Une nouvelle ère pour le mode fluvial


Lors d’une journée dédiée au fret fluvial le 17 octobre 2017 au port de Gennevilliers, la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, a listé les priorités du gouvernement pour le secteur.


Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports, lors de la journée TLF dédiée au fret fluvial © Clotilde Martin
Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports, lors de la journée TLF dédiée au fret fluvial © Clotilde Martin
Le 17 octobre 2017 au port de Gennevilliers, l’Union des entreprises de transport et de logistique de France (TLF) et ses partenaires ont organisé une journée intitulée "Le Fret fluvial entre dans une nouvelle ère". La ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, est intervenue en ouverture de cette journée, occasion de partager avec les professionnels rassemblés le sens de l’action qu’elle entend mener pour les transports de marchandises et la logistique spécifiquement dans le domaine fluvial.
La ministre a déclaré que "le transport fluvial est actuellement trop peu exploité" mais "dispose d’un potentiel de développement très important en complémentarité avec les autres modes de transport massifié". Il est devenu un élément incontournable de la performance de l’économie maritime et portuaire. Il est indispensable à plusieurs filières industrielles et logistiques approvisionnées par la voie d’eau.
Elle estime que la logistique urbaine est l’un des axes de développement décisifs du transport fluvial sur le modèle des conteneurs de Franprix au port de la Bourdonnais dans le 7e arrondissement de Paris ou de la déchetterie expérimentale de Lyon. La logistique urbaine fait partie des sujets prévus à l’ordre du jour des Assises de la mobilité lancées le 19 septembre par le gouvernement, et les professionnels doivent profiter de ce cadre pour faire part de leurs propositions.
La ministre a indiqué souhaiter "une réflexion sur l’introduction de critères de choix modal dans les appels d’offres de l’État et de ses opérateurs publics comme la Société du Grand Paris".

"Des stratégies de développement logistiques par axe fluvial au départ des ports maritimes"


Concernant le transport combiné par lequel le transport fluvial propose avec le ferroviaire une alternative à la route mais perd des points de compétitivité à cause des ruptures de charge, la ministre attend la remise d’un rapport du CGEDD (Conseil général de l'environnement et du développement durable) avant d’envisager de faire évoluer le dispositif d’aide dit au coup de pince. "L’amélioration de la compétitivité du passage portuaire pour les barges fluviales en matière de coût ou de service" constitue une autre priorité de la ministre "à court terme".
Il y a la solution de la répartition uniforme des Terminal Handling Charges (THC) du fret fluvial sur l’ensemble des acteurs devenue pérenne au Grand Port maritime de Dunkerque en novembre 2016 après plus d’un an d’expérimentation. Au Havre, un travail est en cours pour la mise en place d’un service de qualité via le terminal multimodal en complément de l’accueil des automoteurs autorisés à accéder directement à Port 2000 par la mer. À Fos, un travail est aussi en cours pour améliorer l’accueil des barges fluviales.

Associer VNF et les collectivités territoriales

Pour la ministre, les coopérations entre les ports et les acteurs économiques à travers les initiatives de Norlink Ports, Medlink Ports ou Haropa doivent être poursuivies. Il faut "élaborer des stratégies de développement logistiques par axe fluvial au départ des ports maritimes". Concernant les ports intérieurs, "il convient d’exploiter les nouveaux outils apportés par le législateur en alternative à la concession pour porter la gouvernance des ports intérieurs, associant VNF et les collectivités territoriales". Un premier syndicat mixte ouvert (SMO) avec une exploitation portuaire confiée à une société d’économie mixte à opération unique (Semop) se prépare pour les ports de Mulhouse-Rhin. "Cette initiative ne demande qu’à s’étendre à d’autres ports fluviaux".
Élisabeth Borne a enchaîné sur le thème des infrastructures, rappelant le rôle des Assises de la mobilité et du conseil d’orientation des infrastructures. Il s’agit "d’objectiver les besoins d’entretien, de maintenance et de régénération du réseau des voies navigables, à court et à moyen termes, en établissant une hiérarchisation des priorités d’intervention et en identifiant les financements correspondants dans le cadre de la loi d’orientation sur les mobilités" qui sera présentée au Parlement au premier semestre 2018. La ministre s’est engagée "à veiller à un commencement des travaux dans les deux ans pour l’écluse de Méricourt" sur la Seine et a mentionné l’accord trouvé avec les collectivités sur le projet Seine-Nord Europe.
Un autre grand levier à actionner est lié à la performance environnementale de la flotte fluviale française. Les motoristes travaillent à produire des moteurs susceptibles de répondre aux nouvelles limites d’émission prévues dans la directive européenne EMNR. Les moteurs "devront avoir un coût abordable pour la profession", selon la ministre. Celle-ci a fait part de "sa conviction personnelle que le gaz est une option majeure" mais sans oublier l’hydrogène. Le PAMI 2018-2023 (Plan d’aide à la modernisation et à l’innovation) doit permettre un soutien financier pour réaliser les adaptations nécessaires au verdissement de la flotte. "Il faudra néanmoins sans nul doute rechercher des compléments d’aide au niveau européen".

"Une interprofession fluviale forte"

Enfin, la ministre a conclu en appelant de ses vœux la "constitution d’une interprofession fluviale forte" dont le rôle sera notamment de porter et diffuser l’innovation, mettre en place un observatoire du marché et structurer les relations entre les professionnels et les pouvoirs publics.

Clotilde Martin

Mercredi 18 Octobre 2017



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