Un peu de baume avec la suppression du péage de transit


Deux jours après l’annonce de la suspension sine die du péage de transit poids lourds, l’Assemblée générale de la FNTR Rhône-Isère s’est tenue dans un climat relativement apaisé. La vigilance s’impose pourtant.


Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR © FNTR
Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR © FNTR
«On a obtenu la suspension sine die du péage de transit poids lourds, ce qui veut dire suppression de cette taxe», estime Nicolas Paulissen, appuyant fortement, à l’instar de Pierre Sibut, vice-président national, et d’Olivier Thievenaz, président de la FNTR Rhône-Isère, sur l’importance d’adhérer à un organisme représentatif, de conclure des alliances, de jouer collectif avec détermination mais dans un esprit de dialogue constructif avec les pouvoirs publics.
«Nous nous sommes engagés à participer à une réflexion collective sur le financement des infrastructures. Mais nous avons posé deux conditions : d’une part, que tout soit bien mis sur la table car n’oublions pas que nous sommes de gros contributeurs à travers toutes les taxes que nous payons comme les taxes sur les carburants, les taxes à l’essieu, les péages, et nous ne voulons pas payer les pots cassés de la privatisation des autoroutes et, d’autre part, qu’il ne nous soit pas affecté de fiscalité spécifique supplémentaire pour financer les infrastructures», résume Nicolas Paulissen, très apprécié par l’assistance. Il considère avoir trouvé avec Ségolène Royal une «ministre à l’écoute…» et davantage informée ces derniers jours des réalités du terrain et des contraintes qui pèsent déjà si lourdement sur le transport routier de marchandises !» «Ces derniers mois, nous avons su construire l'image d’une fédération plutôt dans le dialogue et la construction avec les pouvoirs publics», estime Nicolas Paulissen.

"Le plan de modernisation pourrait être une réponse au pacte de responsabilité"

Mais attention, l’État va vouloir revenir sur certaines exonérations qu’avait obtenues la profession pour adoucir l’Écotaxe. Il faut donc rester vigilant mais «éviter d’être en position de refus de tout car de mauvaises infrastructures et des investissements défaillants nuiraient à la profession». «Il y aura des concessions à faire», lance dans la salle un professionnel lucide, mais il faut surtout que le prochain système soit lisible. «Le support le plus simple, à mon avis, c’est le carburant avec une possibilité de répercussion», pense Nicolas Paulissen, qui sait que le transport routier a besoin de visibilité et de progressivité.

Une fédération constructive

Les professionnels routiers se demandent quelle pourrait être la nouvelle utilité des onéreux portiques, regrettent que les transporteurs étrangers passent à travers les mailles du filet, s’inquiètent de l’attitude que vont adopter maintenant les chargeurs lors de discussions tarifaires souvent si âpres, redoutent les stériles "usines à gaz" et passent rapidement sur les milliers d’heures perdues dans des milliers d’entreprises à cause de l’Écotaxe et du péage de transit…
Nicolas Paulissen a évoqué le plan de modernisation qui pourrait être une réponse au pacte de responsabilité. Les caisses de l’État sont archi vides, celles des routiers bien maigres et il faut pourtant préparer l’avenir et donc investir. Le dossier de la compétitivité roule avec le volet développement durable. «Là, nous pouvons être une force de propositions avec le gaz naturel ; il ne faut pas rater ce dossier en cours ni le volet de la protection sociale pour rendre notre profession attractive». Des réflexions sont en cours sur les classifications et la formation professionnelle.
Trois juristes du cabinet Stratej ont passé en revue les récentes dispositions, prochaines réglementations et obligations, souvent abstruses, relatives au repos hebdomadaire hors cabine, au travail de nuit, au compte personnel de prévention de la pénibilité et à la réforme de la formation professionnelle.
Pierre Sibut, président du tribunal de commerce de Vienne (et qui se représentera aux prochaines élections FNTR), et Me Martin ont longuement évoqué le bien-fondé de la prévention et des mesures aisément accessibles en amont pour conserver la capacité de transporter. Opérées en toute confidentialité, ces mesures peuvent éviter des liquidations et dépôts de bilan créant des cortèges de chômeurs. «Les TPE et les PME doivent savoir profiter de certains dispositifs qui évitent le pire. La prévention coûte moins cher qu’un redressement judiciaire», insiste Pierre Sibut qui, en plusieurs années d’exercice au tribunal, à l’instar d’Yves Chavent, au tribunal de Lyon, et de M. Mazet, en Ardèche, a accumulé une expérience précieuse mise au service d’entrepreneurs traversant une mauvaise période financière.
 

Annick Béroud

Lundi 20 Octobre 2014



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