Boeing et Embraer annoncent des discussions en vue d'un rapprochement


Les tractations dans le secteur aéronautique mondial se multiplient avec l'annonce de discussions entre les constructeurs aéronautiques américain Boeing et brésilien Embraer moins de trois mois après l'officialisation d'un partenariat entre l'européen Airbus et le canadien Bombardier.


© Embraer
© Embraer
"Boeing et Embraer confirment aujourd'hui être en discussions sur un rapprochement de leurs opérations", ont indiqué jeudi 21 décembre les deux constructeurs. "Il n'y a aucune garantie que ces discussions aboutiront à un accord", ont toutefois pris le soin de préciser les deux parties, soulignant que "toute transaction serait soumise à l'approbation du gouvernement brésilien et de leurs autorités de régulations, ainsi que des conseils d'administration des deux entreprises et à celui des actionnaires d'Embraer".
Cette annonce est venue confirmer une information révélée plus tôt dans la journée par le quotidien économique américain "Wall Street Journal" qui faisait état de discussions sur "une transaction qui pourrait représenter une prime relativement importante pour Embraer, dont la capitalisation boursière s'élevait jeudi matin à quelque 3,7 milliards de dollars".
Le principal obstacle aux discussions est le gouvernement brésilien, qui peut s'opposer purement et simplement à une telle transaction en recourant à sa "golden share", action préférentielle qui lui donne un droit de veto sur les décisions stratégiques où sa souveraineté est en jeu.

"Les syndicats ont brandi la menace pesant sur 16.000 emplois"


Selon le "Folha de S. Paulo", le président brésilien, Michel Temer, aurait immédiatement exprimé son opposition à une quelconque prise de contrôle d'Embraer par Boeing. "Embraer ne sera jamais vendu sous mon gouvernement", a-t-il déclaré, selon le quotidien brésilien qui précise que ces propos auraient été tenus lors d'une réunion avec le ministre de la Défense et le responsable de l'Armée de l'air.
Le constructeur aéronautique Embraer, qui avait été privatisé en 1994, est l'un des joyaux du pays avec une gamme d'avions civils et militaires mais aussi de jets d'affaires. Et le secteur aéronautique demeure un domaine hautement stratégique pour un pays. Toute décision d'Embraer passe donc par le couperet de l'État.

Veto de l'État brésilien ?

Selon la presse brésilienne, les responsables brésiliens ont été pris de court par les informations publiées dans le "WSJ". Le gouvernement brésilien a pourtant lancé l'an dernier un vaste programme de privatisations pour renflouer ses caisses avec notamment des concessions pour la gestion de nombreux aéroports du pays.
Du côté de Boeing, l'aboutissement de ces discussions serait bienvenu pour regagner du terrain face à son rival historique Airbus. L'européen, qui fait déjà la course en tête sur le segment des moyen-courriers remotorisés, a en effet annoncé mi-octobre un partenariat stratégique avec le canadien Bombardier portant sur les CSeries. Ce rapprochement avec le groupe canadien doit se faire par une prise de participation de 50,01 % de l'entité qui gère le programme de l'avion CSeries (100 à 150 places).
Salvateur pour Bombardier qui se trouve dans une situation financière périlleuse, cet accord permet à Airbus une mainmise sur les CSeries (de 100 à 150 places) pour compléter le bas de sa gamme d'avions, dont la plus petite version - l'A319 - est capable d'embarquer 140 passagers, tout en se concentrant sur le haut de sa gamme, les avions de 180 places et au-delà.
Bombardier est toutefois dans le collimateur des autorités américaines qui ont imposé, à l'instigation de Boeing, des taxes de 300 % sur les importations de CSeries aux États-Unis en raison des subventions publiques dont, selon Washington, aurait bénéficié cet appareil.
Dans le segment des moyen-courriers, Embraer a, lui, lancé en 2013 la famille E-Jets E2, une nouvelle génération d'appareils dont l'entrée en service est prévue à partir de 2018 et qui sont les futurs concurrents des CSeries fabriqués par Bombardier.
Un rapprochement potentiel entre Boeing et Embraer a aussitôt suscité la méfiance des syndicats du groupe brésilien qui ont brandi la menace pesant sur 16.000 emplois. "Le possible achat d'Embraer par Boeing est rejeté", a indiqué l'Union des travailleurs de l'acier de Sao Jose dos Campos, exhortant l'État à exercer son droit de veto. Le marché a plutôt bien accueilli la nouvelle : Embraer s'est envolé à New York, où il est également coté, gagnant près de 22 % à 23,95 dollars. Le titre Boeing a en revanche cédé 1,01 % à 294,89 dollars.

Delphine Touitou

Vendredi 22 Décembre 2017



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