Surcapacité endémique jusqu’en 2014 au moins


L’instabilité des taux de fret due à la surcapacité risque de durer jusqu’en 2014, voire plus, estime la Mission de la flotte de commerce. Cette administration française rattachée à la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer juge que le phénomène durera tant que la politique tarifaire des chantiers navals dans le monde restera identique.


Le GNL, l’un des rares segments du shipping à ne pas souffrir de surcapacités © GPMM
Le GNL, l’un des rares segments du shipping à ne pas souffrir de surcapacités © GPMM
La récession dans plusieurs pays européens conjuguée aux politiques d’austérité dans la zone euro et aux États-Unis compriment la consommation et la demande de produits asiatiques. Cette conjoncture économique rejaillit sur le besoin de transport maritime comme en témoigne la baisse de 3 % des trafics conteneurisés entre l’Asie et l’Europe au premier semestre. Et les tendances baissières observées "devraient se confirmer sur l’ensemble de l’année", redoute Régine Brehier, directrice des Affaires maritimes pilotant la Mission de la flotte de commerce. "Le ralentissement parfois brutal des économies en développement avec une baisse des secteurs industriels et des infrastructures affecte à son tour les autres secteurs du shipping tels que les vracs secs et liquides où les taux de fret sont toujours à des niveaux très faibles".

"La stabilisation des taux de fret passe par un ajustement de l’offre"


À ce constat sur la demande, s’ajoute "une surcapacité endémique" du côté de l’offre. "Les évolutions positives des taux de fret sur les lignes régulières Asie-Europe ont démontré à quel point le retour à la stabilité économique des différents marchés du shipping dépendra de la capacité des armateurs à s’adapter rapidement aux évolutions de la demande". Les difficultés ne se limitent pas au seul transport maritime de longue distance. Le cabotage est également affecté par les conséquences de la crise économique et la hausse des prix des carburants dans un contexte de forte concurrence en mer du Nord et sur la Manche, et d’instabilité des trafics liée aux printemps arabes. Ces derniers ont impacté "la viabilité économique de certains services. Le fonctionnement cyclique habituel des marchés du transport maritime semble aujourd’hui profondément perturbé, et il est difficile de pronostiquer un retour à meilleure forme".

Équilibre à moyen terme ?

Depuis 2008, la filière est plutôt soumise à des cycles très instables, "avec des crises récurrentes et de brèves périodes de relance. La dernière phase de contraction de la demande semble devoir durer encore quelques mois et les risques qui planent aujourd’hui sur la reprise du commerce mondiale d’ici 2013 réduisent la probabilité de redressement du shipping international dans les mois à venir". Par conséquent, "la capacité de la filière à adapter son offre sera un élément essentiel en vue d'une stabilisation des taux de fret. Aujourd’hui, ce n’est pas la demande qui freine la reprise des taux mais bien les augmentations continues de capacités mises sur le marché". Or, cette évolution à la hausse de la flotte mondiale ne devrait plus perdurer très longtemps, estime la Mission de la flotte de commerce. Si les livraisons de nouvelles unités vont continuer à alimenter l’offre, "à partir de 2014, on devrait commencer à observer une diminution des entrées en flotte". Une incertitude persiste cependant : "La poursuite de la baisse des prix des navires qui pourrait inciter les compagnies maritimes à reprendre une stratégie d’investissement". La balle est cette fois dans le camp des chantiers navals qui réagissent face à la réduction de leurs profits, à l’image du chantier chinois GSI ou du coréen Hyundai qui ont vu leur rentabilité fondre au premier semestre… malgré la résistance de certains segments comme ceux du transport de GNL (gaz naturel liquéfié) et des navires de services offshore.

Érick Demangeon

Vendredi 14 Septembre 2012



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