Carburants durables : les députés européens plus ambitieux que la Commission


Les eurodéputés ont adopté leur feuille de route pour réduire les émissions carbone du transport aérien en imposant un taux minimum de carburants "verts" dans les aéroports, avec des objectifs plus ambitieux que ceux proposés par la Commission européenne, au prix d'une définition élargie.


© TotalEnergies
© TotalEnergies
Le Parlement européen a adopté le 7 juillet une feuille de route afin de réduire les émissions de CO2 du transport aérien.
Le texte, qui sera la base des négociations du Parlement avec les États membres, prévoit que les carburants disponibles dans les aéroports de l'UE compteront au moins 2 % de "carburants renouvelables" en 2025, puis 37 % en 2040 et 85 % d'ici à 2050.
Ces taux minimaux sont nettement relevés par rapport aux objectifs proposés initialement par la Commission (32 % pour 2040 et 63 % d'ici à 2050) dans le cadre du plan climatique européen.
En contrepartie, les eurodéputés réunis à Strasbourg demandent d'élargir la définition des carburants considérés comme "durables", ce que réclamait le groupe PPE (droite pro-européenne) au nom d'une "flexibilité" accrue pour les compagnies aériennes, qui s'inquiètent vivement d'une flambée des coûts pour modifier leur mix de carburants et d'une perte de compétitivité dans un secteur aux marges déjà très réduites.
Dans le projet de la Commission, le terme couvrait les carburants de synthèse (fabriqués par électrolyse d'hydrogène à partir d’eau et de CO2 atmosphérique) ou biocarburants issus de résidus agricoles, d'algues, de biomasse, d'huile de cuisson usagée.
Or, le Parlement y ajoute les carburants à base de carbone recyclé produits à partir du traitement des gaz émis par des installations industrielles. Surtout, il inclut l'électricité (à condition qu'elle soit "verte") et l'hydrogène, des "technologies prometteuses" pour aider l'aviation à se décarboner. Les aéroports seraient tenus de construire des infrastructures de ravitaillement en hydrogène et des bornes de recharge électrique.

Appel au "pragmatisme"

En revanche, les eurodéputés ont exclu les biocarburants à base de cultures destinées à l'alimentation humaine ou animale ou dérivés de l'huile de palme et du soja. Ils ont ainsi répondu à une vive inquiétude des eurodéputés écologistes, face à l'insécurité alimentaire mondiale et à la déforestation massive dans certains pays producteurs.
"L'aviation figure parmi les secteurs les plus difficiles à décarboner [...]. Si nous n'agissons pas, soit nous serons contraints d'arrêter de voler [pour rester dans les clous du plan climat], soit nous renonçons à nos objectifs climatiques", a déclaré l'eurodéputé danois Soren Gade (Renew, libéraux), rapporteur du texte.
Claudia Monteiro de Aguiar (PPE) a appelé au "pragmatisme", jugeant les objectifs sur les carburants de synthèse "pas réalistes à court terme, notamment pour le Sud et l'Est" du continent. "Sans montée en puissance de la production [de carburants durables] à des prix compétitifs, ces exigences risquent de semer le chaos [...] au risque de saper nos objectifs environnementaux", a mis en garde l'élue portugaise.

"Des dispositifs d'aides jugés insuffisants"


Le texte prévoit la création d'un fonds alimenté par les recettes du marché du carbone afin d'aider le secteur – en particulier les petits aéroports aux moyens financiers limités – à s'adapter aux nouvelles règles.
Pour autant, "nous redoutons toujours un coût renchéri, notamment pour certaines régions périphériques d'Europe", car les carburants durables "resteront nettement plus chers" que le kérosène, s'est alarmée l'association européenne des compagnies aériennes A4E, craignant que les dispositifs d'aide soient "insuffisants" face à la concurrence de compagnies non européennes ne respectant pas les mêmes normes.

Vincent Calabrèse

Vendredi 8 Juillet 2022



Lu 1293 fois



     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport multimodal | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers





Accès rapide




































 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

L'Antenne est édité par SPI (SARL au capital de 1.000 euros)
R.C.S. 823 175 435. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0319T79480
Dépôt légal à parution
Associés : Info6tm (99 %) et Raisin blanc (1 %)
Siège social : SPI - Immeuble Valmy B - 137, quai de Valmy - 75010 Paris
Tél.  : 04.91.33.25.81 - Fax : 04.91.55.58.97
Site internet : www.lantenne.com   
Directeur de la publication : François Grandidier
Directrice générale : Raphaëlle Franklin
Publicité : Frank Revenaz (directeur commercial) 04.91.13.71.60
Philippe Scremin (commercial Paris/Normandie) 06.21.88.97.42
Abonnements : 01.40.05.23.15 – abonnements@info6tm.com    
Annonces maritimes : 04.91.33.83.02
Petites annonces : 04.91.13.71.60
Rédaction (redaction@lantenne.com) :
Vincent Calabrèse (rédacteur en chef) v.calabrese@lantenne.com,
Franck André f.andre@lantenne.com 
Graphisme : Pixel Images jm.tappert@groupe-atc.com
Imprimerie : Socosprint - 36, route des Archettes, 88000 Épinal