Cuba pourrait augmenter sa production pétrolière de 50 %


En attendant d'enfin découvrir du pétrole dans ses eaux du golfe du Mexique, Cuba pourrait augmenter de 50 % sa production pétrolière à l'aide de technologies de "récupération améliorée", qui se heurte toutefois à l'embargo américain imposé à l'île, selon un expert pétrolier cubain basé aux États-Unis.


La plateforme offshore Scarabeo-9, au large de Cuba
La plateforme offshore Scarabeo-9, au large de Cuba
En appliquant les techniques de "récupération améliorée", Cuba pourrait augmenter sa production de 20.000 à 25.000 barils par jour, par rapport aux 50.000 actuellement produits, a assuré Jorge Piñon, ex-président d'Amoco Oil Amérique latine et aujourd'hui expert à l'université du Texas, à Austin. Pour l'expert, c'est "la solution à court terme" pour l'industrie pétrolière cubaine, qui a subi ces dernières années la déception de n'avoir pas découvert dans le golfe du Mexique les ressources exploitables que prévoyaient les études préliminaires. La "récupération améliorée", qui peut utiliser diverses techniques, notamment d'injections de gaz, permet de réduire la viscosité du pétrole particulièrement fortes dans les puits exploités à Cuba. Le facteur de récupération primaire, explique Jorge Piñon, est de 7 % pour les puits cubains. Avec ces techniques, il pourrait passer à 17 ou 20 %, assure-t-il.
Le problème, souligne-t-il, c'est le sévère embargo économique et financier que Washington impose à Cuba depuis plus d'un demi-siècle. La majeure partie de la technologie et du savoir-faire est aux mains d'entreprises américaines. "Toute entreprise pétrolière internationale qui voudrait opérer à Cuba devra faire face à un surcoût de 15 à 20 % car tous les équipements et les techniques devront venir d'Europe ou du Canada", explique Jorge Piñon. Et toute technologie pétrolière utilisée à Cuba doit compter moins de 10 % de composants des États-Unis. Dans son rapport annuel devant les Nations unies, Cuba dénonce systématiquement cet embargo qui "paralyse le secteur pétrolier".
"En matière énergétique, l'embargo n'a pas seulement un coût économique, mais également politique car il impose à Cuba de ne dépendre que d'un seul pays, le Venezuela", autre bête noire de Washington, estime Jorge Piñon. Le Venezuela fournit à Cuba quelque 100.000 barils/jour, les deux tiers de la consommation de l'île, à des conditions avantageuses correspondant à l'alliance politique qui unit les deux pays. Fin janvier, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a conclu à La Havane des accords d'une valeur de 1,26 milliard de dollars, concernant 56 projets économiques, dont plusieurs dans le secteur pétrolier et pétrochimique.
Ces dernières années, grâce à la plateforme de recherche en eaux profondes Scarabeo-9, quatre groupes pétroliers internationaux ont mené en vain des recherches dans la zone maritime cubaine du golfe du Mexique. La plateforme est depuis partie dans les eaux africaines et aucune date n'a été fixée pour la poursuite de ces très coûteuses recherches. La zone économique cubaine du golfe du Mexique (112.000 km2) a été divisée en 59 blocs dont 22 ont fait l'objet de contrats avec des groupes internationaux. Certaines études - notamment américaines- estiment ses réserves de pétrole de 5 à 9 milliards de barils, tandis que La Havane pousse l'estimation jusqu'à 20 milliards de barils. En attendant, le groupe russe Zarubezhneft a prévu pour 2014 de nouvelles recherches, au large de la côte centre-est de Cuba et la société d'État cubaine Cupet a lancé le creusement de dix nouveaux puits en semi-offshore, dont un d'une profondeur de 8.200 mètres, un record pour Cuba.

AFP

Mardi 18 Février 2014



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