«TK Bremen» : les experts penchent pour la déconstruction


Remorquage ou déconstruction ? S'ils penchent pour la seconde option, les experts et la préfecture maritime de l'Atlantique attendent encore la fin du pompage du carburant dans les réservoirs du «TK Bremen», le cargo maltais échoué sur une plage bretonne depuis vendredi, pour décider de son sort.


«TK Bremen» : les experts penchent pour la déconstruction
Dans la nuit du 15 au 16 décembre, le «TK Bremen», navire conventionnel de 109 m, s'est échoué sur la plage classée de Kerminihy près de la ria d'Etel, entre Quiberon et Lorient, avec 190 tonnes de carburant dans ses cuves, dont plusieurs dizaines se sont déversées dans la mer. Entre remorquage et déconstruction, l'état de la coque du navire, qui s'est échoué lors de la tempête Joachim, est décisif pour le choix de l'option qui sera retenue. En effet, le remorquage de l'épave ne sera réalisable que, si la coque du navire est "intègre", a expliqué le porte-parole de la préfecture maritime de l'Atlantique, Marc Gander. Or, "des trous et des fissures énormes" y ont été repérées, a-t-il précisé, en ajoutant que, "vraisemblablement, le navire va être déconstruit". Cependant, les experts attendent "la fin des opérations de pompage pour faire un bilan", évaluer à nouveau "l'état de la coque et de la structure du bateau" et déterminer définitivement s'il "est capable d'être remorqué" ou non, a-t-il souligné.
Dimanche, la ministre de l’Écologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, a déclaré que, selon les architectes navals, la structure du navire était "probablement trop abîmée" pour la déséchouer. "On risque de devoir le déconstruire sur place", ce qui "prend du temps", a-t-elle ajouté. Concernant la durée des opérations de pompage, elle n'est pas déterminée. "On ne sait pas, tant qu'il y a des choses à pomper, on pompe", a affirmé M. Gander. Il s'agit d'"un chantier pas normal : il faut se rendre compte que le bateau se trouve au milieu de la mer à mi-marée, tapé par les vagues", a-t-il souligné.

Un chantier énorme

La décision concernant l'avenir de l'épave sera prise par la préfecture maritime et la préfecture terrestre, à partir des propositions élaborées par les experts. Si la déconstruction de ce navire de 109 m de long l'emporte, "ce sera un chantier énorme et qui demandera des moyens considérables", a précisé Marc Gander, en rappelant que le dernier chantier de ce type, celui du "«Rokia Delmas» (185 m) avait pris un an". Ce porte-conteneurs, battant pavillon panaméen, s'était échoué le 24 octobre 2006 au large de l'île de Ré en raison d'une avarie moteur et de vents violents.

"Vraisemblablement, le navire va être déconstruit"



La perspective de l'ouverture d'un chantier de déconstruction à Erdeven, sur un site classé Natura 2000 et proche des exploitations conchylicoles de la ria d'Etel, elle aussi classée, inquiète des associations de protection de l'environnement. L'opération "impliquerait de nombreux aménagements logistiques, regroupement et stockages de matières dangereuses et trafics de matériaux", affirme ainsi l'association Robin des Bois, qui craint également un "piétinement et une perturbation de l'estran".
En 2008, le cargo néerlandais «Artemis» (88 m) échoué dix jours sur la plage des Sables-d'Olonne, en Vendée, avait finalement été remorqué après que l'option de la déconstruction eut un temps été envisagée. Plusieurs tentatives de remise à la mer avaient échoué avant que le navire ne puisse reprendre la mer.
D'autre part, Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré réfléchir à une extension des pouvoirs des capitaineries pour leur permettre d'interdire la sortie en mer d'un navire sur un motif météorologique. Actuellement, "la capitainerie du port peut interdire la sortie d'un navire sur deux motifs : soit s'il n'a pas fait toutes ses opérations administratives, soit si son état fait porter un risque pour son équipage et l'environnement. Ce n'était pas le cas", a-t-elle rappelé.
En outre, traumatisée par la marée noire de l'«Erika» en 1999, la Région Bretagne a annoncé dimanche le dépôt d'une plainte après l'échouement du navire. "Il y a douze ans, presque jour pour jour, le 12 décembre 1999, l'"Erika" sombrait au large de la Bretagne ses cuves chargées de fuel lourd. Alors que cette tragédie est encore dans la tête de tous les Bretons, le cauchemar se reproduit", a souligné le président de Région, Jean-Yves Le Drian.

Anne Meyer

Lundi 19 Décembre 2011





     

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