Transdev échoue à reprendre le pouvoir à la SNCM


L'actionnaire principal de la SNCM, Transdev, débouté vendredi 18 avril par la justice après un premier revers au sein du conseil de surveillance, a échoué la semaine dernière à reprendre le contrôle de la compagnie maritime marseillaise, dont il désapprouve la stratégie.


© SNCM
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"C'est un échec de plus pour Transdev dans le cadre de sa tentative de déstabilisation de la SNCM", s'est félicité Me Sébastien Mabile, un des avocats de l'opérateur historique des lignes Corse-continent. Même satisfaction du côté de la CFE-CGC qui a salué cette "victoire dans la bataille contre l'actionnariat sortant défaillant et hostile". "Prêts à financer des procédures multiples contre la filiale au lieu de défendre les droits de la SNCM, le PDG de Transdev et son secrétaire général sont battus en début comme en fin de semaine", ironise le syndicat.
Faute d'avoir réussi à s'imposer lors du conseil de lundi 14 avril, Transdev avait saisi en référé le tribunal de commerce de Marseille pour demander la désignation d'un mandataire aux fins de convoquer une assemblée générale pour révoquer le président du conseil de surveillance, Gérard Couturier. Motif avancé : "Revenir à une situation de gouvernance normale". Car celui-ci, qui siège parmi les représentants de Transdev, est de fait un allié objectif de la direction actuelle. Le groupe de transport (66 % du capital de la SNCM, 7 sièges) souhaitait ainsi reprendre la main au sein du conseil, où il peut aujourd'hui être mis en minorité par les représentants des employés et des actionnaires salariés (9 %, 4 sièges) et l'État (25 %, 3 sièges).

"Mise en œuvre d'un nouvel actionnariat"


Mais le tribunal ne lui a pas donné gain de cause, considérant que "la société SNCM fonctionne dans le respect des règles statutaires", et "qu'il y a donc lieu de débouter" Transdev "de toutes ses demandes". Le requérant, argue-t-il, "n'établit pas la réalité d'un blocage des organes de gestion, pas plus qu'il ne justifie d'un trouble ou d'un préjudice" à "faire cesser sans délai". En outre, l'actionnaire majoritaire aura la possibilité d'"exprimer son point de vue" au cours de "l'assemblée générale ordinaire qui doit se tenir au plus tard le 30 juin 2014". Si, toutefois, Transdev voyait de nouveau ses résolutions rejetées ou si "l'assemblée à venir ne se tenait pas dans les délais annoncés", cela serait "à terme constitutif d'un dysfonctionnement majeur de la gouvernance normale", prévient le tribunal.
Le groupe, filiale de la Caisse des dépôts et de Veolia Environnement, a "regretté" cette décision. "Le tribunal laisse perdurer une situation qui dure depuis des mois, où les décisions concernant la SNCM sont prises contre la position de Transdev", déplore-t-il, annonçant, sans plus de précisions, une réunion de son conseil d'administration "dans les meilleurs délais" pour en "tirer les conséquences".
La direction, emmenée par le président du directoire, Marc Dufour, est en effet engagée dans un bras de fer avec son actionnaire principal. Principal désaccord, le plan de redressement de la compagnie, qui prévoit la suppression d'environ 500 postes (sur 2.600), l'augmentation du temps de travail et le remplacement de quatre navires par des bateaux plus performants. Hostile à ce projet, l'actionnaire assure ne "pas avoir les moyens de financer" une compagnie aux difficultés chroniques, sous le coup d'une condamnation de Bruxelles à rembourser 440 millions d'euros d'aides publiques, "une menace létale", lançait encore récemment son PDG, Jean-Marc Janaillac.
Face à la volonté de désengagement de Transdev, "prêt à céder sa participation pour un prix symbolique", la SNCM appelle, par la voix de ses avocats, "l'État actionnaire et puissance publique" à "user de tout son poids" et à "ouvrir dès maintenant les discussions avec le groupe norvégien Siem intéressé par la reprise". Dans le même sens, la municipalité de Marseille souhaite que l'État "sorte de son indécision" et "statue sur la mise en œuvre d'un nouvel actionnariat".

Prochain rendez-vous le 28 avril

Prochain rendez-vous dans ce dossier aux multiples rebondissements, le conseil de surveillance du 28 avril devrait se pencher sur le financement des navires qui, s'il est validé, signera encore un peu plus la perte de pouvoir de Transdev.

Anne Béade

Mardi 22 Avril 2014



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