'ouverture de la voie début 2016.


Le canal de Panama devrait voir ses revenus tripler d'ici 2025 © GUPC
Le canal de Panama devrait voir ses revenus tripler d'ici 2025 © GUPC
Sous un soleil de plomb et après des heures d'opération, aux cours desquelles la moindre erreur d'ajustement peut représenter des pertes de millions de dollars, deux nouvelles portes d'écluse roulantes de plusieurs milliers de tonnes ont été installées cette semaine sur le chantier du canal de Panama. À l'aide de quatre chariots totalisant 480 roues, capables de supporter 7 tonnes chacune, et manipulés à distance par une télécommande, les ouvriers du consortium Groupe unis pour le canal de Panama (GUPC) ont minutieusement mis en place à Cocoli, sur le débouché Pacifique du canal, une porte d'écluse roulante de 4.245 tonnes pour 58 mètres de large et 32 de haut. "C'est une grosse opération, mais c'est devenu la routine. On espère terminer en avril ou mai l'installation des portes roulantes et commencer la mise en eau en juin", explique le directeur du projet chez GUPC, José Pelaez. Avant le passage des premiers navires, une période de test de ces écluses géantes est prévue durant sept mois.

"Deux autres projets d'envergure à l'échelle mondiale"


GUPC - constitué de l'espagnole Sacyr, de l'italienne Salini Impregilio, de la belge Jan de Nul et de la panaméenne Constructora Urbana - devrait finalement livrer le chantier en janvier 2016, selon son président, Giuseppe Quarta. Initiés en 2007, les travaux d'élargissement devaient initialement être terminés en 2014, pour le centenaire de ce canal de 80 km qui a bouleversé le commerce mondial. Surprises géologiques, conflits avec le donneur d'ordre (l'Administration du canal de Panama, ACP) et grèves des travailleurs ont toutefois alimenté les retards.

Vingt tours Eiffel

Ce chantier d'infrastructure parmi les plus pharaoniques actuellement en cours sur la planète permettra d'augmenter la capacité du canal, qui voit transiter selon l'ACP 5 % du commerce maritime mondial annuel, en accueillant des navires dits "post-panamax" de 400 mètres de long sur 50 de large transportant jusqu'à 14.000 conteneurs, le triple de la capacité actuelle. Le projet comprend l'installation de nouvelles écluses, l'élargissement des voies d'accès et l'approfondissement du lit du canal, dont les principaux clients sont la Chine et les États-Unis.
L'administrateur Jorge Quijano a assuré lundi 23 mars que si le GUPC tenait les délais annoncés, "nous pourrions débuter l'exploitation commerciale en avril" 2016. Les ouvriers se concentrent désormais sur la pose des portes d'écluse roulantes et l'aménagement des kilomètres de tunnels par où l'eau circulera. "C'est une œuvre majeure, on ne construit pas tous les jours un canal sur la planète", s'enorgueillit, Ignacio Garcés, chef d'une équipe de plombiers. Deux autres projets d'envergure sont toutefois en cours ou annoncés, à l'échelle mondiale : l'élargissement quasiment terminé du canal de Suez, en Égypte, et un projet de canal interocéanique au Nicaragua.
À Cocoli, le vacarme des engins de chantier, des camions et des grues est constant. "Il y a moins d'ouvriers, parce que le chantier est bien avancé", raconte l'un d'entre eux, Edgar Pimentel, occupé à faire des trous au sol. Le projet aura consommé assez d'acier pour édifier vingt tours Eiffel. Mais en plus des retards, le projet accuse de sérieux surcoûts par rapport aux estimations initiales de 5,25 milliards de dollars, objets d'une dispute devant des cours d'arbitrage entre l'ACP et le GUPC.
Depuis son inauguration il y a un siècle, plus d'un million de navires ont croisé dans les eaux du canal de Panama, projet lancé par des Français puis repris par les États-Unis, qui en ont gardé la propriété jusqu'à sa rétrocession en 1999. D'après les prévisions, le canal, qui rapporte actuellement un milliard de dollars par an aux caisses de l'État panaméen (10 % de ses recettes fiscales), devrait voir ses revenus tripler d'ici 2025.

Juan José Rodriguez

Jeudi 26 Mars 2015



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