Unim : messages au futur président de la République


À l’attention des candidats à l'élection présidentielle, les entreprises de manutention adressent cinq réflexions à prendre en compte dans la future politique portuaire de la France. Elles concernent la gouvernance, l’aménagement de la réforme dans les ports décentralisés, le suivi des coûts de passage portuaire et le financement du dispositif de cessation anticipée d’activité. À Bruxelles, elles mettent en garde sur les tenants et les aboutissants de plusieurs dossiers européens.


© RFF/Capa/Vincent Baillais (Toma)
© RFF/Capa/Vincent Baillais (Toma)
"Moins d’État, plus d’économies", le premier message de l’Unim à l’attention des candidats à l'élection présidentielle concerne la gouvernance des ports. Pour son président, Christian Paschetta, il s’agit d’associer davantage les acteurs économiques privés locaux dans les Conseils de surveillance, et de donner un réel pouvoir de décision aux Conseils de développement. La poursuite de la réforme de 2008 dans les ports décentralisés est le second message. "La mise en œuvre de la réforme dans les seuls Grands Ports maritimes s’est accompagnée de contreparties sociales importantes (Convention collective unifiée, préretraite d’entreprise au titre de la pénibilité). Ces contreparties représentent une augmentation des charges de 8 à 10 % pour toutes les entreprises qu’elles soient situées dans l'un des sept Grands Ports maritimes ou dans l’un des vingt ports décentralisés".

Christian Paschetta, président de l’Unim © E. D.
Christian Paschetta, président de l’Unim © E. D.
Dans ces derniers, les entreprises estiment "subir les inconvénients de la réforme sans pouvoir bénéficier de ses avancées comme le commandement unique ou la gestion des investissements privés de superstructures". À défaut d’une unicité de commandement, les manutentionnaires souhaitent dans ces ports "une harmonisation des horaires, du temps de travail et des délais de prévenance entre personnels grutiers des ports et dockers des entreprises". Évoquant une "disponibilité insuffisante en personnels de conduite", ils défendent en outre la "nécessité de pouvoir recourir à du personnel extérieur", dockers en particulier, pour la conduite des engins de bord à quai "en complément des grutiers du port". En parallèle, la "liberté d’investir librement en bord à quai" apparaît "légitime" à leurs yeux.

Vigilance sur les dossiers européens

Souvent avancée par les chargeurs, la création d’un Observatoire des coûts de passage portuaire est évoquée sous conditions. "Ce travail doit être fait dans le respect logique d’entreprise et notamment d’une certaine confidentialité au niveau de la formation des prix. En revanche, il demeure indispensable d’être en mesure d’appréhender avec précision les points de blocage qui subsistent. Ces investigations ne doivent pas se cantonner aux seules entreprises privées mais doivent être menées sans a priori du côté des autorités portuaires publiques". S’agissant du financement par les entreprises du dispositif de cessation anticipée d’activité au titre de la pénibilité, l’Unim suggère de l’exonérer de la taxe Fillon (Art. L137.10 du Code de la Sécurité sociale). Le dernier message adressé aux candidats concerne l’évolution du cadre réglementaire européen. Face au projet Port Package, l’Union insiste sur les "qualifications professionnelles" nécessaires à l’exercice de la manutention portuaire. "L’Europe doit garantir le respect des exigences requises en matière d’aptitudes, de compétences, de sécurité et de formation professionnelle. À cet égard, la pratique du self-handling doit être prohibée". Selon elle, l’harmonisation des conditions de concurrence entre ports européens passe également par "l’harmonisation du financement des ports" et "l’adoption de principes directeurs sur les aides d’État".

"Poursuivre la réforme dans les ports décentralisés"


Les manutentionnaires alertent enfin les candidats sur la proposition de directive sur les concessions. Incluant les services portuaires et les terminaux, "elle ne prend en compte aucune de leurs spécificités et occulte les points essentiels du débat : sort réservé aux contrats en cours, lien entre durée des contrats et montants des investissements, problématique des extensions géographiques ou des prolongations dans le temps, absence des aspects sociaux en fin de contrat".

Érick Demangeon

Mardi 17 Avril 2012





     

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