Total va racheter Maersk Oil pour 7,45 milliards de dollars


Total va racheter la société d'exploration-production pétrolière danoise Maersk Oil pour 7,45 milliards de dollars, une opération majeure qui va lui permettre de se renforcer en mer du Nord.


"Des activités internationales très complémentaires entre Total et Maersk Oil" © Maersk Oil
"Des activités internationales très complémentaires entre Total et Maersk Oil" © Maersk Oil
Total a annoncé lundi 21 août le rachat de Maersk Oil pour 7,45 milliards de dollars. "L'intégration des activités de Maersk Oil fera de Total le deuxième opérateur en mer du Nord, bénéficiant de positions majeures au Royaume-Uni, en Norvège et au Danemark", a souligné Patrick Pouyanné, président-directeur général de Total, lundi 21 août. Le groupe français, déjà présent dans la région depuis les années 60, va en effet y devenir le deuxième opérateur derrière le norvégien Statoil avec plus de 500.000 barils de pétrole par jour.
La mer du Nord représente 80 % des activités de Maersk Oil, qui dispose d'une solide compétence technique dans cette zone. Ses autres activités internationales (golfe du Mexique aux États-Unis, Algérie, Afrique de l'Est, Kazakhstan et Angola) sont aussi jugées très complémentaires par Total.
Le rachat, en actions et en dette, se fera auprès du groupe danois AP Møller-Mærsk, qui cherche à se recentrer sur le transport et la logistique en se débarrassant de ses actifs dans l'énergie. Les conseils d'administration des deux entreprises ont approuvé l'opération. Dans le détail, Total apportera 4,95 milliards de dollars de ses propres actions à AP Møller-Mærsk et reprendra à son compte 2,5 milliards de dollars de dette de Maersk Oil, soit une transaction à 7,45 milliards de dollars (6,3 milliards d'euros). AP Møller-Mærsk recevra ainsi des actions représentant environ 3,75 % du capital de Total, qui a par ailleurs proposé un siège à son conseil d'administration à la holding qui contrôle la société danoise.

"La finalisation de la transaction est attendue au premier trimestre 2018"


La présidente d'AP Moller-Maersk a parlé d'une décision "difficile" à prendre, mais "juste". "AP Moller-Mærsk a trouvé un propriétaire dévoué de l'industrie avec un intérêt sincère de développer et d'investir dans les actifs et les capacités créées dans le cadre de Maersk Oil, tout en préservant le patrimoine de la principale compagnie pétrolière du Danemark", a réagi Ane Maersk Mc-Kinney Uggla.
La finalisation est attendue au premier trimestre 2018. Total en espère des synergies supérieures à 400 millions de dollars par an avec un effet positif immédiat sur le résultat net par action et le cash flow (flux de trésorerie) par action. La Bourse de Paris a réagi avec prudence dans un premier temps : l'action Total perdait 0,63 % à 42,38 euros lundi matin, dans un marché en recul de 0,54 %. À la Bourse de Copenhague, l'action Maersk prenait près de 4 %.
C'est en pleine déprime des cours du pétrole, qui stagnent autour de 50 dollars le baril, que Total s'est lancé dans sa plus grosse acquisition depuis l'absorption d'Elf au début des années 2000. Le groupe a adopté un programme d'économies pour faire face à cette faiblesse des cours qui dure depuis trois ans, mais avait prévenu récemment qu'il était prêt à des acquisitions.

Une stratégie "contracyclique"

"Je suis convaincu que la bonne stratégie d'un groupe pétrolier est d'être contracyclique", a expliqué Patrick Pouyanné. Il s'agit de lancer des projets et d'acheter des actifs quand leurs prix sont bas afin d'en profiter ensuite lorsque les cours remontent. Pour Total, bien implanté au Moyen-Orient et en Afrique, c'est aussi une façon de limiter les risques après d'autres opérations plus osées, comme l'accord gazier signé avec l'Iran début juillet. "C'est une acquisition qui nous permet de rééquilibrer le risque géopolitique de notre portefeuille", a souligné Patrick Pouyanné.
Total a désormais l'intention de faire du Danemark l'un de ses deux grands centres (avec Aberdeen, en Écosse) pour superviser son activité d'exploration-production en mer du Nord. En termes d'intégration des équipes, Total veut s'inspirer de ce qui avait été réalisé dans les activités de raffinage-chimie avec l'absorption de PetroFina en Belgique à la fin des années 1990.

Julien Mivielle

Lundi 21 Août 2017



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