Une bouffée d’oxygène pour le foncier au Parc de Chesnes


«La modification de la Directive territoriale d’aménagement, document de planification supra-territorial, est une bouffée d’oxygène qui va permettre d’étendre, à terme, le Parc de Chesnes Nord-Isère de 180 hectares». Si Christian Breuza, directeur général de Sara-Aménagement, se réjouit de la récente décision préfectorale d’agrandir ce site stratégique, premier parc logistique français avec ses 2 millions de m2 d’entrepôts, le terme qui pose problème est tout de même «à terme»…


Le Parc de Chesnes acueille 2 millions de m2 d’entrepôts sur 1.000 hectares © Capi
Le Parc de Chesnes acueille 2 millions de m2 d’entrepôts sur 1.000 hectares © Capi
Le Parc de Chesnes (1.000 hectares mais dont une bonne partie est peu ou pas utilisable car réservée à des zones de captages ou soumise à d’autres contraintes) fait partie de la plaine de Saint-Exupéry/Heyrieux. Avec ses 2 millions de m2 d’entrepôts, il est le premier parc logistique de France. «Il reste seulement 40 hectares de disponibles, répartis sur une trentaine de terrains dont le plus grand est de 4 hectares. Nous avons des demandes pour des 15-20 hectares et jusqu’à 70 hectares. Plus nous aurons de foncier, plus nous répondrons aux demandes», observe Christian Breuza, qui se considère «comme un aménageur frustré alors qu’il y a urgence à reconstituer du foncier». La Sara-Aménagement (Société d’aménagement du Rhône aux Alpes) est l’outil de développement de la Capi (Communauté d’agglomération Porte de l’Isère), et elle sera sans doute pressentie pour suivre l’aménagement du Parc de Chesnes-Plaine de Saint-Exupéry. Elle est déjà concessionnaire des trois Zac existantes : Chesnes-La Noirée, Chesnes-Ouest et Chesnes-Nord. La Plaine de Saint-Exupéry représenterait environ 50 % de la réserve foncière de la région lyonnaise.
Approuvée en janvier 2007, la DTA (Directive territoriale d’aménagement) de l’aire métropolitaine lyonnaise stipulait que, sur le territoire de la Plaine de Saint-Exupéry, on ne pourrait pas étendre globalement les zones d’activités au-delà des zones qui figuraient sur les documents d’urbanisme opposables (Pos-PLU) à la date de mise à enquête publique de mars 2005. Si on voulait par exemple développer 10 hectares sur la Plaine de Saint-Exupéry, il fallait aussi déclasser 10 hectares sur le même périmètre.
Aujourd’hui, la rareté du foncier et certains effets pervers de cette DTA, comme le mitage des territoires voisins notamment, ont conduit en 2011 le préfet de la région Rhône-Alpes, Jean-François Carenco, récemment nommé préfet de l’Île-de-France, à engager une réflexion avec l’État, les collectivités, le Pil’es (Pôle d’intelligence logistique) et les logisticiens pour trouver une solution afin de poursuivre le développement de la Plaine de Saint-Exupéry qui couvre vingt-quatre communes situées autour de l’aéroport de Lyon et qui sont situées sur une partie du Rhône, de l’Ain et de l’Isère. Ce travail a abouti à la modification de la DTA le 25 mars dernier.

"Le Parc de Chesnes, premier parc logistique de France"


Cette modification est soumise à deux conditions, d’une part, qu’une gouvernance politique soit mise en place avec l’ensemble des parties concernées et, d’autre part, qu’il y ait une gestion pérenne du foncier. Les terrains ne seraient plus vendus mais loués sous forme de baux à construction. L’idée est de réaliser une première expérience afin d’en tirer des conclusions sur une surface significative. «Il faut changer de paradigme sur cette volonté d’être propriétaire du foncier», a observé Yannick Mathieu de la Dreal, lors de la journée organisée récemment à la Métropole de Lyon par l’Afilog. «La modification de la DTA doit permettre de réaliser de nouvelles opérations logistiques qualitatives et innovantes à partir d’un modèle foncier repensé, plus économe de l’espace et soucieux de conforter la place de l’agriculture. L’État, on le voit, est force de proposition sur des sujets complexes», observait Christian Breuza, lors de la rencontre de l’Afilog. La question du bail à construction ne fait pas l’unanimité. Pour un certain nombre de logisticiens et d’investisseurs, c’est une «fausse bonne idée de gestion étatique de la logistique».
La modification de la DTA concernerait 180 hectares sur la commune de Satolas et Bonce. «Il faut traduire cette modification dans les documents administratifs de types Scot et PLU puis mettre en place une procédure de Zac, ce qui prendre environ… cinq ans. Il faudra aussi viabiliser le foncier. Trop long pour être efficace ?

Annick Béroud

Mardi 12 Mai 2015



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