Tensions en mer de Chine méridionale



Les ouvrages chinois, qualifiés de "grande muraille de sable", sont situés dans l'archipel des Spratleys © CSIS
Les ouvrages chinois, qualifiés de "grande muraille de sable", sont situés dans l'archipel des Spratleys © CSIS
Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, s'est heurté samedi 16 mai à un refus cinglant de Pékin de prendre en compte les mises en garde de Washington sur les activités chinoises en mer de Chine méridionale, sources de tensions croissantes avec ses voisins. À Pékin, John Kerry s'est entretenu avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, à qui il comptait faire part de la vive hostilité de Washington envers la construction par l'armée chinoise d'îlots artificiels en mer de Chine méridionale. "Je veux réaffirmer ici que la détermination de la partie chinoise à protéger sa souveraineté et son intégrité territoriale est aussi ferme qu'un roc et qu'elle est inébranlable", a déclaré Wang Yi à l'issue de l'entretien. Le Pentagone envisage l'envoi de navires de guerre et d'avions de surveillance dans la zone des 12 milles (22 km) pour assurer "la liberté de navigation" autour de ces îlots artificiels, dont la Chine a accéléré la construction depuis un an. La zone des 12 milles est celle internationalement reconnue autour d'îles naturelles, mais ne s'applique pas, selon Washington, aux îles artificiellement créées. "J'ai pressé la Chine, à travers Wang Yi, de prendre des mesures de concert avec tout le monde pour réduire les tensions et accroître les chances d'une solution diplomatique", a déclaré pour sa part John Kerry. Soulignant que Washington était "inquiet du rythme et de l'étendue" des travaux chinois, il a appelé à une "diplomatie intelligente" plutôt qu'à "des avant-postes et des pistes d'aviation".

"Grande muraille de sable"

Les ouvrages chinois, parfois qualifiés de "grande muraille de sable", sont situés dans l'archipel des Spratleys, revendiqué pour tout ou partie à la fois par la Chine, le Vietnam, les Philippines, Brunei, Taïwan et la Malaisie. La Chine, elle, affirme sa souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, soulevant inquiétudes et tensions diplomatiques avec ses voisins. Le tracé de ces frontières maritimes chinoise, qui date des années 40, borde souvent les côtes de ses voisins. La semaine dernière, le Pentagone a publié des photos satellites montrant que la Chine s'emploie à remblayer des récifs coralliens qu’elle transforme en ports et autres installations, dont une longue piste d'atterrissage en cours. Grâce à ces conquêtes sur la mer, les surfaces utilisables sont passées en un an de 200 à 800 hectares.
Si les préparatifs du Pentagone recevaient l'approbation du président Barack Obama - qui doit recevoir à la rentrée son homologue chinois, Xi Jinping, pour une visite d'État, autre objet des entretiens de John Kerry - l'entrée des navires de la VIIe flotte américaine du Pacifique dans ce que Pékin considère comme ses eaux territoriales serait susceptible de créer une grave crise entre les deux géants économiques, de surcroît dans une artère maritime et commerciale stratégique, selon les analystes.
"Nous devons maintenir l'impulsion donnée au développement des relations militaires" entre les deux pays, a encore déclaré le ministre chinois, soulignant en particulier la nécessité des "notifications d'activités militaires majeures" entre eux et celle d'un "accord rapide" sur un code de conduite entre les deux armées de l'air. Pilotes et marins des deux pays ont déjà frisé l'incident à plusieurs reprises dans la zone contestée.

Liberté de navigation

Selon l'entourage du secrétaire d'État, John Kerry entend convaincre ses interlocuteurs, dont le président Xi Jinping, "des conséquences très négatives pour l'image de la Chine, pour ses relations avec ses voisins, la stabilité régionale et potentiellement, pour les relations Chine-États-Unis" de ces activités. John Kerry "ne laissera aucun doute à ses interlocuteurs chinois sur la détermination des États-Unis à maintenir la liberté de navigation", a souligné un responsable de son entourage. Le responsable américain devait rencontrer également samedi le numéro deux de la puissante Commission militaire centrale (CMC) du Parti communiste chinois (PCC), le général Fan Changlong. La CMC, présidée par Xi Jinping, a la haute main sur l'Armée populaire de libération (APL). Pékin a accusé Washington d'"hypocrisie à peine voilée", selon un récent commentaire de l'agence officielle Chine nouvelle. "Washington n'est aucunement fondé à pointer un doigt accusateur sur Pékin", car il ne s'agit que d'"un prétexte pour maintenir sa présence hégémonique dans la région", selon l'agence officielle.

Patrick Lescot

Mardi 19 Mai 2015



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