Daher va supprimer des milliers d'emplois


L'onde de choc de la crise du coronavirus commence à se faire sentir dans le secteur aéronautique : Daher a annoncé jeudi 25 juin qu'il prévoyait de supprimer jusqu'à environ 2.500 postes dans le cadre d'un plan de restructuration.


L'usine Daher de la zone france de Tanger, au Maroc © Franck André
L'usine Daher de la zone france de Tanger, au Maroc © Franck André
Daher a annoncé des suppressions de postes lors d'un comité social et économique de lancement des négociations sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Ces départs – jusqu'à 1.300 postes de CDI dans la branche équipement aéronautique – s'ajouteront au non-renouvellement de la grande majorité des 1.400 contrats d'intérimaires que comptait l'entreprise avant la crise.
Le groupe, fondé en 1863 et contrôlé par la famille Daher (87,5 % du capital et 12,5 % pour Bpifrance), compte 10.000 salariés dans le monde, dont près de 8.000 en France. Il est aussi Logisticien et spécialiste du "project cargo".
Avec l'arrêt du transport aérien, qui mettra plusieurs années à remonter la pente, et l'effet cascade sur les cadences de production d'avions, l'impact de l'épidémie de Covid-19 est brutal pour l'équipementier : 60 % de son activité dépend en effet des différentes branches d'Airbus.

"La crise est grave, sans plan de restructuration, ce n'est pas viable"


Pour 2020, le groupe estime "entre 300 et 400 millions" d'euros la perte de chiffre d'affaires, initialement attendu à 1,350 milliard, selon son directeur général Didier Kayat. Et donc une perte opérationnelle est à prévoir, alors que "ça n'est jamais arrivé en près de vingt-cinq ans de perdre de l'argent". "La crise est grave, elle est profonde, et si on ne met pas en place un plan de restructuration, ce n'est pas viable", a-t-il confié.
Son activité de constructeur d'avions est également touchée, Daher ne tablant que sur 40 livraisons de son monomoteur TBM en 2020, contre 48 l'an passé. Si le groupe a sécurisé sa trésorerie en bénéficiant notamment d'un prêt garanti par l'État de 170 millions d'euros, il est confronté à une "surcapacité de production" amenée à perdurer.
"Demain, on recommencera à se battre avec les Américains, avec les Chinois, à bas coûts de main d'œuvre, donc il faudra qu'on soit compétitifs", a-t-il plaidé.

Des emplois à sauver

La négociation qui s'est engagée sur le PSE concerne la suppression d'un "effectif global de 1.300 équivalents temps plein (ETP) potentiels", détaille Didier Kayat. Si "le minimal de ce PSE" est de "500 à 600 postes", le groupe espère sauver un maximum des "700 à 800" postes restants grâce aux mesures de soutien de l'État, notamment via son plan de soutien au secteur aéronautique.
Des programmes de recherche-développement, qu'il était prévu de reporter par mesure d'économies, pourraient ainsi bénéficier de financements publics, préservant ainsi des emplois et l'innovation, comme par exemple le démonstrateur d'avion à propulsion hybride EcoPulse, développé avec Airbus et Safran.

Désengagements et recentrage

Daher espère également tirer partie d'éventuels achats anticipés par l'armée de l'Air d'avions de liaisons pour remplacer certains de ses 27 TBM.
Il compte surtout sur le dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD) annoncé le 24 juin par le président Emmanuel Macron.
"On devrait aller chercher ici quelques centaines d'emplois qu'on pourrait préserver, parce que c'est des compétences qu'on préserve, ça coûtera moins cher à l'État d'avoir des gens en activité partielle que des gens au chômage et ça fera moins de drames sociaux pour les gens concernés", espère Didier Kayat.
Le groupe, qui a déjà supprimé 400 postes aux États-Unis, au Mexique et au Maroc, entend également se "désengager" et chercher un repreneur pour l'une de ses usines françaises, celle de Saint-Julien-de-Chédon (Loir-et-Cher). Ce site qui emploie 300 personnes est spécialisé dans les matériaux composites.
"On va mandater un cabinet spécialisé dans la reprise de sites industriels pour faire perdurer l'activité industrielle dans le département et limiter l'impact sur l'emploi", a expliqué Didier Kayat, qui dit avoir "déjà eu des marques d'intérêts d'équipementiers".
Alors que la crise affaiblit un tissu industriel aéronautique très morcelé, le patron de Daher compte sur les effets du plan de restructuration pour pouvoir se renforcer ultérieurement dans certaines activités (structures de fuselage et de moteurs) : "il y a clairement de la consolidation à faire et on s'inscrit là-dedans".

Mathieu Rabechault

Vendredi 26 Juin 2020



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