Un grand terminal maritime de GNL à Swinoujscie


La Pologne et les pays baltes ont franchi un grand pas vers l'indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, avec l'ouverture d'un important terminal maritime de gaz naturel liquéfié et un accord sur un futur gazoduc reliant la Pologne à la Lituanie.


© Polskie LNG
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"La Pologne a atteint son but stratégique, nous sommes indépendants en matière de gaz", s'est félicitée la Première ministre polonaise, Ewa Kopacz, en inaugurant la semaine dernière à Swinoujscie un grand terminal de GNL. Le premier méthanier en provenance du Qatar y est attendu mi-décembre. "La mise en exploitation du terminal de Swinoujscie réduira sensiblement le risque des pressions russes", estime Wojciech Jakobik, expert polonais des questions énergétiques. "La nouvelle entrée de gaz dans son réseau de gazoducs permettra surtout à la Pologne de choisir en toute indépendance ses fournisseurs, et de négocier librement les prix, même s'il lui faudra du temps pour rentabiliser cet investissement à long terme", déclare-t-il.
Construit pour 720 millions d'euros, le terminal de Swinoujscie aura une capacité initiale de transbordement de 5 milliards de m3 par an, soit un tiers du gaz consommé par la Pologne. Sa capacité pourra être portée jusqu'à 7,5 milliards de m3 dans les prochaines années.
Un tiers de la consommation de gaz en Pologne provient actuellement de ses propres ressources, environ 40 % sont importés de Russie et 20 % d'Asie centrale, alors que le rêve d'exploiter les réserves polonaises de gaz de schiste semble s'évanouir avec le retrait de grands groupes internationaux, faute de rentabilité assurée. Quant à l'énergie électrique, elle est produite en Pologne à 90 % à partir du charbon, la "richesse nationale" de ce pays de 38 millions d'habitants. Le pays n'est pas prêt à y renoncer malgré ses effets polluants, cherchant tout au plus à en réduire l'impact avec des technologies avancées.

Un terminal flottant à Klaipeda

La Lituanie voisine, tributaire à 100 % du gaz russe jusqu'à l'an dernier, a fait un premier pas vers l'indépendance en inaugurant le 1er janvier à Klaipeda un terminal flottant, grâce à un accord avec le norvégien Statoil. Il permet à ce pays balte de 3 millions d'habitants d'importer 540 millions de m3 de gaz norvégien par an, pour une consommation annuelle globale d'environ 2,3 milliards de m3. Tout aussi dépendante des livraisons russes, la Lettonie y a également accès en vertu d'un accord bilatéral. Le troisième État balte, l'Estonie, est moins vulnérable : elle dispose de son propre pétrole de schiste, alors que le gaz, toujours russe à 100 %, ne représente qu'un dixième de ses besoins en énergie.
Mais un pas décisif vers la fin de l'isolement énergétique des pays baltes dans l'UE et de leur dépendance vis-à-vis de la Russie a été franchi la semaine dernière avec la signature à Bruxelles d'un accord financier pour la construction d'un gazoduc entre la Pologne et la Lituanie, financé en partie par l'UE. "Un moment historique", selon le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le coût de ce gazoduc long de 534 km, qui doit pouvoir transporter 2,4 milliards de m3 par an de Pologne vers la Lituanie et un milliard dans l'autre sens, se monte à 558 millions d'euros, dont 300 millions déboursés par l'UE. Il doit être opérationnel dès 2020.
Mi-avril, les Premiers ministres estonien, letton et lituanien avaient appelé l'UE et la Pologne à accélérer le bouclage de son budget. L'action de la Russie en Ukraine et les manœuvres de ses forces armées dans la région de la Baltique faisaient alors craindre aux Baltes que le Kremlin ne cherche à déstabiliser les pays autrefois sous la coupe de Moscou. Les travaux préparatoires sur ce projet, dit GIPL (Gas Interconnection Poland-Lithuania), avaient commencé en 2009. En 2013, il a été inclus dans la liste de l'UE des "projets d'intérêt commun" (PIC), dans le cadre de la mise en place d'un marché intégré de l'énergie doté d'infrastructures modernes, d'interconnexions adéquates et de réseaux fiables. D'autres projets sont en développement dans la région, comprenant le renforcement du réseau de gazoducs des pays baltes et l'interconnexion entre la Pologne et le Danemark.

Michel Mrozinski

Mercredi 21 Octobre 2015



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