Sycaff - TLF Overseas : "CIN" et "SOP", pivots de l’e-freight en France


Syndicat des compagnies aériennes de fret, le Sycaff et TLF Overseas encouragent handlers, gestionnaires d’entrepôts (GHA) et commissionnaires à se lancer dans l’e-freight. Avec le Cargo Information Network (CIN), le Standard Operating Procedure (SOP) vise à harmoniser ces échanges dématérialisés entre tous les acteurs du fret aérien à Roissy-CDG, douanes incluses.


En 2015, le CIN a couvert plus de 90 % des expéditions aériennes en France métropolitaine © Boeing
En 2015, le CIN a couvert plus de 90 % des expéditions aériennes en France métropolitaine © Boeing
Lancé en 2007 par Iata, le programme e-freight vise à fédérer les acteurs du fret aérien autour d’un objectif : concevoir et exploiter un système de transmission de données électroniques au moyen de messages normés pour réduire l’usage de documents papier. Un enjeu de réduction de coûts pour toute la filière par la simplification des process dans le respect des règles de sûreté, des gains de temps et en fiabilité. Un challenge de taille puisqu’une expédition cargo non dématérialisée est à l’origine d’une trentaine de documents papier ! Dans cette démarche internationale, Roissy-CDG est pionnier et mise sur la plateforme collaborative Cargo Information Network (CIN) pour conforter ses positions. "En 2015, le CIN a couvert plus de 90 % des expéditions aériennes de et vers un aéroport métropolitain", déclare Jean-François Bouilhaguet, directeur général de CIN France*. En février, la plateforme a traité de façon automatique plus de 104.000 MRN (Mouvement Reference Number) dans le cadre de l’Export Control System (ECS). Sur ce volume, 99,8 % ont reçu un statut de sortie définitive. "100 % des transactions sont traitées sans anomalies techniques. Le CIN garantit la fiabilité des opérations tout en maintenant une rapidité d’exécution dans un environnement réglementaire de plus en plus sécurisé et complexe".

Suivi dématérialisé des marchandises

Dans la perspective du Code des douanes de l’Union (CDU) au 1er mai 2016 et pour respecter le règlement 2015/1998 fixant la mise en œuvre de procédures sûreté normées depuis novembre 2015, l’e-freight est présenté comme le moyen pour le fret aérien de relever le défi des échanges 100 % dématérialisés. Ce rôle suppose de maîtriser (et de centraliser) les informations sur la nature des marchandises dans chaque colis, mais aussi sa localisation précise sur l’aéroport pour l’intercepter en cas de refus de chargement, sans pénaliser le process global de préparation et de mise à bord du vol. Tel est l’un des buts du portail "métier" du CIN. "Il permet à chaque adhérent de suivre le déroulement des opérations et des transactions avec la douane au travers d’écrans comme le Suivi dématérialisé des marchandises (SDM)", souligne Jean-François Bouilhaguet. Avec la dématérialisation du certificat de sécurité (e-CSD), le "SDM" vise à suivre de la comptabilité matière des marchandises en entrées/sorties ainsi qu’en transit dans les entrepôts-magasins.

De la coupe aux lèvres

Sauf que sur le terrain, comme l’a montré le forum du 8 mars, l’e-freight se limite aujourd’hui à la seule dématérialisation de la LTA, l’e-AWB. Poussée par les compagnies aériennes selon des règles définies par Iata, l’e-AWB s’applique dans leurs relations avec les GHA et les commissionnaires. De façon timide avec les premiers toutefois puisque WFS France reconnaît que sur 29.000 LTA export par mois, le taux de pénétration est de 5 %, et de 3 % sur 27.000 LTA import.

"À Roissy CDG, le taux de pénétration de l’e-AWB est de 38,2 %"

Jean-François Bouilhaguet, directeur général de CIN France
Jean-François Bouilhaguet, directeur général de CIN France

Le manque d’harmonisation entre compagnies et l’absence de procédures normées entre GHA et commissionnaires sont évoqués pour expliquer ce faible score. Tous les transporteurs aériens ne sont en outre pas engagés dans l’e-AWB obligeant les autres opérateurs à conserver plusieurs traitements. Selon Iata, 36,4 % des LTA mondiales sont réalisées au moyen d’une e-AWB et, à Roissy CDG, ce taux serait de 38,2 %.
Entre compagnie aérienne et commissionnaire, sa mise en œuvre suppose la conclusion d’un "Multilatéral e-AWB Agreement", où le commissionnaire liste ses agences engagées dans la démarche et accepte la procédure ("single process") de la compagnie. Validé par Iata, cet accord est suivi de tests sur la qualité des messages. Le lancement de l’e-AWB est enfin possible dès l’envoi par la compagnie d’une "Activitation Notice", qui officialise le contrat entre les deux parties et les conditions d’échange des e-AWB.

Création d’un "SOP"

Pour résoudre ces freins et accompagner le déploiement de l’e-freight à Roissy-CDG, le Sycff, TLF Overseas et les GHA ont rédigé un guide pratique. Ce "Standard Operating Procedure" (SOP) précise le rôle de chacun et les démarches, reconnues par tous, à suivre.

* Constituée de Cargonaut, Traxon Europe (groupe Champ Cargosystems) et de CCS France composée d’Air France Cargo, Aéroports de Paris, TLF Overseas et du Sycaff

Érick Demangeon

Mardi 22 Mars 2016



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