Armateurs de France : la transition énergétique à l’aune des arbitrages budgétaires


Vitesse des navires, propulsion GNL et vélique, branchement électrique à quai… la contribution du maritime à la lutte contre le changement climatique et la pollution atmosphérique rassemble un mix de solutions. Le 5 novembre à Paris, Armateurs de France a précisé aux parlementaires le cap à tenir pour être au rendez-vous des prochaines échéances réglementaires.


Jean-Marc Roué, président d’Armateurs de France, et Jean-Marc Lacave, son délégué général © Érick Demangeon
Jean-Marc Roué, président d’Armateurs de France, et Jean-Marc Lacave, son délégué général © Érick Demangeon
Au 1er janvier, l’annexe VI de la convention Marpol fixe à 0,5 % la limite d’émissions des oxydes de soufre des navires. Soit une division par sept par rapport au niveau actuel autorisé. À quelques semaines de l’échéance, les armateurs français assurent être "prêts à cette véritable rupture pour le transport maritime". Si le shipping français est au rendez-vous aujourd’hui, "il le doit en grande partie aux mesures de compétitivité en matière fiscale et sociale ainsi qu’aux dispositifs de soutien aux investissements et aux innovations pris en faveur du pavillon français ces dernières années", déclare Jean-Marc Roué. Un cap à conserver voire à amplifier pour accompagner la filière dans sa transition énergétique, selon le président d’Armateurs de France. Fixé l’an passé par l’Organisation maritime internationale (OMI), le calendrier de cette transition repose sur deux objectifs principaux : "réduire d’au moins 40 % les émissions des gaz à effet de serre des navires mesurées à la tonne-kilomètre d’ici 2030, et d’au moins 50 % le volume total de ces émissions en 2050 par rapport à 2008". Cet objectif destiné à ralentir le changement climatique est une première marche vers la "décarbonation" du transport maritime.

Détendre l’accès aux financements

À l’heure des arbitrages budgétaires pour 2020, à la veille d’un Cimer annoncé et des Assises de l’économie de la mer les 3 et 4 décembre à Montpellier, c’est dans cette perspective qu’Armateurs de France a exposé le 5 novembre les enjeux de la filière à des parlementaires. "Les échéances 2030 et 2050 se préparent aujourd’hui car nos investissements s’analysent sur le long terme". Avec le maintien des mesures actuelles, l’accès aux financements est présenté comme "une priorité". Face à la contraction des liquidités bancaires destinées au transport maritime et au durcissement des règles de crédit, Armateurs de France propose deux pistes : une couverture de type Coface inspirée de celle dont bénéficient les entreprises étrangères qui font construire leurs navires en France et une garantie de financement délivrée par la BPI.

Aménagements portuaires

La transition énergétique suppose aussi une évolution des infrastructures dans lesquelles évoluent les navires. Tel est le sens d’une deuxième attente formulée par les armateurs aux parlementaires. Elle concerne l’adaptation des ports français aux investissements engagés dans des navires à haute performance environnementale ou visant à préserver la biodiversité marine. Les aménagements souhaités couvrent par exemple le stockage, la distribution et le soutage de GNL ou le développement des capacités électriques et des branchements à quai.

"Un signal fort est attendu lors du Cimer et dans la stratégie nationale portuaire"


L'action publique est justifiée par la lutte contre le réchauffement climatique et les polluants atmosphériques. Elle l'est aussi pour la concurrence croissante de pavillons étrangers dont l’actionnariat est tout ou en partie étatique, et celle des ports français avec leurs homologues européens. À l’instar du transport routier, la mise en œuvre d’un mécanisme de suramortissement en faveur du "verdissement" des flottes est encouragée également.
 
Avenir de la branche


Armateurs de France compte sur la future Stratégie nationale portuaire "pour fixer un cap, un calendrier et des moyens" face à ces enjeux. À l’heure des réformes sur les régimes de retraites et la formation professionnelle, ces rendez-vous apporteront sans doute aussi des réponses à l’évolution du régime Enim des marins et des formations maritimes. À moyen terme, les activités maritimes devront relever un autre défi social suite au cap fixé par l’État de réduire le nombre de branches professionnelles en France de 750 aujourd’hui à une centaine sous trois ans. 

Six mois "chahutés"

Selon Jean-Marc Lacave, nouveau délégué général d’Armateurs de France, le premier semestre 2020 sera riche d’enseignements sur l’entrée en vigueur des nouvelles limites d’émissions des oxydes de soufre des navires. Il permettra "d’évaluer la disponibilité mondiale réelle des carburants marins à 0,5 % de soufre et à quel coût". Dans cette perspective, les premières "Sulphur surcharge" ont d’ailleurs vu le jour dans la ligne régulière. La période sera aussi mise à profit pour évaluer les mesures de contrôle et de sanction pour les contrevenants sachant que chaque État est souverain dans leur mise en œuvre.

Érick Demangeon

Mercredi 6 Novembre 2019



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