Bateliers et armateurs dans le même bateau ?


Avant même la naissance d’une interprofession plus large pour la filière fluviale, attendue pour la fin de l’année, armateurs fluviaux et artisans bateliers pourraient déjà se rapprocher, ces derniers n’ayant plus de représentants depuis la fin de la Chambre nationale de la batellerie artisanale.


La Chambre nationale de la batellerie artisanale (CNBA), créée en 1985, a cessé d’exister au 1er juillet 2019 © VNF Damien Lachas
La Chambre nationale de la batellerie artisanale (CNBA), créée en 1985, a cessé d’exister au 1er juillet 2019 © VNF Damien Lachas
La représentation professionnelle du secteur fluvial était dans tous les esprits, lors de l’assemblée générale du Comité des armateurs fluviaux (CAF), qui a été suivie de deux discours. Julien Dehornoy, directeur de cabinet de la ministre chargée des Transports, qui représentait Élisabeth Borne, a mis en avant "la nécessité du rassemblement de la profession fluviale, avec une recomposition de la représentation professionnelle". Il a aussi appelé, au-delà du regroupement de tous les acteurs du transport fluvial, à "voir plus loin, plus large, et créer une interprofession".

Didier Léandri, président du Comité des armateurs fluviaux © Étienne Berrier
Didier Léandri, président du Comité des armateurs fluviaux © Étienne Berrier
Le président délégué général du CAF, Didier Léandri, a quant à lui salué un "nouveau départ pour la représentation professionnelle", qui est concomitant d’un dialogue social pour les armateurs fluviaux, "toujours en négociation avec les organisations syndicales pour que la branche du transport fluvial soit reconnue comme telle", ce qui passe par la fusion des accords collectifs.
Didier Léandri a aussi déclaré travailler à des "liens que nous voulons plus proches avec le secteur ferroviaire", et mis en avant le rapprochement du secteur fluvial avec le maritime, le CAF ayant, le 18 juin 2019, signé une convention de partenariat avec le Groupement des industries de construction et activités navales (Gican).
Enfin, le président du CAF a aussi dévoilé le tournant que pourrait prendre la représentation des professionnels du fluvial, avec un rapprochement des armateurs du CAF avec les artisans bateliers de la CNBA, sous la forme d’une nouvelle fédération professionnelle.

La CNBA n’est plus

À la fois chambre des métiers pour les artisans bateliers et outil de représentation de ces bateliers indépendants, la Chambre nationale de la batellerie artisanale (CNBA), créée en 1985, a cessé d’exister au 1er juillet 2019. La loi de finance 2019 en a décidé ainsi, supprimant du même coup la taxe payée par les bateliers, qui finançait le fonctionnement de cette chambre.
Si le CAF est une organisation privée, syndicat patronal des armateurs fluviaux, la CNBA était un établissement public, avec un rôle de chambre des métiers, mais aussi de représentation des artisans bateliers, puisque le président et le conseil d’administration sont des artisans bateliers, élus par leurs pairs. Sa fermeture laisse un vide, les bateliers ne disposant plus d’organisation qui les représente.
Les 650 bateliers doivent désormais s’inscrire à une chambre de métiers et de l’artisanat. Ayant payé leur taxe CNBA, ils voient leur cotisation 2019 prise en charge par cet organisme, qui dispose à sa fermeture d’une cagnotte d’environ 4 millions d'euros. Le versement dans les caisses de l’État de ce trésor de guerre, résultat d’une taxe spécifique acquittée par les bateliers indépendants, distincte des péages de navigation qu’ils payent à VNF pour chaque voyage, n’est pas le seul motif de mécontentement des bateliers. Ils s’inquiètent aussi de la mise en place d’une interprofession.

Vers l’interprofession fluviale

Engagé sous l’égide du délégué interministériel au développement de l’axe Seine, le préfet François Philizot, la constitution d’une interprofession doit être achevée à la fin de l’année 2019, ou courant 2020. Elle rassemblerait, au-delà des transporteurs fluviaux, armateurs industriels ou artisans indépendants, l’ensemble des métiers du fluvial : courtiers de fret, chantiers fluviaux, etc.
"Nous avons réalisé un sondage, qui montre que 90 % des bateliers sont opposés à l’interprofession, car cela va leur coûter plus cher que la CNBA", indique Michel Dourlent, artisan batelier et président de la CNBA de 2004 à 2019.

"Les 650 bateliers doivent désormais s’inscrire à une chambre de métiers et de l’artisanat"


Dans son dernier discours en tant que président de la CNBA, tenu le 22 juin 2019 à Conflans-Sainte-Honorine à l’occasion du 60e Pardon de la batellerie, Michel Dourlent affirmait que "la majorité des artisans bateliers n’identifie aucun établissement à même de représenter et d’engager légitimement les entreprises artisanales de transport fluvial. Pourtant, l’artisanat batelier c’est plus de 60 % du transport fluvial de marchandises français. Et la décision du gouvernement de supprimer la CNBA s’apparente, pour les artisans bateliers, à un saut dans l’inconnu. La CNBA avait certes ses défauts, liés à son caractère à la fois administratif et professionnel, mais elle rassemblait la totalité des artisans bateliers français et dispensait des services adaptés à la situation si particulière des transporteurs fluviaux. Des missions qui ne pourront, dans leur ensemble, être reprises par ses futurs successeurs qui ne maîtrisent pas toujours les spécificités du secteur. Les artisans bateliers sont une nouvelle fois condamnés à ne pouvoir compter que sur eux-mêmes".
Le rapprochement avec les armateurs fluviaux pour créer une nouvelle structure pourrait constituer la meilleure solution pour les bateliers. L’un d’entre eux affirme ainsi que "90 % des enjeux sont les mêmes entre armateurs fluviaux et artisans, les 10 % restant concernant les canaux de petit gabarit".

Étienne Berrier

Mardi 9 Juillet 2019



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