Un sursis de quinze jours pour Sernam


Le tribunal de commerce de Nanterre a accordé mardi 27 mars au transporteur Sernam, en redressement judiciaire, un sursis de deux semaines qui doit permettre à Geodis, seul candidat à la reprise, d'être fixé sur la position de Bruxelles à laquelle il conditionne son offre.


© Sernam
© Sernam
Le tribunal a autorisé "la poursuite de l'activité" de Sernam et prolongé la période d'observation jusqu'à une nouvelle audience fixée au 10 avril "pour l'analyse du projet d'acquisition de Geodis". Le candidat repreneur, filiale de la SNCF, espère obtenir dans l'intervalle une réponse définitive de la Commission européenne sur l'épineuse question du recouvrement par l’État français de 642 millions d'euros d'aides illégales versées à Sernam. Geodis propose une reprise partielle des activités de Sernam et d'environ la moitié de ses salariés (826 personnes sur 1.600). Mais il subordonne cette offre au fait de ne pas avoir à supporter le remboursement, exigé par Bruxelles, des aides illégales versées à Sernam avant et au moment de sa privatisation en 2005. "Geodis s'est donné jusqu'au 6 avril au plus tard pour attendre une décision de la Commission européenne et a jusqu'au 4 avril minuit pour peaufiner son offre, conformément aux délais imposés par la loi", a expliqué mardi 27 mars le mandataire judiciaire de la Sernam, Christophe Basse.

Une assurance de Bruxelles

En marge de l'audience, le PDG de Geodis, Pierre Blayau a réaffirmé cette condition, soulignant qu'il souhaitait "une assurance expresse et définitive" de Bruxelles "si possible dans le courant de la semaine prochaine". Autre condition émise par M. Blayau : la reprise de Sernam doit, selon lui, "préserver autant que possible les intérêts de Geodis et que donc la trésorerie de Sernam soit suffisante pour financer une période de transition que nous estimons aujourd'hui nécessaire de 30 à 45 jours".

«Geodis a jusqu'au 4 avril minuit pour peaufiner son offre»


Rien ne permet toutefois de préjuger de la décision définitive de Bruxelles dans ce dossier. Selon une source proche du dossier, "les services techniques de la Commission européenne ont adressé lundi 26 mars après-midi à Sernam un avis dans lequel ils estiment qu'il y a bien «discontinuité» de l'entreprise", condition indispensable à une éventuelle concession de la part de l'exécutif européen. "Mais ils insistent sur le fait que cet avis n'engage en rien la Commission", a ajouté la même source. Un refus de Bruxelles d'accéder à la demande de Geodis serait, à l'approche de l'élection présidentielle, synonyme d'une liquidation de Sernam explosive pour le gouvernement qui s'est fortement impliqué dans ce dossier. Les réunions se sont succédé ces derniers jours au ministère des Transports pour étudier le reclassement des salariés de Sernam, en cas de reprise partielle comme de liquidation. Une nouvelle rencontre est prévue mercredi 28 mars à laquelle sont conviés l'actionnaire majoritaire de Sernam, le fonds d'investissement Butler Capital (BCP) et les organisations syndicales.
Plutôt discrets depuis le placement en redressement judiciaire de Sernam fin janvier, les salariés ont manifesté mardi 27 mars leur exaspération. Pour Gérard Dutreuilh, représentant de la CFDT (majoritaire), le délai accordé par le tribunal permet au PDG de Geodis de "continuer à piller" le chiffre d'affaires de Sernam. "C'est honteux, c'est un assassinat !", a-t-il lancé. Jésus Garrido, représentant syndical FO, évoque un "sentiment mitigé" : "Cela nous rassure car il n'y pas de liquidation, mais la difficulté va être de maintenir le portefeuille de clients", dont un certain nombre a déjà été absorbé par Geodis, selon les syndicats. Le PDG de Sernam, Philippe Chevalier, a quant à lui salué "l'exploit de maintenir l'activité dans un climat social responsable".

AFP

Mardi 27 Mars 2012





Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers








Accès rapide
























 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse