Brexit : les douanes françaises et Eurotunnel convaincus par le test


Répétition générale avant le Brexit sur le site du tunnel sous la Manche à Calais : les douanes françaises et la société Eurotunnel ont procédé le 17 septembre à un exercice de contrôles. Elles se disent confiantes dans leur capacité à maintenir la fluidité du trafic.


Malgré les préparatifs, l'incertitude règne sur le terminal ferroviaire calaisien © Eurotunnel
Malgré les préparatifs, l'incertitude règne sur le terminal ferroviaire calaisien © Eurotunnel
Sous un grand préau blanc, à Calais côté français comme à Folkestone côté britannique, une vaste gare de péage par laquelle passent tous les poids lourds en transit, une poignée de camions retenus derrière des barrières font valider leur déclaration douanière : un simple code barre scanné par un agent Eurotunnel.
La formalité deviendra systématique lorsque Calais sera devenu l'un des points de passage de la frontière extérieure de l'Union européenne, une fois le Brexit entériné. "Nous sommes confiants en notre capacité à assurer la fluidité du terminal comme on le fait aujourd'hui", explique Anne-Laure Descleves, porte-parole d'Eurotunnel. "Notre enjeu, c'est de prévenir l'ensemble des transporteurs qu'il faudra faire des déclarations de douanes en amont", afin d'obtenir le fameux code barre, sésame indispensable pour circuler sans accroc.

Des installations dédiées aux contrôles

Pour ne pas rallonger la procédure avant d'entrer dans le tunnel, et ainsi éviter le scénario cauchemardesque de files interminables de poids lourds, les capacités d'accueil du site ont été accrues et la nouvelle formalité s'effectue en même temps que les contrôles de sécurité ou d'immigration, obligatoires. "On a intégré notre dispositif dans une organisation où il y a déjà des arrêts et temps d'attente (...) pour s'intégrer de manière transparente", souligne Éric Meunier, directeur interrégional des douanes des Hauts-de-France, se félicitant de cette "frontière numérique".
Une fois le code barre scanné, le contenu du chargement apparaît dans le système informatique des douanes, qui, côté français, peuvent décider ou non des vérifications supplémentaires, et, au besoin, inspecter la marchandise, une fois le camion sorti du tunnel à Calais.
Neuf quais de chargement et de déchargement ont ainsi été créés spécialement sur le terminal en France, mis à disposition des douaniers et des vétérinaires du Sivep (Service d'inspection sanitaire et phytosanitaire, dépendant du ministère de l'Agriculture).
Côté britannique en revanche, pas de contrôles complémentaires envisagés immédiatement après la traversée. "Les autorités britanniques ont considéré que les camions arrivant sur leur île n'en sortiraient pas sans qu'elles le voient passer, et qu'elles pourraient décider de contrôles supplémentaires ultérieurement", précise Anne-Laure Descleves. Avec toutes ces mesures, le tunnel sous la Manche "ne sera pas un goulet d'étranglement du trafic", assure-t-elle.

Appréhension chez les transporteurs

Les chauffeurs, déjà échaudés par les files d'attente observées au moment de la grève des douaniers, au printemps, ou par les contrôles pour repérer d'éventuels migrants, en 2015, avant la rationalisation de la procédure, semblent moins convaincus. Ils attendent de voir comment fonctionnera le système en conditions réelles, avec les 5.000 poids lourds qui traversent chaque jour le site, plutôt qu'avec la vingtaine de volontaires qui se sont pliés à l'exercice mardi.

"Si ça fonctionne pour dix, ça fonctionnera également pour 5.000 camions par jour"


Steven Meurin, de la société de transport RDV, ne cache pas son appréhension : la liaison avec l'Angleterre est "vitale" pour son entreprise, elle représente "au moins 50 %" de son chiffre d'affaires.  "Ça va être beaucoup d'attente. Ça va mettre des jours pour passer, il y aura des files de camions, ça va être un gros boxon", confie-t-il, alors qu'il s'apprête à traverser la Manche, comme il le fait deux fois par semaine.
La société Eurotunnel, elle, se veut résolument optimiste. "Le test permet de s'assurer de la robustesse du système informatique, et ça fonctionne bien. Si ça fonctionne pour dix, ça fonctionnera également pour 5.000 camions par jour", veut croire Anne-Laure Descleves.
Elle reconnaît qu'il faudra sans doute passer par "une période de rodage", avec "quelques moments pas forcément très faciles au moment de la mise en place" systématique des nouveaux contrôles douaniers.
Si les grandes entreprises de transports sont coutumières des démarches administratives et ne causent pas d'inquiétude, l'interrogation demeure pour les transporteurs "intra-européens", pas forcément informés des procédures douanières nécessaires avant de prendre la route.

Antoine Pollez

Mercredi 18 Septembre 2019



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