Collision entre un pétrolier iranien et un vraquier chinois en mer de Chine


Un pétrolier iranien était en flammes dimanche 7 janvier en mer de Chine orientale, après une collision avec un vraquier chinois, selon les autorités chinoises qui s'efforçaient de contenir les fuites d'hydrocarbures.


Le pétrolier "Sanchi", avec 136.000 tonnes d'hydrocarbures légers (condensats) à son bord, a "entièrement pris feu" suite à la collision, intervenue samedi vers 20 heures à 300 km des côtes. Vers 1 heure dimanche, "le navire restait à flot et l'incendie continuait de faire rage, et l'on voyait des flaques de pétrole à la surface de l'eau", a précisé le ministère chinois des Transports, sans livrer de détail sur l'ampleur des fuites d'hydrocarbures.
L'équipage du "Sanchi" comptait 30 Iraniens et 2 Bangladais. Lundi 8 janvier, le corps d'un des 32 membres d'équipage disparus a été retrouvé. Mais "l'environnement et les conditions en mer ne sont pas très propices aux opérations de recherche et de secours", a précisé Lu Kang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Le second navire impliqué dans la collision n'a pas, pour sa part, subi d'avaries "mettant en péril sa sécurité" et son équipage de 21 personnes, toutes de nationalité chinoise, "a été secouru". L'accident est intervenu à environ 160 milles nautiques (300 km) au large de la région de Shanghai, dans l'Est du pays.

Opérations de nettoyage

Parallèlement aux opérations de recherche des marins disparus, Pékin s'efforçait de contenir l'impact environnemental : sur les huit navires dépêchés sur place par les autorités chinoises, plusieurs étaient spécialisés dans les opérations de nettoyage. L'objectif est "d'éviter tout désastre secondaire" résultant de la collision, a précisé Geng Shuang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. De son côté, Séoul a envoyé sur les lieux un navire de garde-côtes et un avion, à la demande du gouvernement chinois. Enfin, "l'enquête se poursuit pour déterminer les causes de la collision", survenue en pleine mer, a ajouté Geng Shuang.
Le "Sanchi", un pétrolier sous pavillon panaméen et long de 274 mètres, faisait route vers la Corée du Sud pour y livrer sa cargaison d'hydrocarbures iraniens, selon le gouvernement chinois. Le pétrolier appartient à la National Iranian Tanker Company (NITC), l'opérateur administrant la flotte de navires pétroliers de l'Iran, a détaillé le porte-parole du ministère iranien du Pétrole, Kasra Nouri. Selon lui, la cargaison était constituée de produits de condensat commercialisés par la société pétrolière nationale iranienne NIOC et destinés à la firme sud-coréenne Hanwha Total (coentreprise entre le français Total et le conglomérat sud-coréen Hanwha). Le vraquier chinois naviguait, quant à lui, sous pavillon hong-kongais et transportait 64.000 tonnes de céréales américaines à destination de la Chine.

Le "Sanchi" risque d'exploser

Le pétrolier risque d'exploser ou de sombrer, ont averti les autorités lundi 8 janvier. Le "Sanchi" est toujours en proie à un brasier d'où s'échappent des volutes de fumée noire. Les secouristes tentant de venir en aide à l'équipage ont été repoussés par les nuages toxiques, a indiqué lundi le ministère chinois des Transports. "Nous sommes en train de voir comment éviter toute autre catastrophe", a indiqué Lu Kang, en référence aux fuites d'hydrocarbures dans la mer. Les experts environnementaux s'inquiètent déjà d'une possible catastrophe écologique liée aux fuites. Greenpeace s'est déclarée "préoccupée par les potentiels dégâts environnementaux provoqués par le million de barils de pétrole brut à bord". "Il est très probable que cela va détruire toute vie marine dans une vaste zone", a indiqué Wei Xianghua, spécialiste de l'environnement à l'université Tsinghua à Pékin.
Il s'agit, en l'espace de quelques années, de la seconde collision impliquant un navire de la NTIC : un supertanker appartenant à l'opérateur iranien avait ainsi heurté à l'été 2016 un porte-conteneur dans le détroit de Singapour, mais sans faire de victime ni causer de pollution. L'étroit détroit de Singapour est une route maritime extrêmement fréquentée, ce qui accroît le risque d'accrochage - à l'instar de la collision meurtrière intervenue en août dernier entre un pétrolier et le destroyer américain "USS John McCain". Mais les collisions en pleine mer restent plus rares.

Julien Girault

Lundi 8 Janvier 2018



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