Umep : "Le commerce, pierre angulaire de l’édifice portuaire"


"À quoi bon fabriquer le plus bel avion du monde si on ne sait pas le vendre ?" Christian Leroux, président de l’Union maritime et portuaire du Havre (Umep), rappelle quelques fondamentaux, parmi lesquels de nécessaires efforts de commercialisation.


Christian Leroux, président de l’Umep © Éric Houri
Christian Leroux, président de l’Umep © Éric Houri
"L’Antenne" : Comment les 600 entreprises que vous représentez affrontent-elles la crise économique ?

Christian Leroux : L’année 2012 s’est annoncée sous de mauvais auspices mais un redémarrage s’est fait sentir en avril. Ainsi des secteurs comme l’agroalimentaire ou le marché d’importation du jouet se portent mieux. Les appréhensions des consommateurs face à la crise paraissent s’estomper, ou se transformer en un raisonnement sain et pragmatique. Une certaine confiance semble revenir, qui permet à certaines de nos entreprises d’investir.

"L’A." : Quelle est la situation sur le front de l’emploi ?

C. L . : Nos entreprises qui totalisent environ 16.000 salariés affichent peu de défaillances au regard de la crise économique en cours. En revanche si, dans notre activité, la dynamique économique a permis une croissance d’environ 6 % entre 2000 et 2008, le contexte actuel a conduit nos entreprises à geler les recrutements.

"L’A." : Seize mois après la mise en place de la réforme portuaire, quel regard portez-vous sur le port du Havre ?

C. L. : Le Havre donne désormais l’image d’un port réconcilié avec lui-même, c'est-à-dire avec tous ceux qui en sont les acteurs. Une prise de conscience s’est affirmée : celle de la nécessité d’une compréhension mutuelle des problèmes et d’une vraie cohésion pour les affronter.

"L’A." : Que lui manque-t-il pour passer à la vitesse supérieure ?

C. L. : Ma réponse porte d’abord sur le fond. J’ai coutume de rappeler qu’un port est conçu pour abriter des navires qui n’ont, eux, qu’un objectif : transporter de la marchandise. Or en France, pays d’ingénieurs, le "marchand" ne bénéficie pas de la même reconnaissance qu’à Hambourg par exemple. Je le regrette car le commerce est noble ; il fait vivre les entreprises et des milliers de personnes. Aussi notre place portuaire qui se tourne vers les marchés gagnerait-elle, pour mieux les conquérir, à y associer davantage les "marchands" que nous sommes et qui constituent la pierre angulaire de tout l’édifice. Pour le reste, j’encourage les acteurs du port à privilégier les marchés existants sans négliger d’autres secteurs. Et à s’inspirer du pragmatisme et de la réactivité extraordinaires qu’affichent les Asiatiques, nos premiers clients…

"L’A." : La "greffe Haropa" a-t-elle pris ?

C. L. : Comme M. Jourdain, nous faisons depuis longtemps de l’Haropa sans le savoir. Nos entreprises n’existeraient plus si elles s’étaient contentées de vendre Le Havre ! Songez que, vus de Chine, les 200.000 habitants que compte Le Havre ne représentent rien de plus que la rue principale de Shanghai… En revanche, j’appelle de mes vœux cette bannière Haropa derrière laquelle nous nous rangeons volontiers en rangs serrés dans une cohérence de propos et un vouloir commun.

Christian de Tinguy, président du Gemo © Éric Houri
Christian de Tinguy, président du Gemo © Éric Houri
Gemo : "Nous sortons de cinq années difficiles"
Les entreprises de manutention du Havre misent sur l'évolution du trafic des transbordements pour enregistrer une progression de leur activité. Elles estiment également que la réforme portuaire leur a permis d'améliorer leur productivité. "Tout au long de cette période, nos partenaires sociaux ont été compréhensifs, nous permettant de maintenir les emplois. L’État nous a également aidés en autorisant un plan de chômage partiel. Aujourd’hui, grâce notamment aux lourds investissements engagés sur Port 2000, nous comptons sur le retour du trafic ; la progression des transbordements devrait rapidement apporter de l’activité. Une meilleure organisation nous permet en outre de gagner 20 % en productivité sur les quais, ce que nos clients ont déjà largement observé. La confiance est de retour", observe Christian de Tinguy, président du Groupement des employeurs de main-d’œuvre (Gemo).

Marie Héron

Vendredi 21 Septembre 2012





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