Trois offres de reprise de la SNCM présentées aux salariés


Trois des quatre repreneurs potentiels de la compagnie maritime en difficulté, la SNCM, ont présenté mardi 8 septembre leurs offres aux représentants des salariés, le quatrième, l'ancien président du port de Marseille, n'étant pas venu.


Le tribunal de commerce de Marseille examinera les offres de reprise de la SNCM le 25 septembre © Franck André
Le tribunal de commerce de Marseille examinera les offres de reprise de la SNCM le 25 septembre © Franck André
Mercredi 9 septembre, ces offres doivent être dévoilées à l'ensemble du personnel de la compagnie historique, qui assure notamment les liaisons maritimes entre la Corse et le continent.
"Ça c'est bien passé", a lâché Daniel Berrebi, l'armateur français de Baja Ferries, qui le premier a présenté une offre de reprise pour les lignes en direction du Maghreb, son "marché naturel", conjointement à une offre de Stef (40 %), UNimed (40 %) et des transporteurs corses (20 %) portant sur les liaisons Corse-continent. De son côté, Jean-François Mahe, "le futur directeur de la société" qui dans le cadre de l'offre conjointe reprendrait la desserte Corse, assure que ce découpage s'est fait "sur l'analyse qu'il fallait se concentrer chacun sur les marchés que nous maîtrisons le mieux" ce qui permettra de maintenir "plus d'emplois et plus de perspectives de développement". Pour Jean-François Mahe, le point fort de l'offre Stef-Baja Ferries est que leur "dossier est entièrement financé" pour un montant total d'investissements de 50 millions d'euros pour la partie Corse et 30 millions pour le Maghreb.
La deuxième offre, celle du groupe corse Rocca (transports routiers, immobilier et traitement des déchets), a été dévoilée en début d’après-midi aux salariés élus avant celle du consortium Corsica maritima (CM) monté par 77 entreprises insulaires qui représentent environ 60 % du fret transporté entre l'île et le continent.
Début septembre, quatre offres ont été déposées devant le tribunal de commerce de Marseille, qui les examinera lors d'une audience le 25 septembre. Le 10 juin, ce même tribunal avait rejeté trois projets, lors d'un premier tour de table, avant de relancer les appels d'offre. Lundi 7 septembre, l'ensemble de ces nouveaux projets de reprise avaient été présentés à la Commission européenne en présence des administrateurs judiciaires en charge de la compagnie en redressement judiciaire depuis novembre 2014. "Tous les repreneurs ont envisagé les conditions de la «discontinuité»", a indiqué Pierre Sallenave, l'un des cadres de Baja Ferries, en sortant mardi 8 septembre du siège de la SNCM à Marseille. La "discontinuité économique" entre la SNCM et la future société est la condition posée par les autorités européennes afin d'effacer les 400 millions d'euros réclamés au titre d'aides jugées indûment perçues. "La commission a posé des questions sur l'organisation du projet Stef", a-t-il ajouté, précisant que "la nouvelle entité autour de Stef sera une société qui n'aura aucun lien par rapport à la compagnie Méridionale (CMN dont Stef est actionnaire, NDLR)".
Mardi 8 septembre, les organisations syndicales sont restées discrètes avant d'avoir parlé aux salariés. Seule la CFE-CGC a évoqué "des présentations très différentes". L'offre de "Stef et Baja découpe la société en quatre entités, trois sociétés pour la partie Corse - le transport avec quatre navires, l'agence de réservation et la réparation navale - et une quatrième sur le Maghreb sans synergie sur la gestion du personnel", déplore le représentant du syndicat de l'encadrement, Maurice Perrin. Ce dernier indique également que l'offre de Patrick Rocca est radicalement différente de sa première version : "Maintenant il présente un business plan qui s'appuie sur la délégation de service public et c'est le plus haut au niveau de la reprise du personnel (830 salariés, NDLR) et il conserverait l'activité sur le Maghreb", détaille Maurice Perrin.
Enfin, le représentant syndical doute du business plan présenté par François Padrona, pour le compte de Corsica Maritima, estimant qu'il "n'est pas sérieux d'envisager comme il le fait une desserte à l'année sans les subventions (DSP) pour les mois les plus creux". Selon une source proche du dossier, ces doutes sont partagés par les administrateurs judiciaires qui auraient estimé qu'"aucune des offres n'était satisfaisante, émettant des questions notamment sur les aspects juridiques des offres et sur les business plans".

AFP

Mercredi 9 Septembre 2015



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