Umep : un Livre blanc pour une vraie politique maritime et portuaire


L’Union maritime et portuaire du Havre (Umep), qui représente 600 entreprises et 22.000 emplois, prépare la publication d’un Livre blanc pour proposer une série de mesures destinées à redynamiser l’axe Seine. Explications de son président, Michel Segain...


© Éric Houri
© Éric Houri
Vous travaillez actuellement sur la réalisation d’un Livre blanc sur l’axe Seine. Qu’en attendez-vous ?

Nous voulons mettre à plat tous les dossiers pour interpeller les élus, toutes tendances confondues, qu’ils soient locaux, départementaux, régionaux, nationaux, européens ainsi que les futurs candidats à la présidence de la République. Pour avoir une politique maritime et portuaire digne de ce nom, nous devons avancer rapidement et c’est à nous, acteurs privés du transport maritime et portuaire, de porter nos revendications. Je ne cesse de rappeler qu’il faut chasser en meute, présenter ensemble nos idées jusqu’à Bruxelles, convaincre de leur bien-fondé et bénéficier d’aides.

Le Livre blanc reprend-il les revendications du "plan Marshall" que vous réclamez depuis votre présidence, fin 2015 ?

Les solutions urgentes pour réhabiliter l’axe Seine par rapport aux ports nord-européens sont bien connues : nous réclamons l’électrification du maillon Serqueux-Gisors que nous attendons depuis vingt-cinq ans et sur laquelle l’enquête publique a rendu un avis favorable en juillet ; le prolongement de Port 2000 vers l’Ouest avec 700 mètres de quai supplémentaires ; la construction des infrastructures manquantes à Port 2000, notamment la chatière permettant de le relier directement à la Seine ; la réalisation de la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN) et la concrétisation du corridor Ouest-Est afin d’élargir l’hinterland du port.

Michel Segain, président de l'Umep © Éric Houri
Michel Segain, président de l'Umep © Éric Houri
Vous critiquez également l’absence de représentativité de la place portuaire auprès des instances européennes.

La présence française est en sous-capacité à Bruxelles, et la Normandie doit là aussi chasser en meute et mutualiser ses moyens pour y renforcer sa présence. Il est absolument nécessaire d’avoir une meilleure connaissance des appels d’offres européens et de récupérer des subventions qui nous manquent, en comparaison de celles qui sont décernées aux ports nord-européens. La création d’un accès fluvial direct à Port 2000 et la mise en service de deux nouveaux postes représenteraient une enveloppe de 300 millions d’euros, ce qui est peu à côté des 630 milliards d’euros du deuxième plan Juncker !

Dans les bonnes nouvelles de l’année 2016, il y a le changement de la gouvernance portuaire, inscrit dans la loi Leroy sur l’économie bleue.

Nous avons participé à la démarche de modernisation de la gouvernance des ports, voulue par l'Unim, et à l’élaboration du comité d’investisseurs qui va être créé au sein du Conseil de développement. Cette évolution va dans le bon sens, garantissant la présence, le dialogue et le partenariat des différents investisseurs dans les processus de décision. Nous avons besoin de débats, d’oxygène et de mutualisation. C’est pourquoi, nous avons créé en juillet la Fédération des unions patronales de l’axe Seine (FCPAS) qui regroupe Le Havre, Rouen, Ports de Paris et Gennevilliers, soit 1.000 entreprises et 60.000 salariés. Nous travaillons ensemble pour, entre autres, l’élaboration du Livre blanc.

"Il faut chasser en meute, présenter ensemble nos idées jusqu’à Bruxelles"


Les mouvements de grève et de blocage anti-loi travail ont touché le port du Havre. Avez-vous pu en évaluer l’impact ?

Nous avons comptabilisé vingt-quatre journées de grève, dont quatorze particulièrement "dures" mais, à fin septembre, l’impact réel est encore difficile à évaluer. Nous ne pourrons tirer un bilan véritablement significatif, avec le recul nécessaire, que vers la fin de l’année, à l’arrêté des comptes de résultats et des bilans des sociétés et avec l’évolution des effectifs. Reste que des entreprises ont dû se résoudre à des licenciements qui sont la conséquence des conflits sociaux mais aussi de la crise économique.

Vos priorités ?

Conforter et développer les activités portuaires qui représentent 40 % de l’économie locale et cela maintenant, pas dans dix ans, et tous ensemble : salariés, patronat et État. Il nous faut aussi cesser les combats d’arrière-garde pour apporter dynamisme et sérénité à tous nos clients.

Natalie Castetz

Jeudi 22 Septembre 2016



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