Un point d’étape pour le projet Pumas à la CCI de Lyon


«Alors que le sujet du transport et de la livraison des marchandises en ville ne figure pas encore au-dessus de la pile des préoccupations des commerçants, il va bientôt les rattraper. Pour l’instant, ça passe encore, mais jusqu’à quand ?» Philippe Bossin, directeur du cabinet Interface Transport, résumait ainsi une situation de plus en plus problématique lors d’un récent point d’étape sur le projet européen Pumas dont la CCI de Lyon est partie prenante.


93 % des établissements du centre-ville sont livrés par des transports en compte d’autrui © Pumas Project
93 % des établissements du centre-ville sont livrés par des transports en compte d’autrui © Pumas Project
Le projet Pumas (Planning Sustainable Régional Urban Mobility in the Alpine Space ou planifier une mobilité urbaine régionale durable dans l’espace alpin) concerne cinq pays européens et il s’étale de mi-2012 à mi-2015. Il est cofinancé à 75 % par le Feder et les 250.000 euros reçus par la CCI de Lyon sur trois ans ont permis de procéder à des enquêtes, à des états des lieux et à organiser des rencontres et quatre ateliers avec les commerçants, les collectivités, les distributeurs, les transporteurs (Stef, TNT…), TLF et de dégager quelques observations et recommandations.
Le sujet des livraisons en ville est un sujet technique qui fait intervenir de nombreuses personnes, sociétés et collectivités dont les intérêts ne sont pas toujours les mêmes mais la logistique est au service de l’économie et elle place le client au centre de ses actions.
Rappel de quelques données : 93 % des établissements du centre-ville sont livrés par des transports en compte d’autrui, 72 % des commerçants sont livrés par leur porte principale et en moyenne six fois par semaine, 59 % des livraisons se déroulent entre 9 heures et 11 h 30, et les chauffeurs sont souvent en double file du fait d’une insuffisance d’aires de livraison et/ou de leur occupation indésirable, 50 % des livraisons durent moins de 20 minutes et 20 % plus d’une heure, 69 % des commerçants se livrant eux-mêmes déclarent utiliser le disque de livraison «30 minutes», alors que seulement 19 % des transporteurs l’utilisent.

"Le commerçant se soucie peu ou pas du choix du transporteur"


Le commerçant se soucie peu ou pas du choix du transporteur. Ce qui se passe avant l’arrivée des marchandises dans sa boutique ne l’intéresse pas. Mais avec l’essor du e-commerce, il va devenir lui-même un expéditeur, ce qui le conduira à mieux connaître ce secteur. C’est un pragmatique qui ne croit pas beaucoup aux grandes décisions venues d’en haut d’où l’intérêt pour lui de mieux connaître les autres commerçants et leurs alliés pour imaginer avec eux des solutions pratiques. Pour l’instant, 90 % des commerçants déclarent ne jamais regrouper leurs approvisionnements avec d’autres magasins. Le commerçant est confronté à mille problèmes quotidiens et la pénibilité et de nouvelles contraintes encore annoncées pour 2016 pourront avoir des conséquences, par exemple sur l’attitude des chauffeurs-livreurs ou sur la livraison des bars-hôtels-restaurants…
Les pistes d’amélioration concernent la mutualisation des livraisons et la massification des flux. Certaines solutions pourraient passer via les Centres de distribution urbains, mais 93 % des commerçants semblent contre la livraison déportée sur un autre site.
La pose de sas dans l’entrée de certains magasins, mais à condition qu’un nombre suffisamment important de commerçants utilisent cette formule pour justifier une nouvelle organisation et que les livreurs et leurs camions soient silencieux, la protection des aires de stationnement par des dispositifs simples, l’augmentation de leur nombre, l’intégration systématique de l’aspect logistique dans tout projet de construction-rénovation, des points de collecte «améliorés» par d’autres services, un affichage dynamique des horaires et autorisations, les regroupements des livraisons des commerçants d’une même rue le même jour par le même transporteur figurent parmi quelques idées lancées ou reprises lors des ateliers.
TLF milite en région pour que la superficie moyenne des aires de livraison de 29 m2 acceptée dans les centres-villes le soit dans l’ensemble de la région Rhône-Alpes. Emmanuel de Bienassis de TLF observe que les aires de livraison sont parfois mal placées, et il regrette vivement que les camions au GNV soient parfois interdits dans les agglomérations, alors que ce carburant est «aussi sûr que le diesel».
Avant complet engorgement, les parties prenantes du projet Pumas espèrent que des solutions aussi simples et utiles que possible seront trouvées et, grâce à cette concertation, la CCI de Lyon souhaite mieux défendre les intérêts des commerçants dans les instances de révision du PDU pilotée par le Sytral et de politique du transport de marchandises pilotée par la métropole.

Annick Béroud

Mardi 5 Mai 2015



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