Un "contrat de filière" pour relancer le bois



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Le gouvernement et les professionnels de la filière bois ont signé mardi 16 décembre un contrat visant à relancer ce secteur qui génère au total près de 450.000 emplois et représente l'un des plus lourds déficits commerciaux du pays. Cette démarche vise à relancer la compétitivité de la filière en élaborant une stratégie commune à tous les professionnels (exploitants forestiers, scieurs, industriels de la construction et de l'ameublement, papetiers, bois énergie...). Il s'agit notamment de permettre aux scieries et industriels de trouver suffisamment de bois pour satisfaire leurs besoins, en sortant davantage de bois des forêts. La construction en bois doit aussi être encouragée. Les ministres de l'Économie, de l'Écologie, de l'Agriculture et du Logement et l'Association des régions de France ont signé ce contrat, avec les représentants des industriels, des communes forestières et de l'Office national des forêts (ONF).
Au total, l'État débloquera "60 à 70 millions d'euros en 2015 et 90 millions d'euros d'ici 2016" pour aider la filière, a déclaré le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. La Fédération nationale du bois (FNB), qui représente les exploitants forestiers et les scieurs, a refusé au dernier moment de signer le texte, critiquant des moyens insuffisants. Elle estime que la filière a besoin de "150 millions d'euros par an pendant dix ans". La FNB estime aussi que le gouvernement n'en fait pas assez pour limiter l'exportation "débridée" de troncs issus des forêts françaises. Le problème est crucial pour le secteur, puisque la France importe beaucoup de bois transformé, en meubles notamment, pour un déficit commercial de 5 milliards d'euros.
"Nous avons engagé un processus de renchérissement des certificats phytosanitaires à l'exportation pour essayer de limiter ces exportations", a rappelé Stéphane Le Foll. Le contrat doit aussi "veiller à l'équilibre des différents usages du bois dans les politiques publiques", expliquent les ministres. L'utilisation croissante du bois pour la production d'énergie, voulue par le ministère de l'Écologie, a créé des tensions dans la filière, notamment avec les papetiers qui y voient une concurrence. La forêt française (Outre-Mer compris) est la deuxième d'Europe en superficie avec 34 millions d'hectares. Elle produit 85 millions de m3 de bois par an, mais seule la moitié est effectivement récoltée.

L'achat de bois illégal d'Amazonie en question

Plusieurs entreprises européennes ont suspendu leurs achats de bois venu d'Amazonie brésilienne à la scierie Rainbow Trading lmportação e Exportação LTDA, dénoncée par Greenpeace/Brésil pour commercialiser du bois extrait illégalement de la forêt vierge. Jeudi 4 décembre, l'ONG a affirmé que les entreprises hollandaises Stiho et LTL Woodproucts et la française Rougier Sylvaco avaient suspendu la commercialisation avec la Rainbow Trading dans l'État amazonien du Para tant qu'elle fera l'objet d'une enquête. En Suède, l'importateur Interwood a déclaré qu'il n'achèterait plus de bois à Rainbow et qu'il suspendait ses importations de l'essence Ipê d'Amazonie, puisqu'il n'arrive pas à vérifier la légalité du produit. Par ailleurs, "six conteneurs de Rainbow Trading ont été bloqués par les autorités belges. Son bois est interdit d'entrée sur le marché jusqu'à ce que les autorités compétentes enquêtent à fond sur le chargement", selon Greenpeace, qui souligne que Rainbow Trading cumule une dette de 500.000 réais (156.000 euros) auprès des organismes environnementaux brésiliens. "En suspendant l'achat de bois d'Amazonie, les marchés envoient un message très clair que toute la chaîne est contaminée puisque le risque d'illégalité est trop élevé", se félicite Greenpeace qui appelle Brasilia à faire "une solide réforme du système de contrôle". Le 15 octobre, Greenpeace/Brésil avait dénoncé que des arbres abattus clandestinement dans la région de Santarem (État du Para) sont transportés la nuit dans des scieries qui ensuite traitent et exportent le bois comme s'il était d'origine légale vers l'Europe.
Santarem concentre le principal pôle de l'industrie du bois du Para, l'État qui produit et exporte le plus de bois d'Amazonie. L'enquête de Greenpeace - qui a caché des sortes de GPS sous les camions-grumiers pour surveiller leur trajet - a révélé aussi "que les papiers officiels ne sont même pas capables de garantir l'origine légale du bois". L'ONG soulignait qu'"en maintenant ses portes ouvertes au bois illégal, le marché devient complice de la destruction en Amazonie". D'après des données de l'institut brésilien Imazon, entre août 2011 et juillet 2012, 78 % de tout le bois abattu dans le Para l'a été illégalement.

AFP

Mercredi 17 Décembre 2014



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