Une conférence pour s'attaquer aux fléaux de la Somalie


Les participants à la conférence sur la Somalie conviés jeudi 23 février à Londres louent les récents progrès enregistrés dans le pays, mais leur optimisme est sérieusement tempéré par l'énormité des fléaux à terrasser : guerre civile, piraterie, insurgés affiliés à Al-Qaïda et famine.


© Eunavfor
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Le 23 février, est organisée à Londres une conférence pour s'attaquer aux multiples fléaux de la Somalie. Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a résumé ainsi l'ampleur du défi : "La Somalie a été l'un des pires États de non-droit au monde ces vingt dernières années, et le théâtre d'une des pires catastrophes humanitaires l'an dernier, qui a vu mourir de faim jusqu'à 100.000 personnes". "C'est une base potentielle pour le terrorisme, pour les activités de pirates mais, aujourd'hui, il existe une fenêtre d'opportunités parce que les choses se sont un petit peu améliorées", a-t-il confié.

Montant record des rançons

Au nombre des relatives améliorations, figurent les revers militaires des insurgés islamistes shebab. La flottille internationale mobilisée dans le détroit d'Aden et l'océan Indien a enregistré l'an dernier une légère réduction du nombre des attaques contre les navires de commerce, un succès pondéré par le montant record des rançons versées.

«Réduction des attaques contre les navires de commerce»


Enfin, au plan politique, les responsables somaliens ont entériné samedi 18 février à Garowe les structures de base destinées à remplacer d'ici août le gouvernement de transition soutenu par les Occidentaux, impuissants jusqu'ici à rétablir la paix. Cet énième accord associe les régions sécessionnistes du Puntland et du Galmudug au sein d'un système fédéral. La communauté internationale examinera à Londres les moyens d'aider à ce que cet accord soit appliqué "de manière complète et rapide", a commenté le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Lui-même sera présent jeudi 23 février en compagnie d'une quarantaine de gouvernements dont ceux de la région, de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et d'institutions dont l'Union africaine, l'Union européenne et la Ligue arabe.
"La défaite du terrorisme dans la région est un objectif national très important pour le Royaume-Uni", avait dit William Hague début février, justifiant l'investissement britannique dans le dossier. Le pays qui s'apprête à accueillir les jeux Olympiques de 2012 serait d'autant plus vulnérable qu'il accueille une forte diaspora somalienne, et une cinquantaine de Britanniques figurent au nombre des combattants étrangers entraînés dans les camps somaliens, selon l'institut londonien de recherches Rusi. Au plan financier, le Foreign Office s'est gardé de présenter la conférence comme une réunion de donateurs, se contentant de mentionner la création de fonds de coordination. Une réunion de suivi est d'ores et déjà prévue en juin, à Istanbul.

Denis Hiault

Lundi 20 Février 2012





     

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