Une usine Renault en Algérie, symbole du partenariat avec Alger


La France et l'Algérie ont inauguré lundi 10 novembre en grande pompe une usine Renault près d'Oran qui va fabriquer la première voiture algérienne, une réalisation témoignant du renouveau des relations entre les deux pays depuis l'élection de François Hollande.


Une usine Renault en Algérie, symbole du partenariat avec Alger
La nouvelle usine Renault près d'Oran a été inaugurée le 10 novembre. Signe de l'importance accordée de part et d'autre à ce projet, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et son collègue de l'Économie, Emmanuel Macron, se sont rendus en Algérie pour assister à la sortie de la première voiture des chaînes d'assemblage, sous les yeux du Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal. Les deux ministres français ont ensuite été reçus par le président, Abdelaziz Bouteflika. À la suite de l'audience, Laurent Fabius a loué une coopération "exemplaire" entre Alger et Paris. "Nous sommes extrêmement satisfaits de la qualité de la relation" bilatérale, a-t-il assuré. L'usine d'Oran, passée par de multiples péripéties avant le début des travaux en 2012 à Oued Tlelat, "est le fruit d'un partenariat gagnant-gagnant", a souligné Abdelmalek Sellal. Juste avant l'inauguration de l'usine, en présence du PDG de Renault, Carlos Ghosn, la marque a lancé une campagne publicitaire massive sous le slogan en arabe "Dernaha Djazaïria" (on l'a réalisée, elle est algérienne).
Le constructeur a dû se plier à la loi algérienne qui n'autorise pas un partenaire étranger à détenir plus de 49 % d'une société mixte. L'usine "Renault Algérie production" est ainsi détenue à 51 % par l'État algérien et 49 % par le constructeur français. Elle est l'aboutissement d'un accord signé lors d'une visite du président, François Hollande, à Alger en décembre 2012. L'usine qui emploie actuellement quelque 350 personnes aura dans un premier temps une capacité de production de 25.000 véhicules par an, avant de passer à 75.000 unités en 2019 et à 150.000 à plus long terme.

"Fort potentiel"

Si des sources algériennes ont affirmé que l'investissement de 50 millions d'euros était appelé à passer à terme à 800 millions d'euros, Bernard Sonilhac, PDG de Renault Algérie, a indiqué que "nous ne confirmons pas ce genre de chiffre, ça paraît plutôt hors de propos".
L'usine va produire une version de la voiture Dacia Logan, sous le nom "Renault Symbol", des véhicules destinés au marché intérieur algérien, le deuxième plus grand d'Afrique avec plus de 400.000 véhicules importés chaque année, même s'il connaît actuellement une baisse qui devrait atteindre 20 % fin 2014.
"Nous pensons que c'est un marché qui a un fort potentiel de croissance", a affirmé Guillaume Josselin, directeur général de la filiale de Renault en Algérie, en relevant un taux d'équipement de 100 véhicules pour 1.000 habitants dans ce pays, contre 600 pour 1.000 en Europe. "C'est un marché qui, à moyen terme, peut dépasser les 500.000" véhicules par an, et Renault vise une part de marché de 30 %, a-t-il précisé.
Au démarrage, seules 17 % des pièces seront fournies par des industriels locaux, avec un objectif de 42 % à l'horizon 2019, a expliqué Bernard Sonilhac.
S'il est possible à terme d'envisager l'exportation de Renault "made in Algérie" vers l'Afrique subsaharienne, il est "exclu" d'approvisionner les marchés européens, a insisté Bernard Sonilhac. L'objectif de l'usine d'Oued Tlelat n'est donc pas le même que celui du site de Tanger, au Maroc voisin, qui a produit 100.000 véhicules en 2013, à 90 % pour l'exportation en particulier vers l'Europe.
Après l'inauguration de l'usine, les délégations des deux pays ont réuni à huis clos le second comité mixte économique franco-algérien (Comefa).
Avec 5,9 milliards d'euros d'exportations en 2013, l'Algérie est le premier client de la France au Maghreb et en Afrique. La France veut reconquérir la place de premier fournisseur qui lui a été ravie par la Chine en 2012.

Amer Ouali

Mercredi 12 Novembre 2014



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