Un nouveau chemin de fer entre Niamey et Cotonou


Le Niger, enclavé au cœur du Sahel, veut s’offrir, d’ici deux ans, un accès à la mer via un chemin de fer reliant Niamey au port de Cotonou, où transite par la route l’essentiel de son fret.


© Bolloré
© Bolloré
Une nouvelle ligne de chemin de fer entre Niamey et Cotonou va extirper le Niger du désenclavement. Les travaux, d'un coût de 1,07 milliard d'euros, intégralement financés par le groupe français Bolloré, ont été lancés officiellement lundi 7 avril à Niamey. Le présidents du Niger et du Bénin, Mahamadou Issoufou et Boni Yayi, accompagnés de leur homologue togolais Faure Gnassingbé, ont roulé sur un demi-kilomètre de rails posés pour l'occasion dans le prototype d'un wagon passager.
"Cela fait presque 80 ans que nous attendons le train !", a jubilé le président Mahamadou Issoufou. Et d'ironiser : "Nous avons fini par retrouver celui qui s'est égaré depuis 1936." Le chemin de fer, construit à l'époque coloniale, n'a en effet jamais atteint le Niger, comme c'était pourtant prévu. Au sud, il s'est arrêté en 1936 à Parakou (Bénin), à mi-chemin entre Niamey et Cotonou. À l'ouest, la Régie de chemin de fer Abidjan-Niger (RAN) a eu Ouagadougou pour terminus, à 500 km de la capitale nigérienne. "Nous écrivons une nouvelle page de notre histoire", s'est enthousiasmé Boni Yayi, qui a donné mardi 8 avril à Cotonou le départ des travaux côté béninois.

"Le fret lourd sera réorienté vers les rails"


Pour ressusciter ce projet centenaire, les deux chefs d'État ont signé un protocole d'accord en novembre 2013 et créé une société multinationale au capital de 107 millions d'euros. Quelque 10 % des actions reviennent à chacun des deux États, 40 % à des privés béninois et nigériens et 40 % à Bolloré. La réalisation de ce vieux rêve nécessite la construction de 574 km de rails entre Niamey et Parakou en passant par Dosso, au Niger. Le chantier avancera au rythme "d'un kilomètre par jour", a estimé Vincent Bolloré, président du groupe éponyme, pour s'achever au plus tard en 2016, ce qui coïncide avec la fin du premier mandat du président Mahamadou Issoufou, qui veut en briguer un second.
La liaison Niamey-Cotonou constituera la colonne vertébrale d'une "boucle ferroviaire" de près de 2.800 km, allant d'Abidjan (Côte d'Ivoire) à Cotonou, en passant par Ouagadougou et Niamey. La Sitarail, une filiale du groupe Bolloré, gère le tronçon Abidjan-Ouagadougou, en fonctionnement. L'Organisation commune Bénin-Niger des chemins de fer et transports, une société bi-étatique, avait jusqu'alors la charge du tronçon Cotonou-Parakou. Cette boucle, dite "de l'intégration", nécessitera la pose de 1.200 km de nouveaux rails et la réhabilitation de 1.800 autres dans les trois autres pays (Côte d'Ivoire, Burkina Faso et Bénin) déjà dotés d'un chemin de fer. Elle permettra, à terme, de relier Niamey, via Ouagadougou, au port d'Abidjan, le plus grand d'Afrique de l'Ouest.

Acheminement rapide et sécurisé

Ce train permettra l'acheminement rapide et sécurisé du fret nigérien, dont 80 % transitent déjà par le port de Cotonou (à 1.000 km de Niamey) par un réseau routier délabré et mal entretenu. "Il y aura moins de pression sur nos routes car le fret lourd sera réorienté vers les rails", a expliqué le ministre nigérien de l'Équipement, Ibrahim Nomao.
La Chambre de commerce du Niger l'attend avec impatience. "Ce sera bon pour les affaires, les coûts de transport seront réduits et les denrées coûteront moins cher", se réjouit Abdou Sidi, son président. Les gains de temps seront importants : "une seule journée" pour acheminer les marchandises depuis Cotonou contre "des semaines entières" aujourd'hui, avance Elhadj Sadou, un commerçant nigérien. Les rails achemineront également en France, via le port de Cotonou, plus de 4.000 tonnes de minerais d'uranium extraits par an dans le Nord du Niger par la société française Areva.
Le projet aura en outre un volet "développement durable". Des panneaux solaires seront érigés le long du trajet pour "produire, conserver et distribuer l'énergie aux populations" riveraines, promet Vincent Bolloré.

Boureima Hama

Lundi 14 Avril 2014



Lu 454 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse