Transport routier : des motifs de satisfaction... et d'inquiétude


Outre la dispersion des performances financières, la dégradation des marges semble interrompue dans le transport routier sous pavillon national selon la Banque de France. Maîtrise des charges, baisse du gasoil, effet du CICE contribuent à ce résultat tout comme le niveau faible des investissements au risque d'accroître le vieillissement des parcs. La situation des entreprises les plus fragiles est en nette progression.


© Iveco
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En ligne avec un récent sondage de conjoncture réalisé par le cabinet BP2R, la dernière étude de la Banque de France révèle que la dégradation des performances, constatée ces dernières années, est interrompue dans le transport routier de marchandises. "Il semblerait que les transporteurs routiers français aient réussi à s'adapter à la nouvelle donne économique en rationalisant efficacement leurs coûts" selon BP2R et ce, malgré la persistance "de la surcapacité du marché". Sans parler de redressement comme en témoigne la stabilité du chiffre d'affaires et des effectifs, deux éléments semblent expliquer cette éclaircie : la diminution du coût du gasoil, qui représente entre 20 à 25 % du coût de revient d'un transport routier, et la meilleure maîtrise des charges et frais généraux. S'ajoute sans pouvoir le quantifier avec précision, l'effet du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) dans une filière consommatrice de main-d'œuvre. Bien qu'inférieur au niveau d'avant-crise, son impact est toutefois perceptible au travers de la légère amélioration de l'excédent brut d'exploitation (+ 0,2 point) avance la Banque de France.

Perte continue de compétitivité

Confirmé cette année par la nouvelle baisse de 13,2 % des immatriculations de poids lourds neufs de plus de cinq tonnes, l'investissement est un autre facteur du maintien de la rentabilité des transporteurs. Un levier à double tranchant toutefois puisque au niveau actuel, "il ne permet pas de rajeunir un parc qui est vieillissant", alerte l'établissement bancaire. La recherche de marges s'accompagne en outre d'une progression de la sous-traitance. Tendance constante depuis 2008, elle s'élève jusqu'à 26 % du chiffre d'affaires chez les transporteurs de plus de 50 salariés contre 10 % environ dans les entreprises à la tête d'un effectif inférieur.

"36 % des transporteurs déclarent un résultat courant avant impôt négatif"


Point incontestablement positif du suivi réalisé par l'organisme financier, "la valeur ajoutée par salarié se redresse et dépasse son niveau d'avant-crise". Une satisfaction de courte durée cependant puisque "elle ne s'est pas redressée dans les mêmes proportions que la progression des charges de personnel" qui alimentent la perte de compétitivité du pavillon français.

Acteurs fragiles

À l'examen du résultat net, l'extrême dispersion des performances des entreprises du secteur étonne. "Cela souligne qu'il y a certainement des formules gagnantes mais qu'il y a aussi un volume d'entreprises qui peinent à les trouver". Selon la Banque de France, plus d'un tiers des transporteurs accusent une perte courante avant impôt contre un taux national de 22 %. Quant aux trésoreries, elles affichent un niveau moyen correct de trente jours. Dans le détail, la moitié des entreprises dispose en revanche d'une trésorerie inférieure à vingt et un jours, et "seulement un quart ont des facilités à court terme". Ce constat laisse à penser "qu'en termes de flexibilité financière, c'est-à-dire de capacité à faire face à un choc interne ou externe, la situation peut être compliquée"...


Érick Demangeon

Mardi 6 Janvier 2015



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