UPR : "Avec Le Havre, ensemble on va gagner"


L’Union portuaire rouennaise (UPR), fédération patronale regroupant les entreprises actives sur le Grand port maritime de Rouen (GPMR), s’estime insuffisamment soutenue par le monde politique. Ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est davantage c’est que son président, Philippe Dehays, prône la complémentarité avec le port du Havre.


Rouen accueille de plus en plus de gros bateaux de plus de 200 mètres © Éric Houri
Rouen accueille de plus en plus de gros bateaux de plus de 200 mètres © Éric Houri
Les membres de l’UPR ont participé le 11 septembre au conseil de développement du port qu’ils boycottaient depuis avril 2014. La hache de guerre avec les élus est-elle enterrée ?
Il s’agissait d’une étape nécessaire à la validation du projet stratégique du port. Le maire de Rouen, Yvon Robert, a accepté la présidence de l’instance mais il s’agit d’un intérim, le poste étant classiquement occupé par un représentant du monde économique. Le président précédent, démissionnaire, était Jean-Philippe Laillé, directeur de Rubis Terminal. La politique de la chaise vide n’est pas satisfaisante mais c’est notre comité directeur qui tranchera le 19 octobre sur la poursuite ou non du boycott. Nous continuons de déplorer l’absence de soutien de la part des élus au monde économique, et portuaire en particulier. On ne sent pas de soutien politique derrière le port comme c’est le cas à Marseille, au Havre ou à Dunkerque par exemple. Rien n’est réglé. Pour preuve, nous attendons toujours la réponse à un courrier adressé au maire en date du 9 juin. Or, les relations avec les décideurs, c’est précisément le boulot d’une fédération comme l’UPR. Nous ne sommes pas entendus.

Philippe Dehays, président de l’UPR © Haropa
Philippe Dehays, président de l’UPR © Haropa
À l’heure où nous parlons, Schenker quitte ses entrepôts rouennais. Quel commentaire ?
Un opérateur disparaît. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour Rouen ni les trafics du port. Ce départ trouve peut-être son origine dans les coûts du foncier. Depuis plusieurs mois, nous réclamons une étude sur le sujet. Nous avons trouvé un accord pour financer avec le Grand Port maritime et la Métropole un audit sur le prix des terrains tout au long de l’axe Seine, sur la fiscalité applicable et appliquée pour les entrepôts. Le choix du prestataire est à l’instruction. Les résultats de cette étude, soit un état des lieux et un comparatif, devraient être disponibles fin janvier.

Oublions cette mauvaise nouvelle. Quelles sont les bonnes pour le port depuis le début de l’année ?
Heureusement, il y en a plusieurs, à commencer par la pérennisation du service Dunkrus de CMA CGM. Ce service, auparavant saisonnier et basé sur les importations d’agrumes, est désormais hebdomadaire et touche Rouen chaque fin de semaine avec succès. Il permet le départ de 330 conteneurs en moyenne vers Tanger et ensuite vers l’Afrique de l’Ouest. Nous réfléchissons avec l’armateur pour que ces navires puissent charger des conteneurs d’import en provenance de Chine ou d’Inde, ce qui permettrait par le repositionnement des boîtes vides de créer du business pour Rouen. Ce développement de l’import manque à Rouen. Parmi les bonnes nouvelles, on peut citer également le développement de Surveyfert, un opérateur qui travaille le vrac. Il vient de construire un hangar au terminal QPC et prévoit des extensions. Dans le même ordre d’idées, Sea-Invest vient de réceptionner son premier navire de pellets à son terminal de Grand-Couronne et table pour ce trafic émergent de biomasse sur 150.000 tonnes annuelles.

"Avec les miettes de Port 2000, tout le monde aurait à manger"


D’autres satisfactions ?
Au plan nautique, on ne souligne pas suffisamment que Rouen accueille de plus en plus de gros navires de plus de 200 mètres. Ce qui conforte la stratégie d’approfondissement du chenal. À ce sujet, la zone d’évitage d’Hautot constitue un vrai plus en faisant gagner plusieurs heures aux armements d’où un gain de compétitivité pour le port. Côté privé, Technip achève les travaux sur son appontement du Trait, avec allongement du linéaire de quai, renforcement des terre-pleins et souilles approfondies. En toute discrétion, ce géant industriel y reçoit plus de 100 navires par an et son terminal est occupé deux jours sur trois.

Quels dossiers l’UPR suit-elle avec une attention particulière ?
J’en vois deux, parce qu’ils sont synonymes de nouveaux trafics et donc d’emplois. Nous attendons que le groupe industriel thaïlandais Double A valide son projet d’importations de copeaux pour alimenter son usine de pâte à papier d’Alizay. Nous attendons également que Valgo précise ses intentions dans le domaine de la logistique pour la reconversion du site de la raffinerie Petroplus.

Du côté de vos adhérents manutentionnaires, quelle est l’actualité ?
Des craintes principalement, liées au rapport Bonny et au projet de loi, actuellement en discussions au Sénat, qui pourrait en découler. C’est quand même hallucinant de voire qu’au XXIe siècle, à l’heure où on nous parle de simplifications administratives, on envisage de demander aux investisseurs potentiels de consulter au préalable les organisations syndicales. Parallèlement, l’interdiction du recours à l’intérim sur les quais serait un mauvais coup pour Rouen, seul Grand Port maritime à solliciter cette main-d’œuvre.

Où en sont vos relations avec le port du Havre ?
Nous avons remarqué qu’à peine élu, Michel Segain, le nouveau président de l’Umep, nous a appelés pour qu’on se rencontre. Bravo. C’est ensemble qu’on va gagner. Les deux ports ne sont pas concurrents mais complémentaires. Il faut jouer la carte de l’axe Seine. Nous n’avons rien contre Port 2000 mais c’est un terminal cher en termes de stationnement des conteneurs et en surestaries. Rouen peut lui servir de base arrière. Avec les miettes que nous pourrions récupérer de Port 2000, tout le monde aurait à manger.

Vincent Rogé

Mercredi 23 Septembre 2015



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