UPS renonce à racheter le néerlandais TNT Express


Anticipant un refus de la Commission européenne, gardienne de la concurrence, le géant américain de la messagerie UPS a renoncé à racheter son concurrent néerlandais TNT Express, une opération qui lui aurait permis de conforter sa place de numéro un mondial.


© TNT
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La Commission européenne a informé UPS et TNT, lors d'une rencontre vendredi 11 janvier, qu'elle penchait vers un refus au vu de l'offre actuelle, qui poserait des problèmes de concurrence, a indiqué lundi le groupe de Hoofddorp, issu de la scission en 2011 de TNT en deux entités : TNT Express, qui opère dans plus de 200 pays et emploie environ 77.000 personnes, et le groupe postal PostNL, principalement actif aux Pays-Bas. Convaincu du veto à venir de l'UE, UPS a pris les devants et a décidé de ne "pas poursuivre l'opération", a ajouté TNT Express. Cette offre publique d'achat amicale (OPA), qui avait été annoncée le 19 mars dernier pour un montant total de 5,16 milliards d'euros, soit 9,50 euros par action, devait être finalisée début 2013.
La Commission européenne avait ouvert en juillet une enquête approfondie sur l'offre de UPS, expliquant craindre pour la concurrence dans le secteur de la distribution des petits colis. De fait, l'absorption de TNT Express aurait réduit le nombre d'opérateurs de quatre à trois. UPS avait essayé de rassurer l'UE en s'engageant à céder des actifs en Europe, pour lesquels La Poste, active sur le marché de la messagerie express via sa filiale DPD, s'était portée acquéreuse. La transaction devait au départ être bouclée en 2012, mais elle avait pris du retard en raison des délais nécessaires pour obtenir le feu vert des autorités compétentes, obligeant ainsi UPS à repousser la date limite de son OPA à fin février au plus tard.

"Des vecteurs de transformation pour la logistique"


TNT Express a déclaré regretter "cette situation, ayant cru que cette fusion était faisable et bénéfique pour tous les actionnaires", alors que le directeur exécutif d'UPS, Scott Davis, s'est dit de son côté "extrêmement déçu de la position de la Commission européenne". "Les deux sociétés combinées auraient été des vecteurs de transformation pour l'industrie de la logistique, apportant des bénéfices importants aux clients et aux consommateurs à travers le monde, tout en soutenant la croissance en Europe", a-t-il ajouté.

Des défis plus nombreux

Nico van Geest, analyste chez le gestionnaire d'actifs Keijser Capital, estime que cette décision n'est pas une surprise, même s'il "restait de l'espoir". "L'entreprise est forte en Europe, se développe bien sur les marchés émergents, n'a pas de dette et travaillait déjà sur des réductions de coûts", a-t-il également affirmé, évoquant le futur de TNT Express. Le courtier Chevreux a quant à lui déclaré à l'agence Dow Jones Newswires que TNT Express allait devoir faire face à des "défis plus nombreux qu'auparavant, amplifiés par la concentration portée par l'équipe de direction sur l'accord" avec UPS.
Le plus grand perdant de cet abandon d'UPS est néanmoins PostNL, a assuré M. Van Geest : actionnaire principal avec 29,9 % de TNT Express, il espérait rembourser sa dette grâce à la vente des actions. L'arrêt officiel du protocole d'acquisition sera effectué dès réception de la décision de rejet de la Commission européenne. UPS va verser 200 millions d'euros de dédommagement à TNT Express, somme qui était prévue entre les deux parties en cas de retrait de l'offre. Un porte-parole de TNT Express, Cyrille Gibot, a assuré que TNT Express allait désormais se concentrer sur une stratégie propre "pour améliorer la rentabilité". Leader mondial de la livraison de colis, UPS emploie environ 400.000 personnes. Le rachat de TNT Express aurait fait du géant américain le plus gros groupe de messagerie et logistique en Europe, le groupe néerlandais étant le numéro deux européen de la messagerie rapide derrière l'allemand DHL.

Maude Brulard

Lundi 14 Janvier 2013



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