TGV Rhin-Rhône : un aboutissement et des questions


Entré en service dimanche, le TGV Rhin-Rhône marque l’aboutissement de vingt ans de lobbying pour imposer la première liaison de province à province. Il vise 11 millions de voyageurs par an. Ses défenseurs ont encore du pain sur la planche pour achever la branche Est et réaliser la branche Sud, de plus en plus concurrencée par le projet POCL (Paris-Orléans-Clermont Ferrand-Lyon).


© RFF/PHOTO LAB SERVICES/ÉRIC LAURENT
© RFF/PHOTO LAB SERVICES/ÉRIC LAURENT
Sans l’abnégation de quelques élus locaux de poids, au premier rang desquels se trouvent le Belfortain Jean-Pierre Chevènement et le Mulhousien Jean-Marie Bockel, le TGV Rhin-Rhône n’aurait sans doute pas vu le jour. L’idée a surgi à la fin des années 80. La caractéristique de ce TGV a longtemps sonné comme une incongruité aux oreilles jacobines : il serait le premier à ne pas passer par Paris. Une vision européenne change tout, cependant, puisque les 425 km de lignes entre Mulhouse, Dijon et Lyon forment un maillon essentiel d’une liaison entre Marseille et Francfort. L’Union européenne a d’ailleurs rapidement inscrit cette LGV dans son «projet prioritaire» 24, sur le corridor de fret Lyon-Anvers-Rotterdam.

"Priorité au corridor de fret Lyon-Anvers-Rotterdam"


Pour imposer ce projet, les collectivités des régions traversées d’Alsace, Bourgogne et Franche-Comté ont dû mettre la main à la poche de façon conséquente : elles apportent 650 millions d'euros sur l’investissement de 2,3 milliards nécessaire à la construction des 140 km qui sont entrés en service ce 11 décembre. Ce tronçon entre Dijon et Belfort ne constitue toutefois que la première tranche de la première des trois branches. La deuxième tranche de la branche Est reste à financer. Il faut réunir environ 1 milliard d’euros pour les 35 km entre Belfort et Mulhouse et 15 km au-delà de Dijon. Chacun se raccroche à l’engagement encore récent de Nicolas Sarkozy de lancer les travaux en 2014, mais le tour de table financier tarde toujours.

POCL : un sérieux concurrent

La branche Sud vers Lyon situe sa concrétisation à un horizon plus lointain encore, or la donne change pour elle. Le récent lancement du débat public du POCL (Paris-Orléans-Clermont Ferrand-Lyon) signifie l’émergence d’un concurrent sérieux, malgré son coût largement supérieur à 10 milliards d’euros. Conçu pour délester la LGV historique Paris-Lyon, le POCL est prompt à fédérer de nouveaux partisans, y compris les territoires bourguignons les plus à l’ouest qui y trouveraient un intérêt au moins égal au Rhin-Rhône.
Ces points préoccupent Thierry Zettel, âme du TGV Rhin-Rhône depuis son origine… jusqu’à l’orée de l’inauguration. Il a été débarqué au bout de 22 ans de son poste de secrétaire général de l’Association TGV Rhin-Rhône de lobbying en faveur du projet. Son courrier d’au-revoir lui donne l’occasion d’appeler à la vigilance. «Pour les branches Ouest et Sud, l’heure des remises en cause va sonner à l’automne 2012 avec le réexamen de leur cahier des charges»… et le risque de se faire doubler par d’autres projets. Leur coût est conséquent : respectivement 2,3 et 3,5 milliards d’euros. Quant au tronçon Belfort-Mulhouse, Thierry Zettel en dévoile un dernier argument : sans lui et sans la branche Ouest, le temps de parcours vers Paris au départ de Mulhouse (2 h 40) restera supérieur à celui du TGV Est doté de sa seconde phase en 2016. Ce qui risque de priver le Rhin-Rhône de sa clientèle haut-rhinoise.

Christian Robischon

Lundi 12 Décembre 2011





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