Une expérimentation unique de livraisons nocturnes silencieuses à Lyon


La logistique urbaine représente un terrain d’expérimentation, un facteur d’attractivité générateur d’activités économiques donc d’emplois, un élément de la vie quotidienne, un enjeu fort pour les collectivités locales mais elle engendre un certain nombre de contraintes. C’est en partant de ces constats que la métropole de Lyon a mené pendant plusieurs semaines une expérimentation unique en France de livraisons nocturnes silencieuses.


À Lyon, les entreprises organisent leurs livraisons en horaires décalés © Renault Trucks
À Lyon, les entreprises organisent leurs livraisons en horaires décalés © Renault Trucks
La métropole de Lyon expérimente les livraisons nocturnes silencieuses. «Le projet est intéressant et prometteur car il est collectif, il allie le secteur public et le secteur privé. Il est innovant et transversal», relève Louis-François Gombert, président du club Demeter, une plateforme d’échanges et d’expérimentations dédiée à la supply chain et l’un des piliers du projet avec TLF, des distributeurs, des chargeurs, des transporteurs, des enseignes qui ont opéré sous la houlette de la métropole lyonnaise qui a pris la mesure de l’importance de la logistique urbaine depuis plus de dix ans.
Les entreprises organisent leurs livraisons en horaires décalés, entre 22 et 7 heures, à l’exception du créneau «nuit noire» entre 2 et 4 heures. Pendant toute la durée de la livraison, la chaîne du silence est préservée : camions et transpalettes silencieux, livreurs formés, revêtements intérieurs qui absorbent le bruit dans les véhicules et les magasins (suppression du rideau de fer). «Le matériel utilisé est conforme à la norme Piek qui garantit un seuil maximal de 60 décibels, soit le volume d’une conversation entre deux personnes», précise Thierry Allegre, directeur supports Opérations pour Martin Brower, prestataire logistique de Mac Donald’s, qui met par ailleurs beaucoup l’accent sur l’intérêt d’examiner la pertinence des gros porteurs face aux restrictions de charge utile. Parmi les entreprises impliquées dans l’expérimentation, figurent notamment Easydis Casino, Carrefour, Stef-Picard, Samada-Monoprix, Cerise et Potiron, Pomona.

"Agir de façon vertueuse coûte cher mais peut être payant à terme"


Pour la messagerie et l’express, il est difficile de recruter à cause du stress auquel sont confrontés les chauffeurs toute la journée. «Travailler la nuit réduit ce stress, améliore le taux de ponctualité des livraisons, réduit les temps de trajet en l’absence de circulation et de congestion, et permet un arrêt au plus près du lieu du destinataire», énumère Emmanuel de Bienassis, secrétaire général de TLF Rhône-Alpes-Auvergne. «Et nous n’avons reçu aucune plainte de riverain», ajoute Martial Passi, vice-président de la métropole, en charge des déplacements.
Cependant, agir de façon vertueuse et respectueuse de l’environnement nécessitent des investissements en matériel, en formation et en organisation qu’il faudra chiffrer avec précision. «Le renouvellement d’un parc entraîne des efforts financiers importants. Certains équipements font grimper de 10 à 15 % la facture. Un véhicule à gaz ou à biocarburant coûte 15 à 20 % de plus qu’un véhicule diesel. La formation et l’organisation pour le travail de nuit et ses répercussions sociales et salariales ont un coût qu’il faut bien évaluer», relève Emmanuel de Bienassis.
Après ce premier point d’étape, un comité de pilotage va établir un bilan de l’expérimentation et mettre sur la table toutes les contraintes et tous les freins soulevés par les divers partenaires. Ce comité va également étudier les points d’amélioration à apporter pour pouvoir ensuite augmenter le rythme de cette opération «afin que les clivages soient dépassés par le haut, que l’expérimentation devienne une habitude et fasse même école dans d’autres métropoles», conclut Louis-François Gombert.

Annick Béroud

Jeudi 26 Février 2015



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