Chabahar, la zone franche de l'Iran attend la fin des sanctions


Des centaines de conteneurs brûlent sous le soleil dans le port de Chabahar, mais les investisseurs occidentaux préfèrent attendre la levée des sanctions internationales pour saisir "les opportunités en or" offertes par la seule zone franche de l'Iran ouverte sur l'océan Indien.


Chabahar, la zone franche de l'Iran attend la fin des sanctions
À plus de 1.800 km au sud-est de Téhéran, sur la côte du Sistan-Baloutchistan, la zone franche de Chabahar (CFZ) accueille depuis 1994 sur 14.000 hectares l'un des grands projets gouvernementaux pour développer le Sud de l'Iran. Sur les quais écrasés de chaleur, des ouvriers chargent des cartons de vaisselle venus de Chine qui seront livrés à Téhéran, d'autres transbordent des pneus neufs ou déchargent des sacs de riz. Mais l'activité peine à décoller avec une seule grue de déchargement et de nombreux entrepôts vides.
La CFZ offre pourtant de multiples avantages pour les investisseurs : exemption de taxe professionnelle pendant vingt ans, droits de douanes réduits, garantie à 100 % sur le capital investi et les bénéfices malgré les sanctions économiques qui isolent l'Iran depuis 2012. La main-d'œuvre est bon marché et la réglementation du travail a été assouplie. "Notre objectif est d'avoir autant d'investisseurs que possible", annonce Saïd Moghadam, directeur exécutif pour les investissements de la CFZ. Sur les 2.000 sociétés présentes, la moitié viennent d'Afghanistan, du Pakistan et du Golfe, 30 % de Chine et d'autres pays d'Asie, et seulement 20 % sont occidentales.
Le port, sur l'océan Indien, est une porte d'entrée stratégique vers l'Iran et les pays voisins. Il permet aussi d'éviter l'important trafic du détroit d'Ormuz. "Dans quinze ans, Chabahar fonctionnera comme un mégaport avec une capacité de trafic de 80 millions de tonnes", affirme Hamad Ali Mobaraki, le président délégué de la CFZ qui veut aussi développer un pole d'activité pétrochimique. Chabahar a également une grosse zone commerciale, où les prix sont 30 à 40 % moins chers que dans le reste de l'Iran, une université et développe son secteur touristique avec des plages aménagées.

"Dans quinze ans, Chabahar fonctionnera comme un mégaport"


L'Iran a repris les négociations avec les grandes puissances à l'automne 2013, avec l'objectif de parvenir à un accord global d'ici le 30 juin. Depuis la relance des discussions, "250 société sont revenues partiellement, des compagnies américaines, canadiennes, françaises ont montré un très grand intérêt", assure le responsable. Une délégation du géant français Bolloré a visité les installations en septembre 2014. "Nous avons déjà commencé à négocier des contrats" avec les partenaires potentiels et leur signature "sera rapide" si l'accord global est conclu cet été, dit-il.
L'Inde a signé début mai deux protocoles d'accord, pour 180 millions de dollars. New Delhi veut éviter les traversées dangereuses du Pakistan et de l'Afghanistan, et concurrencer la Chine qui investit dans le port pakistanais de Gwadar, à une centaine de kilomètres. "Nous espérons que les négociations auront des résultats, ce serait le début de nouvelles activités à Chabahar", assure Hamad Ali Mobaraki.
Mais la CFZ souffre d'infrastructures encore sous-développées. Une partie des 600 km de voie ferrée reliant le port à la capitale provinciale, Zahedan, est encore en construction, et les autoroutes en projet. L'aéroport local doit aussi être modernisé.

Cyril Julien

Vendredi 5 Juin 2015



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