Des routiers ciblent routes et dépôts pétroliers



Blocage de la plateforme Total La Mède par les syndicats CGT et FO transports © CGT Jeremy Talbot
Blocage de la plateforme Total La Mède par les syndicats CGT et FO transports © CGT Jeremy Talbot
Des routiers, principalement CGT et FO, ont entamé lundi 25 septembre un mouvement reconductible contre la réforme du Code du travail, en ciblant dès l'aube des axes de circulation et des dépôts de carburant dans toute la France. Le coup d'envoi a été donné par une trentaine de grévistes qui ont bloqué, dans la nuit, le trafic des poids lourds sur une autoroute du Nord, tout près de la Belgique. D'autres actions ont suivi, notamment à proximité d'Arras, Rouen, Caen, Bordeaux, La Rochelle, Marseille ou encore Saint-Nazaire.
"Il y a de vraies inquiétudes" exprimées par les chauffeurs, "il faut qu'on leur apporte des garanties", a reconnu lundi le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. S'ils le souhaitent, CGT et FO "seront évidemment reçus à nouveau", a-t-il ajouté.
La grogne sociale s'est étendue lundi à plusieurs régions de France avec, selon les syndicalistes interrogés, une forte mobilisation. Le début du mouvement est "à la hauteur de nos attentes", s'est félicité Jérôme Vérité, le numéro un de la CGT-Transports qui a recensé "plus de quarante points de blocage" en France. Plusieurs dépôts pétroliers ont été bloqués, notamment à Coignières (Yvelines), La Rochelle, Grand-Quevilly près de Rouen, Vatry (Marne), Bassens (Gironde) et La Mède, non loin de Marseille, où "rien ne rentre et rien ne sort", selon Fabrice Michaud (CGT). Des tentatives de blocages ont également été recensées à Lorient, Valenciennes et près de Rennes.
Des grévistes ont par ailleurs réalisé des opérations escargot sur le périphérique de Caen et sur l'autoroute A1, une des plus fréquentées d'Europe, occasionnant dans la matinée un bouchon de 11 km dans le sens Paris-Lille. Si les opérations se déroulaient "tranquillement" dans l'ensemble, l'ambiance était toutefois "plus tendue" aux abords de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), près de Saint-Nazaire, où les accès aux sites étaient "possibles mais limités", selon FO. "Les camions qui arrivent au rond-point sont redirigés vers la quatre-voies. Quelque part la gendarmerie fait notre travail car la route est bloquée, cela crée même plus de perturbations", a commenté Pascal Bodin (FO). "On a des solutions de repli, ça va chauffer très dur", a prévenu de son côté Erwan Praud (CGT). Le barrage filtrant "ralentit la circulation mais ne l'entrave pas", ni "ne perturbe le fonctionnement de la raffinerie", selon la préfecture.
Au Havre, place forte de la contestation contre la loi travail l'an passé, aucun dépôt ou raffinerie n'était en revanche bloqué lundi matin. En Seine-Maritime, un seul dépôt de carburant a été bloqué, dans le Sud de Rouen, mais il est stratégique pour une partie de la région Ouest. Dans ce département, des stations-service sont en pénurie, les automobilistes ayant fait le plein par précaution.
Pour faciliter les approvisionnements, le gouvernement a publié samedi 23 septembre un arrêté autorisant les transporteurs d'hydrocarbures à déroger temporairement aux règles en matière de temps de conduite et de repos.

"Mensonge et manipulation", selon l'OTRE

Opposées à la réforme du droit du travail, les chauffeurs dénoncent la possibilité de "faciliter" les licenciements économiques dans les grands groupes, "l'affaiblissement" des représentants du personnel ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. Plus spécifiquement, ils s'inquiètent de la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d'ancienneté...), jusque-là fixés par la branche professionnelle. Les ordonnances "portent atteinte à nos primes d'ancienneté, qui représentent 6 % de nos salaires, environ 120 euros", a expliqué Stanislas Baugé (CGT). Il relève aussi que, "dans beaucoup d'entreprises, les heures supplémentaires ne sont pas payées mais compensées par une prime qui pourrait disparaître".
"Aucun accord d'entreprise ne pourra être moins-disant que la convention collective. Affirmer le contraire est un mensonge et une manipulation", a répliqué la fédération patronale OTRE.

Jeremy Talbot

Lundi 25 Septembre 2017



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